samedi 4 avril 2020
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    Leila Ghandi
    Globetrotteuse inspirée

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    Success story – Aventurière, audacieuse, fonceuse. Définir en quelques mots le tempérament et parcours de la monégasco-marocaine Leila Ghandi, reporter, animatrice télé, conférencière, journaliste d’opinion, n’est pas simple. Le mieux reste encore de vous la présenter. Portrait signé L’Obs’

     

    Une vie à 100 000 à l’heure. Leila Ghandi, c’est un peu une tornade lorsqu’elle se met en action. Mais c’est aussi une battante au grand cœur. Lorsque L’Observateur de Monaco reçoit cette jeune femme de 39 ans, née à Casablanca, pour énumérer son parcours, le temps vient presque à manquer. Dans son pays d’origine, elle est devenue une référence en matière d’inspiration pour les femmes. En 2010, elle n’a pas seulement épousé à Monaco son compagnon Yassine Pallanca Benchekroun. Elle a aussi adopté une nouvelle patrie. « Je suis tombée amoureuse de ce pays. Ce qui motive ma démarche aujourd’hui, c’est de montrer un Monaco un peu loin de l’image réductrice qu’on en a à l’international. Monaco est bien plus que ce que l’on en sait. » Avant de parler de ses projets à venir, on rembobine pour retracer l’itinéraire surprenant de Leila.

    Hommage au Mahatma Gandhi

    Élève particulièrement douée de l’école française de Casablanca, elle poursuit ses études supérieures entre la France, dans une école de commerce internationale à Bordeaux, et l’Angleterre à Portsmouth. Double diplôme en poche en commerce international et management, elle poursuit avec Science-Po Paris. Parce que Leila a déjà en tête un rêve d’enfant : celui de faire bouger les lignes. A ce moment-là, elle s’imagine un futur institutionnel. Peut-être même politique. Déterminée l’est-elle de naissance ? « Mon héritage familial a été important. C’était la base sur laquelle j’ai construit énormément. » Spontanément, outre son mari, elle cite sa grand-mère, Fatima, en qui elle perçoit encore une figure de femme battante. « C’était la première sage-femme du Maroc. Elle est engagée, militante, inspirante, indépendante. » Tiens donc… L’autre personnage clé, c’est son père Ali. « Il a fait le tour du Maroc à pied à 17 ans. C’est un aventurier, un voyageur ouvert d’esprit qui a grandi dans la médina de Fès. Aujourd’hui, c’est un grand patron dans l’industrie pharmaceutique. » Et puis, il y a tout simplement ce nom de famille si évocateur. Elle le tient de son grand-père paternel. « A une époque où il n’y avait pas vraiment d’état civil, il a choisi ce nom en hommage au Mahatma Gandhi. Quand on me dit que je porte bien mon nom, c’est un très joli compliment », sourit Leila.

    De l’Amérique du Sud à la Chine

    Une chose est sûre. Sa famille n’est pas pour rien dans son parcours professionnel. Dans son noyau familial, on la pousse, on l’encourage. Car quand s’ouvre à elle un début de carrière administratif et international à la hauteur de ses ambitions, Leila nourrit déjà un désir certain pour le voyage et la transmission par les médias de « ce qu’elle a vu et entendu ». C’est d’ailleurs pendant ses études que se forge ce désir de plus en plus prégnant. En 2003 lors d’un stage en Amérique du Sud qui l’emmène à sillonner ce continent seule pendant plusieurs mois. Puis en 2004, lors d’un autre stage en Chine. « Je me suis retrouvée catapultée dans un monde que je ne connaissais pas. J’ai appris sur le terrain la langue. On ne parlait pas de ce pays comme on en parle aujourd’hui. L’expérience était géniale et c’était la confirmation de ma révélation. » L’épopée démarre par un « énorme tour de la Chine » dont elle rentre en transsibérien un an plus tard. C’est aussi à ce moment-là qu’elle s’auto-forme à la photographie. Son retour marque un virage important pour sa vie future. Déjà par la publication de son recueil de voyage Chroniques de Chine paru en 2006. S’enchaine aussi les expositions photographiques. Quand on lui demande comment elle a vécu cette transition de l’institutionnel vers le monde des médias, Leila Ghandi parle juste d’une envie irrépressible qu’elle a choisie d’écouter. « A un moment, il a fallu choisir. J’ai décidé de me consacrer à une carrière dans les médias et à mes voyages. J’ai alors amicalement demandé ma démission… (rires) Souvent, les choses incroyables me sont arrivées parce que j’osais l’aventure et la spontanéité. »

    Leila-Ghandi-massai

    CHANGEMENT — « Je suis allée à contre-courant de tout. Il y avait quelque chose qui me faisait plus vibrer. J’y croyais même si je savais que ce serait difficile. Quand j’étais petite, mon rêve était de travailler à l’ONU, d’être un leader et d’aider les autres. Je voulais surtout contribuer à avoir un impact positif sur la vie des gens. Je me suis aussi rendue compte qu’il y avait un autre levier aussi puissant que l’institutionnel pour changer la vie. »

    Voyage avec Leila Ghandi

    D’une carrière presque toute tracée dans l’administration, Leila choisi l’incertain mais surtout la passion. « Je suis allée à contre-courant de tout. Il y avait quelque chose qui me faisait plus vibrer. J’y croyais même si je savais que ce serait difficile. Quand j’étais petite, mon rêve était de travailler à l’ONU, d’être un leader et d’aider les autres. Je voulais surtout contribuer à avoir un impact positif sur la vie des gens. Je me suis aussi rendue compte qu’il y avait un autre levier aussi puissant que l’institutionnel pour changer la vie. » L’histoire de Leila redémarre. Elle enchaine les collaborations avec les médias marocains et français, notamment une chronique intitulée Femmes du monde. En 2011, c’est un périple inédit que Leila s’apprête à entamer. La chaine nationale marocaine 2M (équivalent de TF1 ou France 2 en France, N.D.L.R.) lui fait confiance avec un prime-time Voyage avec Leila Ghandi. 52 minutes de découverte d’un pays dans tous ces aspects. « Ce n’était pas qu’une émission de voyage. On abordait des questions politiques, culturelles et religieuses. L’audience moyenne, c’était 2 millions de personnes. J’abordais plein de choses qui parlaient au public marocain. » Le dialogue interculturel qui lui est si cher la mène du Brésil au Liban, de la Corée à la Belgique. Elle parcourt le globe pendant plusieurs années et teste le parapente à Rio de Janeiro, mange du rat en Amazonie, boit du lait fermenté de jument en Mongolie… Même enceinte de près de huit mois, elle continue ses pérégrinations. Inspirante, on vous a dit !

    Femmes inspirantes

    Parallèlement à son statut professionnel, Leila continue de se former. Elle intègre le programme exécutif de l’université d’Harvard “Women Empower” en 2014. Les prix commencent à récompenser son audace. Elle est faite chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2014, elle est nommée “Opinion Leader par Search For Common Grounds” par un organisme de l’ONU, elle reçoit un prix littéraire remis par l’agence américaine pour le développement international (USAID). A son palmarès de distinctions, on notera aussi sa décoration par le Sénat français du trophée euro-méditerranéen de la réussite au féminin. En 2014, elle est nommée Femme d’excellence par Marseille, Capitale européenne de la culture. Puis, elle devient lauréate du Anna Lindh Mediterranean Journalist Award et lauréate du Tariq Ibnou Ziyad Award du leadership. En octobre dernier, elle est enfin lauréate du Who is Who International des femmes leaders dans le monde à Athènes. Reconnue au niveau international, Leila en garde pour autant les pieds sur terre. « Je ne suis pas une féministe mais je suis convaincue qu’inspirer les femmes peut être un facteur de changement. Le plus bel impact à mes yeux, c’est le retour des gens qui me remercient. » L’an dernier, sur France 2, aux côtés de Daphné Bürki dans l’émission Je t’aime etc., elle devient chroniqueuse pour parler justement de femmes inspirantes.

    Communication alternative

    Maman de deux jeunes enfants, c’est à présent à Monaco que le quotidien de Leila se joue. « Leila Ghandi est devenue une marque. On me contacte pour ce que je fais, ce que je suis et ce que j’incarne. » Un pied dans les médias, un autre comme conférencière et dans l’entreprenariat. Leila est sollicitée pour animer ou modérer des conférences internationales avec les Nations Unies ou le Parlement européen. « Mon rêve d’enfant est devenu réalité. Mon intuition était bonne », comprend-elle. En octobre, elle était par exemple maître de cérémonie à Monaco pour Day One. En juin, elle animait le Hub Africa. Depuis plusieurs mois, Leila cherche à mettre à profit ses connaissances en matière de communication alternative digitale. « Je propose du contenu pour donner de la visibilité. Mon ambition plus globale, c’est aussi de devenir une sorte de « Monaco Ambassador ». J’ai envie de donner de Monaco une image différente. Montrer la principauté à travers mon regard. » Car la force de Leila, c’est aussi son réseau réel et virtuel. Plus d’un million de personnes la suivent sur les réseaux sociaux. « Après avoir travaillé plusieurs années à l’international, je veux mettre mon audience au service de Monaco. Mon credo, c’est la proximité et la décontraction. Je veux développer cela de manière totalement sincère. » Elle n’a pas peur de la critique. « Je dis souvent aux jeunes : si vous êtes droit dans vos bottes, assumez ! ». Elle leur conseille aussi de prendre des risques. « N’ayez pas peur de tomber. Le plus important, c’est de se relever. L’échec n’est pas une fin en soi. Rien n’arrive tout de suite. Il faut du travail et surtout y croire. Moi-même, je me suis cassée la figure mais je me suis construite grâce à cela. » Alors, on se relève les manches. On fonce droit devant pour que l’expérience soit la plus enrichissante et la plus belle possible.

    + d’infos : www.leilaghandi.com

     

     

     

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