mercredi 3 juin 2020
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    Marion Soler : « Certains se demandent si leur société
    survivra à deux mois complets d’arrêt d’activité »

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    Certains  jeunes entrepreneurs de la Principauté craignent de faire faillite.

    Quels sont les secteurs d’activité à Monaco les plus durement touchés et ceux, au contraire qui s’en sortent ? Marion Soler, présidente de la Jeune chambre économique de Monaco (JCEM) livre son analyse.

    Comment les membres de la Jeune chambre économique de Monaco (entrepreneurs et salariés) vivent-ils cette crise sanitaire et économique ?

    Parmi nos membres, nous avons aussi bien des salariés que des entrepreneurs. Les salariés qui sont en chômage technique subissent une légère perte de salaire.  Quant aux  jeunes entrepreneurs, ils ont, bien sûr, des inquiétudes sur la continuité de leur activité. En général, ce sont des sociétés qui fonctionnent bien mais qui n’ont pas une trésorerie bien assise. Certains se demandent ainsi si leur société survivra à deux mois complets d’arrêt d’activité.

    Certains de ces jeunes entrepreneurs craignent donc clairement de faire faillite ? 

    Oui clairement. Ce n’est pas nécessairement la majorité des cas. Certains secteurs sont plus ou moins impactés, mais il est certain que les  petites sociétés basées sur du B2B ou du B2C ont une inquiétude réelle.  C’est le manque de visibilité qui est le plus déstabilisant pour ces sociétés. Il y a une grande incertitude sur la reprise. Quand est-ce que l’activité va reprendre normalement ? Vais-je réussir à payer mes factures ? Toutes ces questions sont très présentes et demeurent, pour le moment, souvent sans réponse. 

    Le gouvernement a annoncé un certain nombre de mesures économiques pour aider les entreprises monégasques (aide au loyer, chômage total temporaire etc). Les membres de la JCEM considèrent-ils que ce plan de sauvetage est suffisant et satisfaisant ?

    Globalement oui. La précision du gouvernement  – notamment les précisions sur les montants financiers – a été très appréciée par nos membres. Tout comme les procédures en ligne et la mise en place des télé-services.  Les déclarations liées au chômage technique ou au télétravail par exemple ont été simplifiées.  C’est une source de  stress en moins pour les entrepreneurs qui n’ont pas eu à affronter  une couche administrative complexe. Cela aurait été une perte de temps considérable dans ce contexte tendu.

    Vos membres ont-ils  exprimé d’autres attentes  économiques de la part de l’Etat monégasque ? 

    Nos membres sont satisfaits des mesures prises par le gouvernement qui constituent une aide précieuse pour leurs sociétés respectives. En revanche, ils en attendent plus de la part des acteurs privés impliqués dans la mise en place de ces mesures, notamment les établissements financiers et les propriétaires privés. Afin d’assurer la remontée de l’information pendant cette période à nos institutions, la Jeune chambre économique a créé un groupe d’entraide entre membres ainsi qu’un Think thank virtuel. 

    D’après vos observations, quels sont les secteurs d’activité à Monaco les plus durement touchés par cette crise ? 

    Les sociétés spécialisées dans le domaine du marketing et événementiel par exemple sont très impactées car ce type de budget passe actuellement au second plan dans les entreprises. Le bâtiment, qui emploie de surcroît de très nombreux salariés à Monaco, est aussi particulièrement touché car pratiquement tous les  chantiers ont été suspendus.  Ces entrepreneurs doivent donc faire à une avance de trésorerie forte au niveau du chômage technique. Je pense également aux centres d’affaires qui n’accueillent plus personne depuis le début de cette crise sanitaire.  Ce type d’activité concentre plusieurs problématiques car ces établissements ont des clients qui ont, actuellement, des difficultés à payer leur loyers. Sauf que le centre d’affaires aussi, doit payer le sien… Cela entraîne donc des réactions en chaîne complexes. 

    Quels sont au contraire, les secteurs d’activité qui parviennent à s’en sortir ? 

    On a un bel exemple en Principauté, c’est  Banana moon qui a pris l’initiative  fantastique de fabriquer des masques. Cette entreprise s’est réinventée et a su changer sa chaîne de production. Pour l’image de cette entreprise, c’est très valorisant. Durant cette crise, les sociétés actives sont également celles  spécialisées en gestion de crise ou encore celles qui proposent du coaching. 

    Les sociétés spécialisées en gestion de crise peuvent-elles vraiment être utiles dans ce contexte selon vous ?

    La menace d’une crise paraît souvent lointaine. Que ce soit une inondation , une cyber-attaque, et encore plus une pandémie… Ainsi, il n’est pas rare d’entendre des entrepreneurs, de petites sociétés notamment, dire qu’ils ne seront jamais touchés par de tels évènements… Or, l’actualité nous montre, malheureusement, que cela peut arriver et qu’il faut se protéger. Il est donc important de savoir investir en amont pour limiter le plus possible le risque de dommages financiers après.

    Les entreprises sont plus ou moins préparées à faire face à de telles crises…

    Oui, c’est certain. Je dirais qu’il y a trois types d’entreprises. Les grosses sociétés qui ont anticipé et prévu des process de gestion de crise, suite par exemple à une attaque cyber ou à des crises plus classiques. Il y a ensuite celles qui sont conscientes qu’il pourrait y avoir un souci. Elles sont donc un peu préparées… mais pas totalement. Et puis il y a celles qui ne sont pas du tout préparées à vivre des crises majeures. Ce sont généralement les TPE et  les PME qui, par exemple, face à une attaque informatique ou un dégât des eaux, se retrouvent totalement démunies. 

    Que proposez-vous à vos membres pour les aider à faire face à cette crise d’envergure ?

    A la JCEM, nous les aidons à deux niveaux. En interne, nous leur demandons de nous faire remonter leurs problématiques de manière à pouvoir les porter plus haut, auprès des institutions monégasques, pour qu’elles soient prises en compte. La solidarité est également très importante entre nos membres. Nous sommes une communauté soudée, et il n’est pas question de perdre ce lien pendant cette crise. Bien au contraire. Cette solidarité s’accentue et nous échangeons régulièrement  autour de nos problématiques communes pour pouvoir trouver des solutions.

    Vous lancez également un cycle de formations en ligne accessible à tous à partir du 8 avril jusqu’au 22 avril…

    Absolument.  Nous organisons des formations en ligne pour nos membres et pour le public. En nous appuyant sur divers experts, nous allons délivrer des conseils sur le management de crise, la prise de décision dans ces circonstances très singulières , ou encore le management à distance. C’est un défi important pour tous ces entrepreneurs car nombre d’entre eux ne sont pas habitués à manager leur personnel à distance , le télétravail n’étant malheureusement pas très répandu en Principauté. Nous allons également aborder un volet sur l’après crise.

    Cycle de formations de la JCEM pour aider les entreprises monégasques : 

    Session 1 : Le 8 avril de 17h30 à 18h30 avec Georges Peillon

    Session 2 : Le 15 avril de 17h30 à 18h30 avec Thierry Leray et Mathieu Hernandez de la société Actis (du Groupe Telis)

    Session 3 : Le 22 avril de 17h30 à 18h30 avec Muriel Jouas de la société Com2CriseLa formation sera diffusée en ligne soit en s’inscrivant sur le lien transmis par la JCEM, soit en live sur le Facebook de la Jeune chambre économique de Monaco.  30/40 minutes de présentation de l’intervenant + 20 minutes questions/ réponses avec le public.

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