jeudi 4 juin 2020
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    Les Farfadets : « Notre étiquette, c’est de ne pas en avoir »

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    Sophie Cossu est le metteur en scène de la première compagnie de théâtre professionnelle de la Principauté.

    Fondée en 2004, la troupe des Farfadets concentre son activité artistique autour de créations contemporaine pluridisciplinaire. L’Obs’ vous la présente.

    «Il y avait un manque à Monaco pour la dimension professionnelle du théâtre. » Partant d’un simple constat, Sophie Cossu, enfant du pays française, elle-même comédienne mais aussi metteur en scène, a lancé en 2004 avec son ex-compagnon et une amie, une compagnie professionnelle. La première à Monaco. Depuis, ce sont de multiples créations qui ont vu le jour. « On effectue une création par an », détaille cette mère de deux enfants. Le point commun à tous ses projets ? Du mouvement, du texte mais aussi de la vidéo. « Notre but, c’est de créer, monter, et tourner un spectacle qui rassemble à chaque fois une quinzaine d’artistes. On a toujours eu un parcours très varié. Notre étiquette, c’est de ne pas en avoir. » Pour le nom, la troupe s’est inspirée d’un sketch de l’humoriste Elie Semoun. « On regardait ses Petites Annonces avec un groupe de théâtreux qui se la jouaient un peu. Ils s’appelaient les Farfadets de Limoges. On s’est dit que ce serait marrant de l’adapter à Monaco. C’est parti de là », sourit Sophie Cossu. Dans les faits, la compagnie des Farfadets est donc bien professionnelle et rémunère à chaque fois des comédiens professionnels ou semi-professionnels qui travaillent pour elle.

    Pièces engagées

    La première grosse création sera Le Bourgeois Gentilhomme (version Molière) montée en comédie ballet. « C’était un projet colossal pour nous à l’époque. Il y avait beaucoup d’intervenants intégrés au projet. » La première se déroule en 2007 au théâtre des Variétés à guichets fermés. Depuis, les dates se sont enchaînées. « Au bout de 15 ans, nous avons réussi à atteindre cette dimension de théâtre contemporain de niveau national. Alors qu’on était partis de rien », affirme Sophie Cossu. C’est avec sa toute dernière pièce Brûler des voitures jouée en novembre 2019 que la troupe continue de se faire remarquer. « On fonctionne un peu au coup de cœur par rapport au texte. » En l’occurrence, il s’agit là de celui d’un jeune auteur anglo-saxon. La thématique de la pièce, c’est un événement dramatique qui va mettre des personnes face à un choix. La pièce se dévoile petit à petit. Elle parle avant tout de courage et d’action. Comment on réagit lorsqu’on se retrouve face à un drame d’envergure. Face au succès rencontré, la pièce devrait être rejouée en 2021. « Notre marque de fabrique, c’est de produire des pièces engagées. On a envie que le théâtre que nous faisons dise des choses importantes. Que l’art continue de communiquer librement », soutient le metteur en scène. A Monaco, la troupe ne s’est jamais retrouvée contrainte dans ses choix éditoriaux.

    « Tour de force »

    Pour autant, le talent et la passion de la troupe ne font pas tout. « Ce qui reste très difficile, c’est de pénétrer les réseaux de théâtres nationaux quand on vient de Monaco. Les professionnels restent souvent assez surpris par notre démarche en principauté. Ils ne pensaient pas qu’il y avait quoi que ce soit en ce sens », observe Sophie Cossu. Le metteur en scène met alors en exergue son rôle de mini ambassadeur de la principauté. « Nous avons un public qui nous suit et qui aime notre travail. Mais porter une compagnie pendant 15 ans sur ses propres deniers et avec plusieurs créations, c’est un tour de force. A Monaco, nous avons porté seul cette dimension théâtrale. Aujourd’hui, nous avons un niveau de qualité de création de niveau national sans en avoir les conditions », déplore Sophie Cossu. Parce qu’elle estime que la compagnie des Farfadets a « prouvé sa valeur », elle aimerait un soutien plus franc du pays. « Nous avons honoré notre pays par la culture et l’art en l’exportant. » Pas de lieu de travail, pas de salarié à ce jour. La poursuite des activités de la troupe est un combat de chaque instant. Dans son agenda, les Farfadets avaient prévu de participer à la journée internationale du théâtre le 27 mars au théâtre Princesse Grace. Mais vu les circonstances induites par l’épidémie de Covid19, leur création sur l’écologie (A)mare n’a pu avoir lieu. La compagnie travaille tout de même sur un projet de plus longue haleine en attendant. Celui d’une création autour des textes de Léo Ferré. « On voudrait faire entendre sa poésie. Elle ne vous prend ni au cœur, ni à la tête mais aux tripes », insiste Sophie Cossu.

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