mardi 7 avril 2020
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    Violences conjugales L’urgence d’agir

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    Société — Depuis l’affaire Weinstein et le hashtag #BalanceTonPorc lancé en octobre 2017 sur Twitter, la parole de beaucoup de femmes s’estimant victimes de violences conjugales ou d’harcèlement sexuel s’est libérée. Qu’en est-il à Monaco ? Et quelle est la législation en vigueur ? —

     

    L es chiffres régulièrement dévoilés ces derniers mois dans l’actualité française font froid dans le dos… Lors du Grenelle des violences conjugales en septembre dernier, plusieurs statistiques ont rappelé, une fois encore, pourquoi il est urgent d’agir. Chaque année en France, environ 220 000 adultes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Les homicides au sein du couple sont tout aussi alarmants : en 2018, 149 meurtres dont 121 femmes et 28 hommes ont été recensés dans le pays voisin. A ces 149 victimes, s’ajoutent également 21 enfants tués dans le cadre de ces morts violentes au sein du couple. Pour combattre ce terrible fléau, le gouvernement français a donc annoncé toute une série de mesures.

    Prise en charge des hommes agresseurs

    Pour faire « baisser la récidive », la France veut notamment créer des établissements de prise en charge des hommes agresseurs. Selon Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité femmes/hommes, le gouvernement va lancer un appel à candidatures et financer, à hauteur de 50 %, la création, d’ici la fin du quinquennat, de deux structures dans chaque région. Côté victime, le numéro d’écoute — 3 919 — sera désormais joignable 7 jours sur 7 et 24H sur 24. Dès janvier 2020, une proposition de loi pour « suspendre l’autorité parentale » des pères violents va aussi être étudiée. Autres mesures évoquées : la généralisation du dépôt de plainte à l’hôpital, et la création de 1 000 nouvelles places d’hébergement et de logements d’urgence pour les femmes victimes.

    Une femme poignardée en août dernier

    A Monaco, on est encore loin de tout ça… Pourtant, le terrible faits-divers qui s’est déroulé l’été dernier prouve que la principauté n’est évidemment pas épargnée par ces violences. Petit rappel : le 22 août, aux alentours de 18h30, dans le quartier du Jardin exotique, un Monégasque de 40 ans a attaqué de façon extrêmement violente sa femme âgée de 43 ans. Il lui a asséné plusieurs coups de couteau. Concernant les chiffres monégasques, « bien qu’une étude beaucoup plus générale va bientôt sortir », selon Céline Cottalorda (1), déléguée pour la promotion et la protection des droits des femmes, les statistiques restent, pour l’heure, assez succinctes. Selon le gouvernement, 26 cas de violences commises envers les femmes ont été recensés à Monaco sur l’année 2019 par la direction de la sûreté publique sur des personnes résidant majoritairement en Principauté. « Dans plus de la moitié des cas, il s’agit de violences physiques et, pour un quart, de violences sexuelles », précise encore le gouvernement.

    Un clip pour libérer la parole

    A Monaco, pas de Grenelle contre les violences donc, mais une campagne de communication. Dans ce clip vidéo diffusé notamment sur les réseaux sociaux, on y voit une danseuse des Ballets de Monte-Carlo, Alessandra Tognoloni, évoquant à travers une chorégraphie la violence physique et mentale que peuvent subir les femmes. À la fin de la performance, le basketteur de la Roca Team, Yakuba Ouattara, brandit la pancarte #violencesfemmesjagis, pour appeler à ne pas rester muet. Cette vidéo artistique, que l’on pourrait considérer comme trop policée et trop esthétique par rapport à la brutalité des violences que subissent les femmes concernées, a été inspirée par le film et la pièce de théâtre Les chatouilles. Cette oeuvre raconte l’histoire d’une jeune femme violée durant son enfance et qui exprime la violence qu’elle a en elle au travers de la danse. « Ce n’est pas de la communication pour se faire plaisir. C’est une communication pour qu’il y ait une prise de conscience, de l’information et que la parole se libère de plus en plus. Faire en sorte que des femmes qui n’osaient pas s’exprimer se sentent plus à l’aise de le faire », défend encore Céline Cottalorda.

    Qui contacter ?

    Au-delà de la sûreté publique, les femmes victimes de violences conjugales ou de harcèlement sexuel peuvent contacter l’association d’aide aux victimes d’infractions pénales (AVIP) ou appeler un numéro d’information. Le : 0800 91 90 10. « Il s’agit d’un numéro vert international qui permet à toute personne victime de violences, se trouvant sur le territoire monégasque, de disposer gratuitement de renseignements, précise les autorités. Tous les domaines de violence sont concernés : viol et violences sexuelles, violences perpétrées au sein de la famille, harcèlement sexuel, violence en milieu institutionnel, etc. » Si à Monaco, il n’y a pas de centre spécifique pour accueillir les femmes victimes de violences, des hébergements d’urgence sont à disposition de celles qui doivent quitter le domicile conjugal. « Ces appartements d’urgence sont gérés par la direction de l’action et de l’aide sociales. Dès qu’il y a nécessité, des femmes peuvent être mises à l’abri dans ces appartements », assure Céline Cottalorda.

    (1) Extrait d’une interview accordée à Monaco hebdo. Le comité pour la promotion et la protection des droits des femmes a présenté son bilan annuel le 3 décembre. Soit plusieurs jours après le bouclage de l’Obs’. Nous ferons un compte rendu dans le prochain numéro.

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