samedi 4 avril 2020
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    Guillaume Rose « Les entreprises de la Principauté font du business avec le monde entier »

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    Interview — Le Monaco economic board, dont la mission est de booster le développement des entreprises monégasques, en local et à l’international, a fêté ses 20 ans d’existence en mars dernier. Guillaume Rose, directeur général exécutif, livre sa feuille de route et dévoile les prochains pays qui seront prospectés par les entrepreneurs monégasques —

    Comment pourrait-on résumer les missions du Monaco Economic Board (MEB) qui existe maintenant depuis 20 ans ?

    L’action du MEB est dédiée au développement et à la promotion de l’économie monégasque. Pour mener à bien cette mission, il est doté de deux départements : Monaco Chamber of Commerce, véritable club d’entreprises, qui aide les acteurs économiques monégasques à se connaître entre eux et à travailler ensemble. En parallèle, nous les aidons également à l’export en leur trouvant des partenaires et des marchés à l’étranger. Quant au département Monaco invest, son objectif est de promouvoir le territoire, l’économie et les filières monégasques sur les marchés internationaux pour inciter des entreprises étrangères à s’implanter à Monaco.

    Depuis votre prise de fonction, le MEB s’est rendu à Munich puis, plus récemment, à Vienne. Comment choisissez-vous les destinations ?

    En amont, nos membres nous donnent des détails sur les pays qu’ils souhaitent prospecter, les marchés qui les intéressent, et les lieux qu’ils aimeraient explorer d’un point de vue économique. Ces données sont transmises au comité directeur. A partir de là, nous étudions plusieurs propositions que nous soumettons ensuite au gouvernement. Ce dernier valide telle ou telle destination selon les intérêts diplomatiques et économiques de la principauté.

    Quelles sont les prochaines destinations du MEB ?

    Fin mai, nous avons mené une opération de promotion au Monténégro. Le MEB a représenté Monaco lors d’un forum économique qui a réuni les plus petits États d’Europe. Nous allons ensuite effectuer un déplacement à Saint-Pétersbourg début juin. Nous participerons au St. Petersburg International Economic Forum (SPIEF), un évènement qui réunit l’ensemble du monde politico-économique européen. Ensuite, fin juin, nous nous rendrons en Australie pour une mission de prise de contact que nous organiserons autour des Ballets de Monte-Carlo. Nous irons à Melbourne et à Sidney.

    Quels sont les pays les plus demandés par les entreprises monégasques pour faire du business ?

    Si l’Europe est le premier partenaire économique de Monaco, nos entreprises membres nous attendent aussi sur des destinations plus lointaines où il est plus difficile de s’implanter et où nos différents réseaux peuvent être particulièrement déterminants. Nous n’excluons aucune zone géographique : les entreprises de la Principauté font du business avec le monde entier.

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    « Si l’Europe est le premier partenaire économique de Monaco, nos entreprises membres nous attendent aussi sur des destinations plus lointaines où il est plus difficile de s’implanter et où nos différents réseaux peuvent être particulièrement déterminants. Nous n’excluons aucune zone géographique »

    Quels sont les pays que le MEB n’a jamais prospecté jusqu’à présent, et que vous souhaiteriez approcher ?

    En Asie, la Corée et le Japon nous paraissent incontournables et nous nous réjouissons de nous y rendre très prochainement. Il y en a beaucoup d’autres qui sont soit réclamés par nos adhérents, soit que nous estimons pertinents ou encore des pays où se déroulent des manifestations remarquables liées à la Principauté tels que des évènements culturels ou des Expositions Universelles par exemple. Le monde est vaste et nous devons faire des choix !

    Pour aider les entreprises monégasques à nouer des contrats à l’étranger, le MEB assure avoir un réseau de 1 500 contacts à travers le monde : quels sont ces contacts ?

    En dehors des contacts que nos membres partagent avec nous, ce sont bien sûr nos ambassadeurs et nos consuls à travers le monde qui nous ouvrent souvent de grandes portes en termes de business. Nous avons également signé une trentaine de partenariats avec des chambres de commerce qui nous apportent leur connaissance du tissu économique local. Le réseau Monaco Business Etranger apporte également des contacts intéressants. Désormais, à l’étranger nous nous appuyons aussi sur les bureaux de représentation de la Direction du tourisme et des congrès (DTC). Ce sont de véritables bureaux de représentation de la destination Monaco, qui, à présent, ne sont plus uniquement dédiés au tourisme.

    Des entreprises monégasques ont-elles signé des contrats grâce au MEB ?

    Bien entendu. Grâce aux rencontres et aux déplacements organisés par le MEB à Monaco, des start-ups ont trouvé des financements, et des entreprises ont trouvé des partenaires… Lors de nos missions à l’extérieur de Monaco, régulièrement, des contrats sont également signés avec des entreprises étrangères. Pour donner le dernier exemple en date, Olivier Guillo, directeur de la société Smart GPDR a signé un contrat en Inde.

    Vous avez pris la tête du MEB il y a quelques mois, quelles évolutions souhaitez-vous apporter ?

    Je souhaiterais que le MEB organise des rendez-vous business, à Monaco ou à l’étranger, plus sectorisés et moins généralistes. L’idée est de faire des rencontres plus thématiques, entre les bonnes personnes. Je souhaite également que nous nous appuyons de façon plus systématique sur les entités publiques, parapubliques et privées qui rayonnent à l’international et qui peuvent constituer d’excellents supports pour construire des actions impactantes.

    Le MEB compte 500 entreprises membres, représentant 11 secteurs d’activités : quels sont ceux que vous souhaiteriez développer davantage à l’avenir ?

    Dans les secteurs que l’on souhaite développer plus intensément, il y a le high-tech, le développement durable et les énergies renouvelables. Ce sont d’ailleurs les secteurs que nous avons ciblés à Vienne. Cela ne veut pas dire que nous négligeons les autres activités présentes en Principauté.

    Lors de vos missions à l’étranger, vous diffusez un clip promotionnel dans lequel sont mis en avant les atouts économiques de la principauté. Constatez-vous que les réalités économiques monégasques sont encore méconnues et que de nombreux interlocuteurs à l’international ne connaissent que le côté glamour de Monaco ?

    Complètement. C’est le cœur de notre travail : capitaliser à la fois sur l’image sympathique de Monaco à travers le Grand Prix, le glamour, le Yacht show, le Bal de la Croix-Rouge et tout ce qui tourne autour d’une certaine idée de la qualité de vie européenne, et en même temps, signifier que nous ne sommes pas que cela. Monaco c’est aussi un lieu de création, d’innovation, de transformation, et un hub économique très fort. Ce deuxième aspect est effectivement beaucoup moins connu.

    Lors d’une présentation à Vienne, l’un de vos collaborateurs a notamment indiqué devant les entrepreneurs autrichiens que Monaco est « une porte d’entrée pour le sud de l’Europe ». La Principauté est-elle une véritable passerelle pour les pays du sud ?

    De par sa situation géographique et ses spécificités, la Principauté possède des liens privilégiés avec le Sud de l’Europe, notamment avec l’Italie mais pas seulement. Par ailleurs, à chacune de nos présentations, nous évoquons également les liens très forts avec l’Afrique où de nombreuses entreprises de la Principauté travaillent régulièrement.

     

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