Un cambrioleur dans la nature ?

JUSTICE/Le cambrioleur lituanien présumé du président de l’ASM Basket s’est échappé en Russie. Dans des conditions rocambolesques.

Se faire cambrioler son coffre-fort de plus de 200 kg, dans une résidence sécurisée monégasque en plein été, ça n’arrive pas tous les jours… Le fait-divers avait d’autant plus marqué les esprits que la victime du larcin était Sergueï Dyadechko, le richissime patron du club de basket de Monaco, qui casse la baraque en championnat. Très vite, pourtant, les enquêteurs monégasques avaient annoncé avoir fait la lumière sur cette affaire et identifié l’auteur du cambriolage. Les soupçons se sont en effet orientés rapidement vers un ancien agent de sécurité, recruté par la famille Dyadechko pour sa protection, en fuite au moment de la dénonciation des faits. Grâce à la vidéo-surveillance, Andrej K. aurait été vu en train de transporter le coffre sur un diable et « l’acheminer en ascenseur de l’appartement à la camionnette garée dans ce garage », selon le procureur général Jacques Dorémieux. Mieux, l’individu, un Lituanien d’une trentaine d’années, a été interpellé le 8 octobre 2016 par la police russe à l’aéroport de Moscou et placé en détention préventive dans l’attente de son extradition vers Monaco.

Une évasion à la James Bond ?

Six mois après, l’affaire se complique. Le suspect s’est en effet échappé le 4 avril, dans des circonstances étonnantes. « Le tribunal Babuskinskovo ​​à Moscou venait de renvoyer à trois mois l’extradition d’Andrej. K. Sur le chemin du retour à la maison d’arrêt, le véhicule sécurisé s’est arrêté et il s’est enfui. Depuis, mon client, qui nie avoir dérobé ce coffre-fort et affirme avoir les preuves qu’il n’était pas à Monaco au moment du vol, a disparu dans la nature. Et depuis, nous n’avons aucune nouvelle de lui ni de son épouse », explique son avocat monégasque Me Yann Lajoux, en contact permanent avec sa consœur russe. Me Lajoux s’interroge sur les conditions étranges de cette fuite, relatées par sa collègue : « Pourquoi la porte du véhicule n’était pas fermée et ses menottes retirées ? Pourquoi une femme seule est restée garder Andrej ? » Avant de souffler : « Peut-être avait-il des révélations à faire… », en évoquant des pressions faites en Russie sur son client et des délais très longs pour une extradition.

Dans ce scénario à la James Bond, il y a une certitude : le butin n’a toujours pas été retrouvé. A savoir les cinq millions d’euros de préjudice déclaré, a priori des bijoux, que contenait le coffre-fort. Ce qui ajoute encore au mystère d’une affaire rocambolesque.

_Milena Radoman

écrit par Milena