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Un budget 2013 trop timide ?

POLITIQUE / C’est en tout cas ce qu’ont exprimé une partie des élus du conseil national pendant les séances consacrées à l’examen du budget primitif 2013 (1).

Le budget est à l’équilibre. Monaco affiche des finances saines et n’a pas de dettes. Malgré la crise, la principauté s’en sort bien. Ce qui n’a pas échappé aux élus du conseil national.

Projets
Dès la première des quatre séances budgétaires, le 10 décembre, le rapporteur Union Monégasque (UM) pour la commission des finances, Alexandre Bordero a regretté que le gouvernement ait « choisi d’accompagner le retour à l’équilibre budgétaire d’une politique peu ambitieuse en matière d’investissements publics sur le territoire de la principauté. » En rappelant que si le niveau global des investissements est à peu près identique en volume, cet argent est surtout utilisé pour terminer des travaux déjà lancés. Et pas pour financer de nouveaux projets. « Il existe un écart inquiétant entre les bons résultats des finances publiques et la situation économique et financière de nombreux entrepreneurs, artisans et commerçants de la principauté, qui attendent de percevoir les effets de l’amélioration du climat économique annoncé au niveau des comptes publics », a ajouté Bordero. Avant de conclure son intervention par une série de questions au gouvernement : « Où sont les investissements publics qui permettront de préparer l’avenir de Monaco ? Où sont les investissements qui vont bénéficier à l’activité économique du pays ? Où sont les investissements qui vont aux entreprises locales ? Où sont les nouveaux projets d’avenir ? » a demandé Bordero.

Amendements
En face, le gouvernement préfère rester prudent. En cause, une année 2013 qui pourrait être aussi difficile que ce que 2012 a été bon pour la principauté. Ce qui n’a pas empêché le ministre d’Etat, Michel Roger, d’annoncer quelques amendements pour tenter de calmer les inquiétudes des élus. Au total, près de 5 millions d’euros de recettes supplémentaires sont réinjectés pour lancer quelques chantiers en 2013. Une opération rendue possible grâce aux dividendes de Monaco Telecom finalement à 14,4 millions, contre 10 millions envisagés au départ.
Ce qui permet donc à l’opération Testimonio II de profiter de 1 million d’euros, avec un appel d’offres prévu au premier trimestre 2013. Un chantier avec une livraison espérée en 2018 qui prévoit 6 500 m2 de constructions privées, 100 à 150 appartements domaniaux, un parking de 900 places, une crèche de 50 berceaux et la nouvelle école internationale. Pour financer en douceur les 300 millions nécessaires à ce projet, Michel Roger a révélé qu’il n’excluait pas de proposer à des opérateurs privés des droits à bâtir pour construire des appartements qu’ils pourraient revendre ensuite. En tout cas, les travaux ne devraient pas débuter avant fin 2014. Pas convaincu, l’élu Horizon Monaco (HM), Laurent Nouvion, a évoqué « un budget plat, sans souffle ni vision » mais aussi une « majorité finissante et d’un gouvernement qui n’ose plus, sans conviction. »

« Ratio »
Ce qui n’a pas empêché Michel Roger de proposer aussi 2 millions pour « fournir du travail supplémentaire aux petites entreprises du BTP. » Avec notamment le lancement de la rénovation de la rue Caroline et l’amélioration des conditions d’accueil du public dans les services administratifs. Sans oublier l’entretien du patrimoine. Enfin, sur cette enveloppe de 5 millions, 300 000 euros seront versés en prévision de l’augmentation de la contribution de Monaco à l’ONU. Et 100 000 euros seront consacrés au Nouveau musée national de Monaco (NMNM) pour des achats d’œuvres d’art.
Mais les élus ont insisté : pour eux, aucun doute, le gouvernement a bien baissé le budget d’investissement. « Faux », a répondu le ministre d’Etat, en estimant que « si l’on veut bien extraire les sommes consacrées chaque année à des acquisitions ou à des rachats au fonds de réserve constitutionnel (FRC), on constate que le ratio investissement/budget général de l’Etat se situait dans une bonne moyenne en 2012. Et continuera à l’être en 2013, avec un léger accroissement de 4 millions d’euros. »

« Soutien »
A noter aussi le geste du gouvernement en faveur de la fonction publique. Avec une hausse de 1,3 % du point d’indice dès le 1er janvier 2013, le ministre d’Etat a confirmé que « le gouvernement continuera sa politique de soutien du pouvoir d’achat. » Avant d’expliquer que cette majoration « couvrira largement l’inflation réelle sur 2012 et constituera pour partie une avance pour 2013. » Une inflation sur 2012 estimée par le gouvernement « autour de 1,7 à 1,9 %. » Pas si mal a rappelé Michel Roger en soulignant qu’il n’y a pas eu de gel des salaires en principauté pour les fonctionnaires. Et qu’à Monaco, le nombre de salariés de la fonction publique reste stable.
_Raphaël Brun

(1) Etant donné que L’Obs’ était en bouclage lundi 17 décembre, retrouvez le compte-rendu de la quatrième et dernière séance budgétaire, prévue mardi 18 décembre, sur notre site internet : www.lobservateurdemonaco.mc.

TRAVAUX/

Îlot Pasteur :

6 millions d’euros, c’est la somme inscrite dans le budget primitif 2013 pour signer le contrat de maîtrise d’œuvre de cette opération, commencer les études et les sondages nécessaires. A noter que ce programme a été remanié, comme l’a souligné Michel Roger : « Ce projet sera composé d’un socle en infrastructure, avec notamment une salle polyvalente pour délocaliser la salle du Canton, dans la perspective de la restructuration du Centre commercial de Fontvieille. » Mais aussi une médiathèque publique, les archives audiovisuelles, des surfaces pour le tri postal et le transfert des recyclables secs et des parkings. « En superstructure, ce projet intégrera le futur collège Charles III d’une capacité de 1 500 élèves et doté d’une centaine de salles de classe. Par ailleurs, ce projet pourra accueillir 3 500 m2 de bureaux et un hôtel 3 étoiles », a ajouté Roger. Pour le financement, c’est un bail à construction qui devrait être adopté « en tout cas pour la partie bureaux et hôtel. »
_R.B.

PROJET/

Centre commercial de Fontvieille :

Michel Roger a parlé de ce projet comme d’une « priorité. » Le cahier des charges de la consultation pour cette opération est en cours et devrait être terminé début 2013. Ensuite, lancement d’une consultation avec deux possibilités : « Un financement public ou une solution mixte, avec des financements privés dans le cadre d’un bail à construction », a indiqué le ministre d’Etat. Un choix pour lequel le conseil national sera consulté a promis Michel Roger.
_R.B.

 

Le choc qui dérange

 

POLITIQUE/ En marge de la séance du 10 décembre, une altercation a opposé l’élu Horizon Monaco Christophe Spiliotis-Saquet à l’élu Union Monégasque Jean-Charles Gardetto.

Quel impact sur les élections aura l’altercation musclée qui a opposé Christophe Spiliotis-Saquet à Jean-Charles Gardetto dans la soirée du 10 décembre ? C’est la question que tout le monde se posait après le vote de ce budget primitif 2013.

« Chinois »
A l’origine de cette affaire, une intervention en public de l’élu Union Monégasque (UM), Jean-Charles Gardetto, s’adressant à l’élu Horizon Monaco (HM), Christophe Spiliotis-Saquet : « Vous qui aimez donner des leçons à tout le monde et qui parlez sans arrêt de la Société des bains de mer (SBM), je n’oublie pas qu’à la commission mixte de la SBM en 2012, vous avez estimé qu’avoir des croupiers chinois, c’était plutôt une bonne idée. » A la pause, c’est au 4ème étage du conseil national, dans la salle réservée aux dîners, que Gardetto affirme avoir été agressé verbalement et physiquement par Spiliotis-Saquet. Bilan : une assiette et un verre de vin renversés. Si la scène s’est déroulée devant d’autres élus, des membres du gouvernement et quelques journalistes, difficile de savoir qui a été témoin de la scène dans son intégralité.

« Injures »
A la reprise, peu après 22 heures, le président UM du conseil national, Jean-François Robillon, s’est ému d’une « telle attitude [qui] n’a pas sa place au conseil national. » Des mots que n’a pas entendus Spiliotis-Saquet dont le fauteuil est resté vide le reste de cette soirée du 10 décembre.
Le lendemain, à l’occasion d’une conférence de presse prévue par HM bien avant cet incident, Spiliotis-Saquet a reconnu « les injures » prononcées contre Gardetto. Tout en niant avoir frappé cet élu : « M. Gardetto a jeté en l’air son assiette et son verre. » Spiliotis-Saquet a aussi regretté son « mouvement d’humeur » et a « présenté ses excuses sur un plan politique. Parce que sur un plan humain, je n’approuve pas du tout son comportement. » Avant d’ajouter : « Affirmer que j’aurais pu être favorable à l’embauche de salariés chinois à la SBM est une contre-vérité. »

Preuves
En face, Robillon a apporté son soutien à Gardetto. Dans la foulée, le président du conseil national a saisi le procureur et a réclamé des sanctions politiques, notamment l’exclusion de Spiliotis-Saquet. Le 13 décembre, un communiqué d’UM affirme que des preuves matérielles démontrent que Spiliotis-Saquet a bien été favorable à l’embauche de croupiers chinois à la SBM, lors de la séance publique budgétaire du 9 décembre 2011. De son côté, Gardetto a porté plainte pour injures, diffamation et voie de fait.
Quant au gouvernement, il a « pris acte des excuses publiques » de Spiliotis-Saquet. En refusant de « prendre parti sur le fond d’une affaire opposant des conseillers nationaux survenue au sein de l’enceinte du conseil national. »

« Justice »
Le 14 décembre, le début de la troisième soirée budgétaire a été marqué par une interruption de séance de 25 minutes. Objectif pour UM : protester contre la « tentative de banalisation, voire d’autojustification » de l’opposition. Réponse de la tête de liste HM, Laurent Nouvion : « J’ai compris votre émotion et je l’ai partagée aussi par des mots qui, étant donné ma personnalité, m’ont heurté. A la suite de ce comportement maladroit et déplacé, M. Spiliotis a exprimé ses excuses publiques qui ont été actées par les autorités. Vous avez décidé […] de saisir la justice, elle fera son travail. »
Le 17 décembre, alors que L’Obs’ bouclait ce numéro, UM réclamait toujours « des excuses officielles et des sanctions » contre Spiliotis-Saquet.
_Raphaël Brun

 

TRAVAUX/

Annonciade II : Domaniaux ou pas ?

C’est l’une des hypothèses évoquées par le ministre d’Etat, Michel Roger, le 10 décembre. Une fois le déménagement du collège effectué, le projet d’Annonciade II offre la possibilité de construire des appartements domaniaux réservés aux Monégasques. Avec une volumétrie estimée à 45 000 m2 environ, « le moment venu, il faudra faire des arbitrages entre certainement des bureaux mais aussi une quantité significative de logements domaniaux », a souligné le ministre d’Etat, en indiquant que la « problématique d’accès sera minutieusement étudiée car il s’agit d’une des composantes majeures pour la réussite d’un tel projet. » Pas de décision pour le moment. Le gouvernement poursuit sa réflexion, alors que le secteur économique continue de se plaindre du manque de bureaux à Monaco.
_R.B.

 

SOCIETE/

USM : pas d’enquête administrative

L’Union des syndicats de Monaco (USM) a écrit au ministre d’Etat Michel Roger pour lui demander d’ouvrir une enquête administrative. En effet, selon l’USM, une tentative de déstabilisation serait en cours depuis près de 2 ans (voir interview de l’USM par ailleurs), avec notamment pour objectif le lancement d’une intersyndicale concurrente. De plus, toujours selon l’USM, « un fonctionnaire serait à l’origine d’interventions téléphoniques effectuées depuis son lieu de travail. » Pour l’élu Union Monégasque (UM), Alexandre Bordero « s’ils sont avérés, ces faits sont graves. » Le 10 et le 11 décembre, Michel Roger est revenu sur cette affaire : « A ma connaissance, aucun fonctionnaire ne s’est jamais livré à ces agissements qui seraient contraires à la déontologie. Je dis à ma connaissance, car il n’est pas dans mes intentions de placer sous surveillance policière ou téléphonique les 4 000 fonctionnaires et agents de l’État. » Et le ministre d’Etat l’a confirmé : il ne lancera aucune enquête administrative : « Le ministre d’Etat c’est le chef de l’administration, c’est celui qui commande et protège ses agents. Et je me refuse à ouvrir une enquête administrative si je n’ai pas un début d’indice ou un élément qui peut me laisser penser qu’il y a eu un comportement d’un fonctionnaire qui permet d’ouvrir une enquête. De plus, le nom du fonctionnaire on ne le connait pas. Pas de nom, pas de service. » Pour Horizon Monaco, (HM), Anne Poyard-Vatrican a estimé que pour les syndicats la pluralité, c’était « intéressant. C’est un signe de démocratie. Si l’USM trouve la pilule un peu amère, je peux le comprendre. Quand on a longtemps été en monopole c’est difficile. Mais s’ils défendent bien leur salariés, il n’y a pas de raison qu’ils ne fassent pas recette. Donc j’encourage cette fédération et d’autres à venir s’installer. »
_R.B.

 

ENVIRONNEMENT/

Usine d’incinération : réponse en 2013

Monaco travaille son image de pays qui s’engage en faveur de la protection de l’environnement. Du coup, difficile de passer à côté du dossier qui concerne l’avenir de l’usine d’incinération de Fontvieille. Première à prendre la parole sur le sujet, l’élue Union Monégasque (UM), Michèle Dittlot, a abandonné l’idée d’une délocalisation des déchets. Mais elle s’est interrogée sur « l’incinération comme seul traitement, notamment pour des piles ou batteries » et sur « le besoin de trouver un autre traitement afin d’allier les besoins énergétiques et la sécurité de concitoyens. »
Cependant, malgré toutes ces interrogations, aucune décision ne devrait être prise avant la fin du premier semestre 2013, comme l’a souligné Michel Roger. Un dossier complexe dans la mesure où cette usine alimente en électricité le quartier de Fontvieille, comme l’a expliqué Marie-Pierre Gramaglia, conseiller de gouvernement pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme.
_R.C.

 

CULTURE/

Questions et inquiétudes

On se souvient que le budget de la culture avait provoqué pas mal de réactions (voir le dossier complet publié dans L’Obs’ n° 104). Le 14 décembre, la programmation du théâtre princesse Grace (TPG) a été une nouvelle fois critiquée. Puis, pour Union Monégasque (UM), Guillaume Rose a salué la création du théâtre des Muses, un théâtre uniquement financé par de l’argent privé, soulignant « qu’il faudrait peut être l’inclure à l’avenir dans le budget. »
Puis, les débats ont tourné autour de l’investissement pour l’exposition de Milan. Pour Horizon Monaco (HM) Philippe Clérissi regrette une prévision « de 7 à 9 millions d’euros, dont 500 000 sont déjà provisionnés dans ce budget. » Du coup, le ministre d’Etat, Michel Roger, lui a répondu « que ces 7 millions ne sont que virtuels pour le moment. On fait ça pour mettre le conseil national au courant. » Une expo qui possède aussi une dimension politique, dans le cadre des relations entretenues entre Monaco et l’Italie. Enfin, l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo (OPMC) a lui aussi été évoqué. Alors que l’inquiétude gagne la centaine de musiciens de cet orchestre (voir le portrait du chef Gianluigi Gelmetti dans L’Obs’ n° 115), l’élue UM Michèle Dittlot a insisté : « Il ne faut pas descendre en dessous de 90 musiciens. » Tout en proposant de « regarder des pistes administratives » pour réaliser les économies voulues par le gouvernement.
_R.C.

 

TRAVAUX/

Locaux de la ZAC : décision imminente

La rue Caroline a cristallisé pas mal de discussions vendredi 14 décembre. Pour Union Monégasque (UM), Michèle Dittlot a estimé avoir été la première à soulever l’urgence des travaux à lancer dans cette rue. Pour l’opposition Horizon Monaco (HM), Philippe Clérissi a par exemple regretté que « seulement » 500 000 euros soient versés pour sa réfection.
Le ministre d’Etat, Michel Roger, a expliqué qu’il avait préféré « privilégier d’autres projets plutôt que de mettre 1,7 million nécessaires à la complète réfection de la rue. Pour 500 000 euros, les trottoirs ne gondoleront plus. On y marchera correctement. »
Enfin, l’attribution de locaux de la ZAC Saint-Antoine a aussi provoqué pas mal de questions des élus. Michel Roger a assuré que la discussion avec l’enseigne en lice était toujours en cours. Et qu’ils avaient hérité d’un projet datant de l’ancien gouvernement. Donc la décision pourrait intervenir avant Noël, sachant que tout reste envisageable : « Si ceux avec qui on discute ne respectent pas les conditions, il y aura un nouvel appel d’offre », a précisé le ministre d’Etat.
_R.C.

 

TRAVAUX/

Bagarre autour des investissements public

L’ouverture de la section 7 et de son chapitre correspondant aux grands travaux et à l’urbanisme a suscité un gros débat. En cause, le logement des Monégasques. Avec de grosses divergences d’opinion concernant les livraisons d’appartements domaniaux. Autour de 2018-19 pour Union Monégasque (UM), pas avant 2020-21 pour Horizon Monaco (HM).
Pour UM, Claude Cellario, a estimé que Monaco avait basculé dans « une période de lifting », à propos des travaux d’entretien à réaliser. Mais c’est surtout une hausse de l’investissement dans le domaine public qui a été réclamée par HM notamment. Philippe Clérissi a proposé de piocher dans les liquidités issues du fonds de réserve qui « génèrent 4,97 % de bénéfices. Et peut-être pourriez-vous utiliser une partie des liquidités, par exemple, pour les deux ports et la rue Caroline ? »
Le ministre d’Etat, Michel Roger, a répondu que, plus qu’une « lubie », l’équilibre budgétaire est « une nécessité pour l’avenir de Monaco. Or, le budget est fait pour rentrer dans l’équilibre. » Quant au conseiller pour les finances, Marco Piccinini, il a affirmé que les investissements étaient en constante augmentation depuis 2009. Ce qui n’a pas empêché le gouvernement de réinjecter près de 5 millions d’euros de recettes supplémentaires pour lancer quelques chantiers en 2013 (voir article par ailleurs).Plus tôt dans la soirée, l’héliport a aussi été abordé. Pour HM, Laurent Nouvion a estimé qu’il n’était plus possible « de rester avec un héliport ainsi » avec des « infrastructures vieillissantes » et « un manque de locaux. » Un avis partagé par Michel Roger qui a indiqué que tout serait lié au projet d’extension en mer. Un choix qui interviendra dans le courant de l’année 2013, si l’on se fie au ministre d’Etat.
_R.C.

 

SOCIÉTÉ/

Handicap : « Des points à revoir »

La problématique concernant les infrastructures pour les personnes handicapées et à mobilité réduite a été débattue au cours de la soirée du 14 décembre. Sur le plan du logement d’abord, où l’élu Union Monégasque (UM), Gérard Bertrand, a voulu attirer l’attention du gouvernement sur des problèmes liés à certains appartements équipés pour personnes handicapées : « S’ils ont le mérite d’exister, il y a quelques points à revoir pour ces appartements. Notamment en ce qui concerne l’espace entre le lit médicalisé et le mur, trop petit pour que passe un fauteuil roulant. Ou l’accès au lavabo impossible à cause d’un meuble placé juste en dessous. »
Stéphane Valeri, conseiller de gouvernement aux affaires sociales, a annoncé que des mesures étaient déjà prises : « Désormais, dans chaque immeuble domanial, 3 appartements sur 100 sont réservés aux personnes handicapées ou à mobilité réduite. Et j’ai demandé aux familles concernées de faire leurs observations sur ces appartements par écrit. »
A noter que le déplacement de cette population va être facilité par la mise en circulation d’un 2ème « mobibus », depuis novembre dernier. Un véhicule spécial « acheté pour 40 000 euros », a précisé Stéphane Valeri. Ce conseiller de gouvernement a aussi annoncé qu’une extension du service de ce mobibus était à l’étude pour les dimanches et les jours fériés.
_R.C.

 

SOCIÉTÉ/

La jeunesse en question

Le 10 décembre, les élus ont beaucoup échangé autour de la question de l’avenir des jeunes de la principauté. Dans son rapport, le rapporteur de la majorité Union Monégasque (UM) Alexandre Bordero a demandé à ce qu’une liste de métiers prioritaires dans l’administration soit établie pour l’embauche des jeunes. Le ministre d’Etat, Michel Roger, a expliqué que « cinq jeunes élèves fonctionnaires » étaient recrutés chaque année. Tout en précisant que le gouvernement se penchait depuis plusieurs mois sur la « possibilité de recruter des Monégasques à des postes jusque là réservés à des détachés français. »
Ce qui n’a pas empêché Bordero de s’interroger sur l’élargissement du périmètre de l’action de la Commission d’insertion des diplômés pour les élèves sortis d’une filière courte. Toujours au rayon des questions, l’élu de l’opposition Horizon Monaco (HM), Christophe Steiner, s’est inquiété du manque d’avenir pour « les jeunes Monégasques [qui] font des études à l’étranger et ne savent pas s’ils trouveront un travail correspondant à leurs qualifications chez eux ». Il a été rejoint par son collègue de HM, Philippe Clérissi, qui a raconté que « certains jeunes issus de classes préparatoires sont amenés à s’exiler, faute de débouchés. »
_R.C.

 

SOCIÉTÉ/

Fonction publique : et les jeunes ?

Autre sujet très discuté lors de ce budget primitif 2013 : le pouvoir d’achat des fonctionnaires. Un sujet abordé aussi bien du côté du gouvernement par le biais de la réponse du ministre d’Etat, que par certains conseillers. Dans le cadre du soutien de ce pouvoir d’achat, il a été décidé qu’une revalorisation du point d’indice de 1,3 % serait effective à partir du 1er janvier 2013.
Pour la majorité, l’élue Union Monégasque (UM), Nicole Manzone-Saquet, a demandé à ce que les emplois de la fonction publique restent « à diplômes et compétences égales » réservés aux Monégasques, afin de respecter le principe de la priorité nationale.
Mais ce qui inquiète certains élus, c’est le manque de perspective pour les jeunes au sein de l’administration de la principauté. Un point notamment soulevé par Philippe Clérissi pour l’opposition Horizon Monaco (HM), qui a déclaré que « l’administration est incapable de proposer à nos jeunes des plans de carrière intéressants. »
_R.C.

 

SOCIÉTÉ/

Testimonio II : appel d’offres en 2013

Toujours au cœur des débats politiques, la problématique du logement a été à nouveau abordée le 10 décembre, pour l’ouverture des séances publiques du budget primitif 2013.
Notamment avec le projet de la Villa Ida. Si Gérard Bertrand, élu de la majorité Union Monégasque (UM), reconnaît que « ce projet est concrétisé », il regrette qu’il ne « concerne qu’une trentaine d’appartements. » Alors que pour Horizon Monaco (HM), Nouvion a critiqué ce projet, en estimant que « l’Etat ne pourra pas choisir les locataires car n’ayant pas voix au chapitre. » Tout en regrettant que soit responsable « une société de gestion immobilière française. » A noter que la gestion du parc domanial a aussi été la cible de quelques critiques. Toujours sur la question du logement, le ministre d’Etat, Michel Roger, a annoncé que le projet Testimonio II allait être lancé, avec notamment un appel d’offres à venir dans le courant du premier trimestre 2013. La livraison de ce projet serait prévue pour 2018, toujours selon le ministre d’Etat. Pour UM, Alexandre Bordero envisage un retard, avec une livraison pour 2019. Alors que HM estime que rien ne sera terminé avant 2021.
_R.C.

 

ECONOMIE/

La SBM en questions

Autre sujet économique, la Société des bains de mer (SBM). C’est la situation sociale qui a monopolisé une partie des débats dans la soirée du 10 décembre. L’élu indépendant Eric Guazzonne a voulu attirer l’attention sur la diversité des emplois au sein de cette entreprise qui a l’Etat pour actionnaire majoritaire : « La SBM est importante pour les emplois des Monégasques dans le futur, mais pas que dans les jeux. Il y a près de 3 000 personnes qui y travaillent, des services techniques à la restauration, en passant par les jeux et les bureaux. » Par cette remarque, il a appelé à ce que « tous les corps de métiers » s’ouvrent aux Monégasques. Tout en proposant aussi de renforcer la formation professionnelle. S’il ne s’est pas montré en désaccord sur ce point, le ministre d’Etat, Michel Roger, a tout de même appelé à « faire attention de ne pas discréditer la SBM elle-même ». Si Michel Roger reconnaît « qu’on se dirige dans un monde inconnu », il a aussi rappelé que la SBM n’était pas que les jeux : « Il y a aussi l’hôtellerie et l’immobilier. Et sur ces points on ne peut pas dire que la SBM soit en difficulté. C’est même le contraire. » Une intervention conclue par le ministre en réaffirmant que le gouvernement veillera au respect de la priorité nationale à la SBM.
_R.C.

 

ECONOMIE/

Batelco fait le buzz

L’annonce début décembre par Cable & Wireless Communications de la vente de ses activités en principauté et dans une dizaine d’îles à Bahrain Telecommunications (Batelco) pour un montant de 680 millions de dollars (521 millions d’euros) a provoqué pas mal de réactions des élus au conseil national. Et malgré les différents communiqués et diverses explications livrés jusqu’ici par le gouvernement, ce dossier a alimenté les débats pendant près d’une demi-heure dans la soirée du 10 décembre. Vers 22 heures, les élus ont interrogé le gouvernement sur les suites de cette affaire. Notamment en cas de retrait total de Batelco, si les Bahreïni n’obtiennent pas la majorité en 2013 (voir notre article par ailleurs.) Ou sur la « faille » qui pourrait permettre à Batelco de devenir majoritaire au sein de l’opérateur historique monégasque.
Le conseiller pour les finances, Marco Piccinini, a apporté quelques précisions aux élus : « Sans accord de la principauté, il n’y aura pas de vente. » Tout en rappelant le droit de préemption de Monaco dans ce dossier le jour où CWC voudra céder la majorité de ses parts. Si Marco Piccinini a reconnu avoir mis au point « une tactique » pour essayer « d’anticiper les événements », pas question de la dévoiler. Car cela reviendrait « à marquer un but contre notre camp », a estimé Marco Piccinini.
_R.C.