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Un braquage raté qui pose question

JUSTICE/Le braquage de la boutique Cartier, place du Casino samedi 25 mars, s’est soldé par l’arrestation de cinq jeunes Français de Vallauris. Un nouveau fait-divers pour la place bijoutière monégasque qui montre la nécessité d’adapter le dispositif de sécurité, malgré une intervention policière en un temps record.

« Aujourd’hui, la sécurité est plus que jamais un partenariat. On va s’adapter ensemble pour améliorer ce qui existe déjà. » Plus d’un mois après le braquage raté de l’enseigne Cartier, place du Casino, le bilan de Richard Marangoni, directeur de la Sûreté publique, se veut pragmatique. Cet après-midi maussade du samedi 25 mars, tout bascule en huit minutes au cœur de la Principauté. Avisée à 15h45 de « quelque chose de grave », la sûreté arrive illico dans le Carré d’Or et intercepte immédiatement un premier braqueur. Les deux autres prennent la fuite vers le square Saint-James pour rejoindre leur chauffeur. Après l’incendie spectaculaire de véhicule sur la voie rapide au dessus du Portier, deux autres jeunes sont arrêtés. L’un dans l’église anglicane avenue de Grande-Bretagne, et l’autre dans un talus route du Beach hôtel. Un présumé complice, le frère d’un braqueur venu « l’exfiltrer », le sera une heure plus tard au niveau du carrefour Saint-Roman. Après cinq jours de cavale, le dernier braqueur est interpellé à Antibes.

Neuf renforts policiers

Tous viennent du même quartier de Vallauris, ont entre 20 et 25 ans, « sans passé judiciaire affirmé » mais préparés et armés. Placés en détention provisoire à Monaco et en France, ils encourent jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle. Depuis, le ministre d’Etat a annoncé neuf renforts pour la police monégasque (sept agents et deux officiers de police) dans le cadre du projet global Police 2020. Des moyens supplémentaires de vidéo-protection et des réorganisations de service sont à prévoir. « Le braquage vient confirmer les demandes que je fais », assure Marangoni. Avec le procureur Jacques Dorémieux, au lendemain du braquage, ils avaient affiché la satisfaction d’avoir bouclé en quelques jours l’affaire. Mais aussi montré leur agacement vis-à-vis du comportement de l’enseigne Cartier, insensible aux recommandations de protection de la sûreté.

Mutisme de Cartier

Contrairement à de nombreux bijoutiers de la place, Cartier n’a pas le moyen immédiat d’alerter la police. Le signal est en fait transmis à son siège de Paris qui répercute ensuite l’information. « Nous avons perdu du temps car nous n’avons pas été prévenus au départ. Maintenant, ça va changer », affirme le directeur de la police. Dans l’immédiat, un débriefing de tous les services pour « faire quelque chose de cohérent » est toujours en cours. Une conférence avec tous les professionnels horlogers et bijoutiers de Monaco doit aussi se tenir pour « exposer les nouveaux risques dans les grandes capitales ». L’intégralité du butin, évalué à plusieurs millions d’euros, aurait été retrouvée. Son estimation précise n’a toujours pas été rendue publique. La maison Cartier a choisi depuis le 25 mars le mutisme le plus total. Elle devra tout de même rendre des comptes aux hautes autorités monégasques qui font de la sécurité leur facteur numéro 1 d’attractivité.

_Anne-Sophie Fontanet

écrit par AnneSophie