Ecologie-Environnement

Transition énergétique : les objectifs à horizons 2030 et 2050

ENVIRONNEMENT/Au cours du mois d’octobre, les différents acteurs en charge de l’environnement se sont réunis. Objectifs : répondre aux engagements du Livre Blanc, et placer la Principauté sur la trajectoire d’une neutralité carbone à l’échéance 2050. Décryptage.

 

Poursuivre les engagements, et mener une politique ambitieuse. Tels sont les leitmotivs des discussions actuellement menées entre les institutions. La transition énergétique… Un (si) long processus ? Certes oui ! Mais, les enjeux environnementaux appellent à une mobilisation des consciences. « Le vaste changement de modèle qu’il nous faut opérer pour protéger la planète, ne pourra advenir que par une multitude de changements », rappelait le prince Albert II. Pour y parvenir, les autorités monégasques se sont fixées comme cap : la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 50 % à l’horizon 2030 (par rapport à 1990), et la neutralité carbone en 2050. Ainsi, un plan d’actions national a été mis en œuvre sur les trois secteurs les plus polluants : transport routier, traitement des déchets et dépense énergétique dans les bâtiments.

500 adhérents au Pacte National

Mis en place en janvier dernier, le Pacte National marque une nouvelle étape. Il permet aux résidents, aux travailleurs, aux entreprises, aux institutions et aux associations de contribuer à la transition énergétique. En droite ligne de l’accord de Paris (2016), il est constitué d’une Charte d’engagement, articulée autour de trois grands axes : la mobilité, les déchets, et l’énergie. Le tout décliné autour de plans d’actions annuels. Le prince Albert II, suivi par le gouvernement, ont été les premiers signataires du Pacte National comptant plus de 500 adhérents à ce jour.

Nouvelle réglementation énergétique

Une des traductions concrètes de ce pacte a été présenté le 9 octobre au Ministère d’Etat. Et elle concerne la réglementation énergétique des bâtiments. Des changements sont en œuvre pour minimiser les déperditions d’énergie, améliorer l’efficacité énergétique dans les bâtiments neufs et existants, et doper l’installation de panneaux solaires. La nouvelle réglementation s’articule ainsi autour de trois axes prioritaires : l’interdiction du fioul en 2022 dans les bâtiments anciens, l’obligation de réaliser des audits énergétiques dès 2022 pour les bâtiments construits entre 1930 et 1990, et l’obligation de réaliser des travaux d’isolation thermique à l’occasion de certains travaux de réhabilitation de bâtiments.

Audit énergétique

Si Monaco a choisi de s’attaquer à cette problématique ce n’est pas un hasard : la consommation d’énergie des bâtiments produit en effet un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Et les bâtiments en Principauté sont nombreux : le territoire en compte en effet environ 1 480 (3 millions de m2 utile en superstructure, dont 61 % en logements et 11 % en bureaux). Le renouvellement urbain annuel ne concerne qu’environ 1 % du bâti existant. D’où l’importance d’une action sur le bâti ancien. Face à cette problématique, un arrêté ministériel (1) est désormais en application. Il s’articule autour de plusieurs axes : la simplification des textes, l’adaptation aux spécificités des constructions monégasques, le renforcement technique des exigences et des dispositifs de contrôle, mais aussi l’élaboration d’un label monégasque adapté aux spécificités du territoire.

Des outils et une aide gouvernementale.

Pour accompagner les différents acteurs vers la transition énergétique, l’Etat a aussi mis en place des outils spécifiques. Les bureaux d’études et d’architectes peuvent désormais se doter de ClimaWin Monaco et ClimaBim Monaco, des logiciels dédiés gratuits. La Principauté va également adapter les référentiels de labélisation CERTIVEA (2) et CERQUAL (3), aux spécificités de la réglementation énergétique monégasque. Enfin, le gouvernement va allouer une subvention pour inciter à la réalisation des audits énergétiques (avant 2022). De son côté, la Chambre immobilière monégasque a pris contact avec le gouvernement. Elle souhaite une réglementation plus précise sur les audits des bâtiments, et des coûts plus encadrés. Les discussions restent donc encore ouvertes sur cette nouvelle réglementation énergétique des bâtiments.

Échéances

Coté calendrier, l’application de cette nouvelle réglementation prendra effet dès le 13 janvier 2019. L’interdiction de la production de chauffage et d’eau sanitaire avec l’énergie fioul rentrera en vigueur à compter du 1er janvier 2022 à tous les bâtiments existants. Au rythme actuel de construction des bâtiments neufs, il faudrait 100 ans pour renouveler l’ensemble du parc immobilier. La rénovation énergétique des bâtiments existants est donc un enjeu majeur pour la Principauté. Gage de la réussite d’une transition énergétique accomplie aux horizons 2030 et 2050.

_Pascallel Piacka

(1) Arrêté ministériel (n.2018-613 du 26 juin 2018)
(2) CERTIVEA : seul organisme de certification de son domaine à faire intervenir des auditeurs tierce partie pour vérifier les exigences de performance. Certivéa est accrédité par le COFRAC, Comité d’accréditation Français.
(3) CERQUAL : organisme qui élabore et délivre des certifications garantissant la qualité des logements neufs.

 

TRANSITION ENERGEtiQUE/

Une mairie écolo ?

La mairie de Monaco a également franchi un pas en faveur de la transition énergétique. Le 8 octobre, Georges Marsan a à son tour signé la Charte d’engagement du Pacte National. L’objectif pour la commune : s’engager pour un Monaco « décarboné » L’institution a déjà entrepris plusieurs actions écolos : transformation de ses bâtiments pour réduire la consommation énergétique, et prise en compte de cette problématique pour tout nouveaux travaux ; développement d’une flotte de véhicules 100 % électriques ; suppression des gobelets et bouteilles d’eau en plastiques, ou encore, tri du papier et du plastique au sein des bureaux… _P.P

 

PANNEAUX SOLAIRES/

18 bâtiments équipés à Monaco

C’est une autre traduction concrète de la transition énergétique opérée sur le territoire monégasque. Depuis 2008, le gouvernement propose des aides à l’installation de panneaux solaires. A ce jour, dix-huit bâtiments de Monaco sont équipés de panneaux solaires, photovoltaïques ou thermiques. Depuis juin 2017, un cadastre solaire en ligne, renseigne la population monégasque sur les modalités d’installation de ces panneaux, et leurs gains (impacts) environnementaux. L’installation de systèmes d’éclairage dits « intelligents », dans les bâtiments, tend également à être généralisée. Ces systèmes feront figure de norme à l’avenir. _P.P

 

écrit par Pascallel Piacka