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TPG : une programmation contestée

CULTURE / Après le départ de Patrick Hourdequin, ex-directeur du théâtre princesse Grace (TPG), c’est la direction des affaires culturelles qui a repris en main la saison 2012-2013. Une programmation qui n’a pas fait l’unanimité chez les habitués.

«Le Théâtre princesse Grace (TPG) est bien vivant. » C’est le message que le conseiller de gouvernement à l’intérieur Paul Masseron a répété lors de la conférence de presse présentant la saison 2012-2013 du TPG, le 13 septembre. Une programmation reprise en main par la direction des affaires culturelles (DAC) depuis le départ à la retraite de l’ancien directeur, Patrick Hourdequin, en décembre dernier. Si aucun successeur n’a pour le moment été annoncé, ce théâtre monégasque a en revanche décidé de changer de direction artistique : « Nous avons fait le choix de proposer des pièces classiques et des pièces de découverte », a ajouté le conseiller. Une nouvelle orientation pas au goût de tous les habitués du TPG. Certaine critiques ont fusé : trop d’œuvres classiques, pas assez de pièces de boulevard, ni de music hall, absence de « one man show », pièces pas suffisamment grand public… Et quasiment aucune représentation programmée le samedi soir. Bref, un déluge de critiques assez inhabituel dans les ambiances souvent très consensuelles des conférences de presse monégasques.

« Assumé »
La faute à un budget amputé par le gouvernement ? « Non, le budget n’est pas en cause. C’est un souhait assumé de recentrer le TPG sur les fondamentaux du théâtre », a juré le conseiller de gouvernement. « Le coût d’une pièce de théâtre de boulevard n’est d’ailleurs pas inférieur à celui d’une pièce classique. Loin de là, s’est de son côté défendu le directeur de la DAC, Jean-Charles Curau. Notre programmation est une proposition. Libre à vous de l’accepter ou de la refuser. Avant d’imaginer que cette saison ne correspond pas à vos attentes, ayez la curiosité de venir la goûter. »
Autre justification avancée par la DAC : le fait que cette programmation ait été mise sur pied assez tardivement. « Nous n’y travaillons que depuis le mois de janvier. Le calendrier des spectacles a donc été effectué en fonction des disponibilités des troupes », a rétorqué pour sa part Françoise Gamerdinger, directeur-adjoint de la DAC.
Autre déception de taille pour le TPG : Claude Brasseur et Patrick Chesnais, deux comédiens qui font actuellement un tabac dans la pièce Tartuffe devaient également faire une représentation à Monaco. Sauf que la scène du TPG n’était pas suffisamment grande pour accueillir la pièce.

Astier
Au total, ce sont donc 14 spectacles et 19 représentations que le TPG proposera pour sa nouvelle saison. Coup d’envoi les 6 et 7 octobre avec un acteur bien connu du petit écran : Alexandre Astier. Le roi Arthur dans la série Kaamelott, se présentera sur scène dans un tout autre registre. Celui de musicien. Ce comédien proposera avec son violoncelle une « master class » consacrée au compositeur Jean-Sebastien Bach, dont il est passionné. Plusieurs grands noms du théâtre ont aussi répondu présents. Le public monégasque pourra notamment découvrir Claud Rich dans la pièce L’intrus le 26 octobre, Charles Berling dans Gould & Menuhin les 21 et 22 mars, ou encore Francis Huster dans Bronx de Chazz Palminteri, les 25 et 26 avril.

Malkovich
Autre star de cette saison, mais cette fois à la mise en scène : John Malkovich. L’acteur, producteur, scénariste et réalisateur américain a réadapté un classique de la littérature : Les liaisons dangereuses. « Il n’y a pas d’acteur connu dans cette pièce mais de jeunes acteurs très brillants choisis dans les conservatoires et écoles de théâtre. Pour ce spectacle, John Malkovich a auditionné 300 comédiens », a précisé Gamerdinger. A découvrir le 14 mars.
Plus étonnant, le 22 novembre, la DAC a décidé de programmer une pièce déjà présentée au public l’an dernier. Pièce qui n’avait pourtant pas attiré les foules : Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, d’Alfred de Musset. « L’année dernière, la représentation avait attiré très peu de monde. J’ai trouvé ça très dommage, car c’était joué magistralement. On a donc tenu à le reprogrammer cette année », s’est justifiée Gamerdinger. Autres œuvres classiques à découvrir : Le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux le 16 janvier interprétée par la troupe de la comédie française. Ou encore Jacques et son maître de Milan Kundera, d’après le roman de Denis Diderot, Jacques le Fataliste, à découvrir le 7 février
_Sabrina Bonarrigo

Infos pratiques : Théâtre princesse Grace. 12 avenue d’Ostende. Tarifs : de 15 à 35 euros. Location ouverte du lundi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 17h. Renseignements : 93 25 32 27 ou www.tpgmonaco.com. E-mail : spectateurs@tpgmonaco.com.