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Tournoi de béhourd à Monaco
Le retour du Moyen-Âge

Sport — Samedi 15 février, le chapiteau de Fontvieille accueille pour la seconde année consécutive une compétition internationale de béhourd. Les dix meilleures équipes du monde s’affronteront en tenue historique – armure et arme en main – dans des combats médiévaux spectaculaires —

Ne soyez pas étonné si à la mi-février vous croisez dans les rues de Fontvieille des chevaliers des temps modernes. La Buhurt League a une nouvelle fois choisi Monaco pour une compétition d’envergure d’une discipline encore toute jeune et qui veut se faire reconnaître. L’écrin de la principauté, son cosmopolitisme ainsi que la présence de multiples nationalités devraient contribuer à cette mise en lumière. Ainsi le Buhurt Prime réunira les 10 meilleures équipes de ce championnat mondial dans une lice ronde pour des combats dans l’esprit de ce qui se faisait au Moyen-Âge. Le concept reste simple : en tenue historique, arme médiévale à la main, cinq combattants affrontent cinq autres combattants. Un seul objectif : que tous les membres d’une équipe soient au sol. La victoire est alors acquise même si tous les coups ne sont pas pour autant permis.

Le Livre des Tournois de René d’Anjou

Vu de l’extérieur, cela ressemble à une grosse bagarre costumée. Pourtant, des règles très précises régissent cette activité sportive. « C’est un sport qui nous vient du Moyen-Âge. On s’est inspiré des règles édictées au XVème siècle par René d’Anjou », détaille Édouard Eme, président de l’association HMBIA (Historical Medieval Battle International Association). Le Livre des Tournois date de 1462. Ce prince adepte du combat était un expert en l’art des tournois de chevalerie. 558 ans plus tard, il a bien sûr fallu adapter aux goûts et mœurs du jour la discipline. « On souhaite que le béhourd soit pratiqué dans les meilleures conditions possibles. Tous les combattants sont avant tout passionnés de combats médiévaux », insiste Édouard Eme. Pour la compétition du 15 février, l’homme rappelle que les 10 équipes retenues pour participer représentent ce qui se fait de mieux. Autant sur le plan sportif que sur le plan de la fidélité à la reconstitution historique.

Des combattants mexicains

Dans l’ordre de leur classement, Edouard Eme les liste. Première en tête en favorite de la compétition, l’équipe russe de Bear Paw (pattes d’ours en français). « Les Russes sont les meilleurs combattants du monde. Ce sont surtout les pionniers de la renaissance de ce sport. » Seule équipe française en lice, Aquila Sequania en provenance de Franche-Comté devra prouver sa vaillance face à la White Company, équipe britannique que l’organisation décrit déjà comme « des bulldozers ». On compte aussi deux autres équipes russes de Kaliningrad et de Saint-Pétersbourg, deux équipes ukrainiennes, une équipe tchèque, une polonaise. Et plus original, une mexicaine, l’ACM Mexico, « qui a réussi à se qualifier en remportant les Buhurt Masters du continent américain ».

Fauchon, hache et armure

Parmi les armes à la disposition des sportifs, la plus populaire reste le fauchon, une sorte d’épée à un tranchant considérée comme la machette médiévale. « Elle servait au travail agricole mais aussi à la guerre. La spécificité dans le béhourd actuel, c’est que ces armes ne sont ni aiguisées ni pointues. Elles permettent de sonner l’adversaire. Et ce sont des répliques exactes du Moyen-Âge », explique Édouard Eme. Il y a aussi des haches, à manche court ou bien très long, dans les angles sont polis. De nombreux combattants optent pour des boucliers et tous portent une armure qui protègent intégralement leur corps. Elles pèsent souvent près de 30 kg et coûtent surtout très chères. 3 000 euros pour le premier prix jusqu’à 15 000 euros pour celles constituées de titane et donc beaucoup moins lourdes. Le choix de l’armure n’est donc pas anodin. Il doit correspondre parfaitement à une époque médiévale précise. Les participants doivent observer une cohérence historique individuelle de 50 ans.

Les Bear Paw en favoris

Reste à leur libre décision le choix de la civilisation. Européenne occidentale, asiatique (japonaise, mongole ou chinoise), ou encore européenne orientale (iranienne ou turque). « Par exemple, les Mexicains peuvent choisir une armure européenne car il n’y en avait pas au Moyen-Âge au Mexique. Il n’y a pas d’obligation territoriale », décrit Édouard Eme. Le 15 février, que les meilleurs gagnent. Les favoris restent cette année encore les Bear Paw, « quasiment invaincus sur toute la saison ». Les gagnants 2019 n’étant pas sélectionnés, on attend au tournant les autres équipes russes. « La surprise pourrait provenir de l’équipe britannique », fait remarquer Édouard Eme. La compétition reste donc ouverte. La réponse sera donnée directement sur la lice.