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« La Sûreté publique a su tenir le cap »

INTERVIEW — Secouée par des présumés affaires de corruption, la Sûreté publique monégasque estime avoir pleinement accompli ses missions malgré les difficultés en interne. Patrice Cellario, conseiller de gouvernement-ministre de l’Intérieur, et Richard Marangoni, directeur de la Sûreté publique, reviennent sur cette période trouble et présentent le dispositif Monaco safe city ainsi que les nouveautés en matière de cybercriminalité —

 

 

AFFAIRE BOUVIER/RYBOLOVLEV

En novembre 2018, le commissaire Haget et son adjoint Frédéric Fusari, ont été inculpés pour trafic d’influence passif dans l’affaire Bouvier/Rybolovlev. Comment avez-vous vécu cette période très tendue pour la police monégasque ? Y aura-t-il un avant/après ces affaires ?

Richard Marangoni : Je ne me prononcerai pas sur le fond de ce dossier. Comme je l’ai indiqué lors de la cérémonie des vœux en janvier dernier, ce fut effectivement une période pénible et douloureuse. Tout ce qui s’est passé n’est pas neutre. Pour le moment, l’instruction est en cours. Donc… attendons.

Patrice Cellario : Il faut souligner que les institutions police/justice ont bien fonctionné et continuent de bien fonctionner. En témoigne le niveau de délinquance qui a encore reculé en 2018. Si celui-ci a baissé, c’est d’abord et avant tout, grâce à l’action et à l’efficacité de la police monégasque présente sur le terrain 24h/24. Il faut donc rendre hommage au directeur Richard Marangoni, ainsi qu’à l’ensemble du personnel de la Sûreté publique. Ils ont su tenir le cap et mener les missions qui sont les leur, malgré l’impact que ces affaires ont pu avoir.

Le 8 novembre dernier, une centaine d’hommes de la Sûreté publique se sont rassemblés, en civil, devant le Palais de justice pour montrer leur soutien à Christophe Haget et Patrick Fusari. Quelle lecture avez-vous eu de ce rassemblement ?

Richard Marangoni : Nous n’avons pas été informés qu’un tel rassemblement allait avoir lieu. Ce fut totalement spontané. Mais il ne faut pas considérer cette démarche comme une marque de défiance vis-à-vis de la justice monégasque comme certains ont pu le dire. Des commentaires sont allés dans ce sens, mais ils sont inexacts.

Patrice Cellario : La Sûreté publique est une famille. C’était une réaction de solidarité.

Ce rassemblement était-il toutefois maladroit dans la forme ?

Patrice Cellario : Ce rassemblement a surpris un certain nombre de personnes. Lorsqu’un évènement surprend, il n’est pas étonnant de se demander s’il était adroit ou maladroit d’agir ainsi.

Ce rassemblement leur a-t-il été reproché par la suite ?

Patrice Cellario : Non. La hiérarchie n’a pas reproché aux policiers de s’être ainsi rassemblés.

CYBERCRIMINALITE

L’une des priorités de l’année 2019 est la création d’un pôle de cybercriminalité au sein de la Sûreté publique : quand sera-t-il officiellement lancé ?

Richard Marangoni : Le pôle sera créé cet été. J’y travaille d’arrache-pied. Les affaires de cybercriminalité sont en constante augmentation, très complexes et ont une portée internationale. Il était donc nécessaire de créer une unité dédiée, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Des policiers sont en cours de formation actuellement ?

Richard Marangoni : Absolument. En revanche, les policiers qui seront affectés aux affaires de cybercriminalité ne sont pas, pour autant, des experts en informatique. Nous ferons donc toujours appel à des techniciens extérieurs. Notre travail est de saisir le Parquet Général pour les suites qu’il appartiendra de donner sur le plan pénal et procédural, mais aussi de coordonner, et de centraliser les données. Cela étant, les policiers seront toujours appuyés par des spécialistes.

Patrice Cellario : Ce sont des affaires d’une extrême complexité. Il est donc nécessaire d’avoir des enquêteurs bien formés qui puissent y consacrer du temps, avec l’appui d’ingénieurs et de techniciens. L’escroquerie au faux prince qui a eu lieu il y a quelque mois est emblématique de la complexité d’analyse et du suivi qu’il faut opérer sur ce type d’affaires. Cela ne peut pas être résolu en quelques semaines.

Par rapport aux escroqueries aux faux comptes, vous avez indiqué qu’une campagne de sensibilisation sera menée. De quelle manière concrètement ?

Patrice Cellario : Une communication grand public relayant des messages de sensibilisation et de vigilance a été effectuée. D’autres messages, plus ciblés, ont également été adressés à des personnes susceptibles de constituer des cibles potentielles. Régulièrement, il faut rappeler à tout le monde que de telles escroqueries peuvent survenir, qu’il faut en être conscient et demeurer vigilant par rapport à des messages inhabituels, surprenants, même en provenance de personnes proches ou connues.

Avez-vous identifié la bande criminelle qui a usurpé l’identité du prince ?

Patrice Cellario : Cette affaire étant en cours, il ne nous appartient pas de répondre à cette question.

MONACO A SAFE CITY

Lors de la cérémonie des vœux de la Sûreté publique, le projet “Monaco a safe city” a été évoqué : de quoi s’agit-il concrètement ?

Richard Marangoni : La force de notre sécurité à Monaco, c’est la prévention. Il s’agit d’intervenir en amont avant qu’une infraction ne soit commise. Pour cela, au-delà des actions de police traditionnelles, nous avons besoin d’un partenariat étroit avec les différents acteurs économiques de la Principauté : que ce soit les bijouteries, les banques, les établissements de luxe, les syndics d’immeubles, les agences immobilières ou bien les hôtels-restaurants, par exemple. L’objectif de Monaco a safe city est de développer encore l’échange d’informations entre la Sûreté publique et l’ensemble de ces acteurs.

Ce n’était pas le cas aujourd’hui ?

Richard Marangoni : Oui. Nous avions déjà mis en place un système de communication très rapide entre la Sûreté publique et les boutiques de luxe. Un certain nombre d’informations utiles leur sont communiquées par mails ou par SMS.

Quel type d’informations ?

Richard Marangoni : A titre d’exemple, si un individu commet un vol à main armé dans une grande ville européenne, la Sûreté publique en sera informée. Dès lors, certains éléments concernant cette personne — notamment sa photo — sont aussitôt transmis aux différentes boutiques de luxe de la Principauté. La Sûreté publique demande alors au personnel de ces établissements de prévenir la police si ce suspect est repéré sur place. Aujourd’hui, tout l’enjeu de Monaco a safe city est de développer ce type de partenariat.

Concrètement, comment allez-vous procéder ?

Richard Marangoni : Nous sommes en train de créer des partenariats de sécurité au sein de chaque profession concernée. Nous organisons des réunions d’informations ainsi que des formations pour que les personnels puissent assurer une sécurité de base dans leur propre établissement. Ce seront des chartes de bonnes pratiques que chaque professionnel validera ensuite.

Patrice Cellario : Le but est que ces acteurs soient davantage actifs, conscients et vigilants dans ce processus de sécurité préventive. Tout le pays se mobilise. C’est un cas unique. Il faut bien se rendre compte que plus le niveau de sécurité est élevé, moins l’instinct premier de vigilance et d’éveil est en alerte.

Que voulez-vous dire ?

Patrice Cellario : Par exemple, à Monaco, nous avons peu de vols de deux-roues. En revanche, les ¾ de ces vols sont liés au fait que les propriétaires ont laissé les clefs sur leur véhicule. Parfois, même leur casque. Cette négligence n’est pas acceptable. Y compris à Monaco. De la même manière, il ne se passe pas une semaine sans que la Sûreté publique ne ferme des établissements que des propriétaires ont laissé ouvert. C’est le revers de la médaille du sentiment de sécurité qui règne à Monaco. Les gens sont moins vigilants. Il faut pourtant rappeler que la sécurité est l’affaire de tous, et pas uniquement le rôle de la Sûreté publique. Ce partenariat avec Monaco a safe city permettra donc de rehausser le niveau global de sécurité.

Comment les professionnels concernés ont-ils accueilli cette initiative ?

Patrice Cellario : Il a fallu faire comprendre à tous les partenaires l’intérêt de concourir à ce type de démarche. Mais l’accueil des professionnels est très positif. Pour eux, cela nécessite évidemment des efforts. Parfois un changement culturel. Mais il y a une forte demande.

VIDEOSURVEILLANCE

Selon les derniers chiffres livrés par la Sûreté publique, le territoire monégasque compte 837 caméras de vidéosurveillance : cela paraît énorme sur un territoire de 2 km2

Patrice Cellario : Le nombre absolu de caméras peut paraître très conséquent, mais lorsqu’on le corrèle à la complexité topographique de Monaco, il n’est pas si extraordinaire que cela. En Principauté, et peut-être plus que sur d’autres territoires, il y a énormément d’ouvrages souterrains, d’ascenseurs etc. Tous ces cheminements sont télésurveillés. Autre élément à prendre en compte : la géométrie des lieux fait que le champ de couverture d’une caméra est parfois très réduit. Dans 4 m², il peut y avoir deux caméras parce que la présence d’une seule serait insuffisante pour disposer d’une vision complète des lieux.

Savez-vous comment la population ressent d’être filmée dans tous les coins et recoins de Monaco ?

Patrice Cellario : La téléprotection a été introduite à Monaco au tout début des années 80, à une époque où peu de personnes étaient favorables et sensibles à ce type d’installation. Depuis plusieurs années, on s’aperçoit que les résidents de la Principauté réclament ces caméras. D’ailleurs, beaucoup de résidents nous signalent que telle portion de rue n’est pas télésurveillée. La population ressent donc une sécurité accrue grâce à ces caméras, sans avoir le sentiment d’être épié ou surveillé.

Cela reste un outil de dissuasion efficace ?

On ne peut pas avoir un policier derrière chaque arbre ou chaque candélabre. En revanche, le fait de pouvoir avoir des yeux partout, des « télé-yeux », c’est effectivement un moyen de dissuasion efficace.

Avez-vous l’intention de développer en Principauté la vidéo-intelligente de type reconnaissance faciale, ou reconnaissance de comportement ? Peut-être est-ce déjà le cas ?

Richard Marangoni : Pour l’instant, ce n’est pas d’actualité. Mais on regarde évidemment ce qui se fait et le développement des technologies existantes.

MALAISE DANS LA POLICE

En France, on sent un gros malaise dans les rangs de la police. Un taux élevé de suicide a été constaté dans la profession confrontée à une surcharge de travail, à une bureaucratie de plus en plus fastidieuse et à des attaques répétées à leur encontre etc. Sentez-vous également un malaise au sein de la police monégasque ? De quoi se plaignent-ils ?

Richard Marangoni : Sur ce point, je peux préciser que la Sûreté publique est une institution quasi-familiale où nous passons tous au moins 30 ans de notre vie ensemble. Nous nous connaissons tous. Cela créée une indéniable cohésion dans le service. Par ailleurs, dans les difficultés que nous pouvons rencontrer, la Sûreté publique a toujours eu le soutien particulièrement bienveillant de nos autorités de tutelle.

Plusieurs attaques à l’égard de policiers ont eu lieu ces derniers années et mois. Notamment des attaques au couteau à Paris et à Bruxelles : comment s’en prémunir ?

Richard Marangoni : La situation internationale nous montre effectivement qu’il y a de plus en plus d’attaques aux couteaux à l’encontre des forces de l’ordre. A Monaco, nous avons donc renforcé la sécurité de nos fonctionnaires avec une nouvelle génération de gilets de protection balistique et pare-couteaux.

Lors des vœux, il a été mentionné que 32 sanctions administratives ont été prises à l’encontre de policiers en 2018 ? Quelles étaient les causes de ces sanctions ?

Richard Marangoni : Nous sommes attachés à notre éthique et à notre déontologie. Nous y veillons quotidiennement.

Il a été mentionné également que le taux d’élucidation des enquêtes est de 56 % : est-ce un taux satisfaisant pour vous ?

Richard Marangoni : En toute humilité, on ne peut que se féliciter de ce résultat qui peut être considéré comme très satisfaisant.

Comment améliorer ce chiffre ?

Richard Marangoni : C’est tout le sujet de notre plan de développement Sûreté publique 2020 et de notre projet de service « Monaco a safe city ». La philosophie générale de notre sécurité se fonde sur la prévention. En matière de statistiques, il convient de préciser que la délinquance en Principauté baisse régulièrement depuis 8 ans, et plus particulièrement depuis ces 3 dernières années, atteignant un niveau particulièrement bas. C’est le signe d’une recherche constante d’amélioration de notre politique de sécurité.

Quelles sont les affaires les plus complexes à élucider ?

Richard Marangoni : Parmi les enquêtes que nous pouvons qualifier de complexes, nous pouvons citer celles qui relèvent de la cybercriminalité car elles utilisent des moyens techniques et informatiques souvent très sophistiqués. Nous pouvons évoquer aussi les enquêtes financières qui requièrent une spécialisation particulière.

26 cambriolages dont 8 tentatives ont été recensés en 2018. De quels types de cambriolages s’agissait-il ?

Richard Marangoni : Il s’agit de locaux d’habitation, commerciaux ou de caves qui sont bien souvent le fait d’une population itinérante.

BATIMENT SURETE PUBLIQUE

Où en sont les travaux de rénovation et de surélévation du bâtiment de la Sûreté publique ?

Richard Marangoni : Le bâtiment de la Sûreté publique est vieillissant. Les locaux datent pratiquement d’une quarantaine d’années. Le personnel est assez à l’étroit. Une rénovation et un agrandissement sont donc nécessaires. Le démarrage des travaux est prévu à l’automne. Trois étages supplémentaires seront construits. Le bâtiment comprendra donc sept étages au total.

Patrice Cellario : Le début des travaux est conditionné par la nécessité de repenser, en amont de ceux-ci, toute l’organisation intérieure des services.

CARTE DE SEJOUR

Toute personne âgée d’au moins 16 ans souhaitant séjourner à Monaco plus de trois mois par an ou souhaitant y établir sa résidence, doit faire une demande de carte de résident auprès des autorités monégasques : combien de cartes de résidents sont aujourd’hui enregistrées à Monaco ?

Patrice Cellario : Au 31 décembre 2018, un peu plus de 26 000 cartes de résidents ont fait l’objet d’une délivrance par la Sûreté publique, toutes catégories confondues. A savoir les personnes nouvellement arrivées en Principauté (les primo-arrivants), et les personnes qui y résident depuis de nombreuses années.

Combien de refus de renouvellement de cartes de séjour ont été enregistrés en 2018 ?

Richard Marangoni : Au 31 décembre 2018, 22 non-renouvellements de cartes ont été décidés. Chaque année, ce sont peu ou prou les mêmes chiffres. Cela demeure donc très marginal par rapport au nombre global de cartes en service.

Et concernant les primo-arrivants ? Combien de refus pour cette catégorie spécifique ?

Patrice Cellario : Sur un nombre annuel moyen de 1 700 primo-arrivants sollicitant une première carte de séjour, on constate moins d’une cinquantaine de refus d’installation par an, soit moins de 3 % des demandes.

Quelles sont les principales raisons motivant un refus de renouvellement ou de délivrance d’une carte de résident ?

Patrice Cellario : Il suffit de regarder la réglementation pour savoir quelles sont les conditions à remplir pour obtenir une carte de résident ou son renouvellement. Il y a trois grandes conditions : avoir un logement (location, propriété, ou hébergement) ; avoir des moyens d’existence suffisants, à savoir des revenus qui permettent de considérer que la personne est en capacité de vivre en Principauté (fortune personnelle, source d’un travail) et une bonne moralité. C’est une analyse faite au cas par cas. Si une carte n’est pas renouvelée, c’est qu’au moins une de ces trois conditions n’est plus remplie.

Quels sont les recours administratifs et judiciaires que les intéressés peuvent opérer pour contester ce refus ? Et dans quels délais ?

Patrice Cellario : Il existe dans un premier temps un recours hiérarchique auprès de la Sûreté publique ou de sa hiérarchie, et dans un deuxième temps, un recours contentieux devant le Tribunal suprême si les réponses apportées par l’autorité administrative ne donnent pas satisfaction au demandeur. Je n’ai pas le souvenir que le Tribunal suprême ait contesté la décision de la Sûreté publique en raison d’une mauvaise analyse du dossier mais plutôt pour des problèmes de procédure.

Combien de recours ont été opérés en 2018 auprès de la Sûreté publique et du Tribunal suprême en raison d’un refus ?

Richard Marangoni : En 2018, on compte 10 recours administratifs préalables, gracieux ou hiérarchiques, voire des recours formés devant le Haut-Commissariat ; recours formés contre des décisions de refus de visa d’établissement (2), de délivrance de première carte (7) et de renouvellement de carte de séjour (1). En revanche, en 2018, il n’y a eu aucun recours exercé devant le Tribunal Suprême concernant un acte administratif individuel négatif en matière de résidence.

Combien de mois minimum (par an) un résident doit-il vivre à Monaco pour conserver son titre de séjour ?

Patrice Cellario : Il convient de se référer à la règlementation qui indique que pour séjourner plus de trois mois, les personnes étrangères doivent disposer d’une carte de séjour. En revanche, pour y élire domicile et s’en prévaloir, il convient d’y résider plus de 183 jours par an.

Comment vérifiez-vous ce type de donnée ?

Patrice Cellario : Il est évident qu’on ne peut pas être tous les jours devant la porte d’une personne pour savoir si sa résidence en Principauté est effective ou non. Il y a donc un certain nombre de critères objectifs qui permettent à la Sûreté Publique de déterminer si la personne est présente au moins 3 ou 6 mois par an. Un certain nombre de vérifications sont opérées.

Des visites à domicile par exemple ?

Patrice Cellario : Pour que les investigations de la Sûreté Publique restent efficaces, il faut que ses procédés restent discrets. Il convient donc de ne pas en donner le détail, de manière à ce que les contrôles puissent continuer à s’opérer correctement.

Lors des débats au Conseil national en décembre dernier, l’élu Thomas Brezzo a estimé « qu’un sentiment d’injustice » grandissait au sein des résidents, en raison notamment des refus de renouvellement. Il a estimé que « l’humain n’a plus de place dans le traitement de ces dossiers ». Ce dernier a déploré le « renouvellement de cartes pour des durées inférieures à celles prévues », ou encore l’absence de prise en compte du « droit à l’erreur pour des personnes qui peuvent avoir commis des petites infractions » : que répondez-vous ?

Patrice Cellario : Je rappelle qu’en 2018, il y a eu au total 22 cas de non-renouvellements, pour grosso modo 26 000 cartes en service. Sur ces 26 000 cartes, près d’un quart d’entre elles étaient des cartes renouvelables. Monsieur Brezzo parlait-il de vrais dysfonctionnements de fond ou de cas particuliers ? Encore une fois, 22 refus sur quelque 6 500 renouvellements, ce n’est pas significatif. Il est quasiment impossible d’en tirer un réel enseignement. De plus, lorsque le Directeur de la Sûreté publique prend une telle décision, c’est mûrement pesé et basé sur des critères objectifs.

Richard Marangoni : L’accueil du public demeure une priorité au sein de mon service. Tous les personnels en charge d’accueillir du public suivent des stages spécifiques car la Section des résidents est effectivement une vitrine. Nous recevons en moyenne 180 personnes par jour et répondons à quelque 28 000 appels téléphoniques annuellement.

En séance publique, vous avez indiqué que des améliorations sont toutefois à faire sur les délais de traitement ?

Patrice Cellario : C’est un élément qu’il faut effectivement améliorer. La Section des résidents a de nombreux dossiers à traiter, et ces dossiers ne doivent pas être analysés de manière légère ou mécanique. Cela prend du temps. Des progrès sont donc à faire pour répondre plus vite aux sollicitations. Par exemple pour la prise de rendez-vous.

Propos recueillis par Sabrina Bonarrigo