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Stella Almondo
Etoile du piano

PORTRAIT/Jeune prodige du piano de nationalité monégasque, Stella Almondo se produira pour la première fois à Monaco le 19 décembre au Monte-Carlo Bay. Lauréate en octobre dernier du Concours international Jeune Chopin, portrait de cet enfant de 12 ans qui rêve déjà de mener une grande carrière de concertiste.

 

Elle a une petite bouille d’enfant, une voix timide, et l’attitude naturellement réservée d’une jeune fille qui répond à ses toutes premières interviews… Mais lorsque Stella Almondo pose ses doigts agiles sur son piano, son visage enfantin prend une toute autre dimension… Dès les premières notes, son toucher aux milles nuances est saisissant. Et son talent, évident. « Sur scène, physiquement, je ne la reconnais pas. Elle est très fougueuse. C’est un cheval de feu », raconte sa mère, Nathalie. Stella n’a que 12 ans, mais cette jeune prodige du piano laisse instantanément bouchée bée son auditoire dès qu’elle égrène les premières notes. Avec ses petits doigts, là voilà qu’elle déroule la Fantaisie-Impromptu de Chopin, et les œuvres phares de Bach, Haydn, Mendelssohn, Debussy ou Moszkowski. Le tout sans la moindre fausse note. Et avec une aisance déconcertante…

« Coup de foudre »

Cet amour inconditionnel pour le piano est né alors qu’elle était haute comme trois pommes. C’était à la maternelle. Vers 3 ou 4 ans. « Stella était à l’école Montessori. Il y avait un piano auquel tous les enfants avaient accès avec une demi-heure d’initiation par semaine. Ça a été le coup de foudre », précise sa mère. Depuis ce choc musical, la vie et le quotidien de la famille sont bercés par les notes de Stella. Une vie entièrement rythmée par la musique, et menée à un tempo effréné. Ses journées, Stella les divise entre ses cours au collège Stanislas à Cannes, et ses leçons de piano au conservatoire de Nice. Trois fois par semaine, elle perfectionne son doigté et décortique ses partitions avec son professeur Amédée Briggen. « Je joue du piano deux à trois heures par jour minimum. Je ne compte plus… C’est beaucoup de travail », souligne la jeune fille. Du travail, certes, mais pas que…

« Il y a une part d’inné »

Pour sa maman et ses professeurs, cela ne fait aucun doute : « Il y a aussi une part d’inné. Quelque chose qui ne s’explique pas. Tous les grands professeurs que l’on a rencontrés nous ont dit que Stella a un don. » Un don qu’elle n’a pas forcément hérité de ses parents… Dans la famille, tous sont très mélomanes, mais personne n’est réellement musicien. « La fibre artistique vient peut-être de son père qui était photographe à Monaco et qui est malheureusement décédé », note la maman.

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Une ado hors normes

Cette passion viscérale pour la musique classique et le piano fait de Stella une enfant pas tout à fait comme les autres… Ses modèles ne sont ni des chanteurs adulés par les ados, ni des stars de la télé-réalité… mais de grandes pianistes actuelles : l’Argentine Martha Argerich ou encore la Géorgienne Khatia Buniatishvili. Quant à ses goûts musicaux, ils sont habituellement réservés aux mélomanes érudits d’âge canonique… Stella cite les compositeurs de l’époque romantique. Chopin et Schuman en priorité. « Dans leurs œuvres, je peux y mettre beaucoup d’émotions. Ça me prend au cœur. » Plus tard, elle aimerait s’attaquer à un répertoire particulièrement costaud… « Du Liszt et du Rachmaninov », affirme la jeune fille. Et parfois, « pour le fun » dit-elle, elle s’amuse à déchiffrer des partitions de Michael Jackson (dont elle est une grande fan), d’Amy Winehouse ou de Whitney Houston. Quant à la chambre de Stella, là encore, rien de conforme à un ado traditionnelle… Dans sa pièce, son piano côtoie des posters de pianistes, des photos dédicacées avec Martha Argerich et un tableau de Chopin.

« Être concertiste »

La vie de Stella est aussi ponctuée par de nombreuses scènes. Son premier concert en public remonte à l’âge de 5 ans. « C’était dans une église à Noël. Elle a joué Vive le vent d’hiver », rappelle, avec le sourire, sa mère. Une maman qui n’imaginait sans doute pas que 6 ans plus tard, sa fille se produirait devant… 1 000 personnes à Nice à l’église Notre Dame. Pour Stella, c’est d’ailleurs sur les planches et devant un public qui l’écoute qu’elle se sent le plus épanouie : « Sur scène, je me sens heureuse. C’est d’ailleurs l’endroit où je me sens le plus heureuse », précise-t-elle. Profondément attachée à Monaco, cette jeune Monégasque (de par son père) rêve désormais de jouer devant la famille princière. Autre souhait, faire une représentation en principauté. Un vœu enfin exaucé… Le 19 décembre, elle se produira au Monte-Carlo Bay pour l’association Les amis du Liban devant le sélectionneur de football français, Didier Deschamps.

Perfectionnement en Angleterre

Si elle n’a que 12 ans, le destin de Stella est, a priori, déjà tout tracé. « J’aimerais devenir une grande pianiste, être concertiste et faire des tournées », indique-t-elle. Pour y parvenir, elle sait qu’elle devra travailler d’arrache-pied et intégrer les écoles de musique les plus prestigieuses. Son rêve ? Rejoindre une grande école en Angleterre. Un rêve qui deviendra prochainement réalité. « Cet été, Stella a suivi les cours de la prestigieuse académie Wells en Angleterre où elle fut très remarquée par son directeur John Byrne, professeur au Royal College of Music de Londres qui est convaincu du fait que Stella a des capacités pianistiques exceptionnelles. Pour qu’elle devienne professionnelle, nous allons devoir quitter le conservatoire de Nice. Cette école en Angleterre est son rêve. Je n’ai pas le droit de la garder près de moi », explique sa mère qui, peu à peu, prépare donc sa fille à ce nouveau départ loin de Monaco et de la France. Cette maman, ancienne attachée de presse à la Société des bains de mer, a décidé de mettre entre parenthèse sa carrière professionnelle pour accompagner sa fille dans cette folle aventure musicale. « Aujourd’hui, je me consacre essentiellement à ma fille et son petit frère de 8 ans. C’est aujourd’hui qu’elle a besoin de moi. A chacun de ses déplacements, je suis auprès d’elle. Quand elle rejoindra l’internat en Angleterre, je reprendrai sans doute une activité professionnelle et je la rejoindrai les week-ends. » Quant à Stella, il y a fort à parier qu’elle fera une grande carrière. Qu’on lui souhaite, bien sûr, sans fausse note.

_Sabrina Bonarrigo

 

RECOMPENSES/

Des prix prestigieux

Malgré une très jeune carrière, Stella accumule déjà les récompenses. L’une des plus prestigieuses, la jeune fille l’a obtenue en octobre dernier. Stella a déroché l’un des trois prix décernés à de jeunes virtuoses internationaux lors du concours international de piano « Jeune Chopin » à Martigny, en Suisse. En juillet 2017, autre récompense : un second prix au concours international Flame à Paris. L’an dernier, Stella a également brillé lors de trois concours internationaux : concours international de Nice en octobre 2017 (mention très bien à l’unanimité), concours de St Tropez en mars 2018 (premier prix finaliste) et concours Steinway & Sons à Cannes en avril 2018 (premier Prix avec la note de 19/20). _S.B.