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Solutions anti-embouteillages :
ce qui marche (ou pas)

SOCIETE/Pour venir à bout des embouteillages à Monaco et autour de la principauté, plusieurs initiatives ont été mises en place : tunnel descendant, brigade de la circulation, covoiturage… Tour d’horizon des solutions anti-bouchons et de leur efficacité.

Comment décongestionner les routes à Monaco et aux abords de la principauté ? Cette épineuse question taraude depuis toujours les services monégasques en charge de la circulation et de l’aménagement urbain. Il faut dire que l’équation est très complexe… Chaque jour, un flux très dense de véhicules converge vers un territoire confetti de 2 km2… Selon le centre régulateur de la circulation à Monaco — le CIGM (1) — le flux de véhicules entrant et sortant du territoire monégasque a progressé de presque 20 % depuis 2003. Passant de 93 000 voitures il y a 15 ans, « à 105 000 véhicules aujourd’hui ». Le pic d’affluence est habituellement enregistré au mois de juillet en raison des touristes qui arrivent en masse. A cette époque de l’année, 125 000 entrées et sorties sont comptabilisées. Soit l’équivalent de la circulation d’une ville de 100 000 habitants.

« Dans d’autres villes, c’est encore pire »

A ces chiffres, il faut rajouter le trafic intra-muros, à savoir les automobilistes et les deux-roues qui se déplacent en interne, uniquement d’un point à l’autre de la principauté. Pas surprenant donc que le matin et le soir, aux heures de pointe, les automobilistes voient rouge… « Le territoire est tellement petit et la circulation tellement dense que le moindre incident, ou la moindre petite incivilité, comme un véhicule mal garé, peut avoir de grosses répercussions sur la fluidité du trafic, rajoute Gilles Cellario, directeur adjoint à l’aménagement urbain. La circulation est certes très dense à Monaco, mais ce n’est pas propre à la principauté. Dans d’autres villes, c’est bien pire. »

Le problème du tout-voiture

Selon Gilles Cellario, l’une des causes principales de la congestion des routes à Monaco, ce ne sont pas forcément les milliers de salariés pendulaires qui affluent chaque jour sur le territoire… « L’ennemi numéro 1 de la circulation à Monaco ce sont les personnes en intra-muros qui utilisent beaucoup trop leur véhicules pour de petits déplacements urbains. Or, d’autres moyens existent pour se déplacer facilement. Le service des bus couvre bien l’ensemble du territoire. Il y a également les vélos à assistance électrique et les différents moyens pour se déplacer rapidement à pied : des ascenseurs publics, des galeries, des escalators etc ». Selon Gilles Cellario, pour que les routes monégasques s’allègent de façon significative, un changement des comportements, et la fin du tout-voiture pour le moindre petit déplacement, sont donc indispensables…

_Sabrina Bonarrigo.

(1) Centre intégré de gestion de la mobilité.

Tunnel descendant : un bilan positif ?

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Il aura fallu quatre ans de travaux et plus de 100 millions d’euros de budget pour construire le tunnel descendant. Originalité de cet ouvrage long de 1,7 km : l’entrée et la sortie sont situées en territoire monégasque, alors que le reste du parcours s’effectue sous les tréfonds du territoire français. Un projet qui, avant sa construction, avait suscité beaucoup de méfiance… Notamment chez les élus du conseil national qui pointaient du doigt une rentabilité zéro pour l’Etat, des risques de dérapage budgétaire et une circulation qui ne sera pas forcément améliorée pour accéder en principauté… Plus de deux ans après son ouverture en juillet 2016, quel bilan en tirer ? Selon les responsables du CIGM, les vertus de cet ouvrage sur la circulation sont réelles. En premier lieu, les automobilistes venant de France gagnent des minutes précieuses tous les matins pour rejoindre le cœur de Monaco. « Auparavant, pour descendre du giratoire de l’hôpital jusqu’à Fontvieille, le temps de parcours était d’environ une demi-heure le matin aux heures de pointe. Aujourd’hui, quelques minutes suffisent. Le gain de temps est significatif », estime Stéphane Porcu, chef de bureau au CIGM. Ce tunnel a également été une bouffée d’oxygène pour les habitants du Jardin exotique, auparavant asphyxiés par un flux continue et très dense de véhicules. « Aujourd’hui, 5 000 véhicules passent chaque jour sur le Jardin exotique et 7 000 dans le tunnel descendant. Il faut donc imaginer que ces 12 000 véhicules auparavant transitaient uniquement sur le Jardin exotique. Les riverains de ce quartier sont, je pense, ravis. » Une fluidité qui a également profité aux conducteurs de bus. Avant la construction de ce tunnel, les embouteillages au Jardin exotique, entre 7h30 et 9h en particulier, obligeaient la Compagnie des autobus de Monaco (CAM) à rajouter des cars supplémentaires au départ, puisque les conducteurs mettaient beaucoup plus de temps pour finir une boucle. Dernier avantage de cet ouvrage selon le CIGM : lors de grosses manifestations en Principauté (comme le Grand prix ou certains grands matchs de foot) ou si un incident survient dans le Tunnel Rainier III, le sens du tunnel descendant peut être inversé. Les automobilistes peuvent donc quitter Monaco et rejoindre le territoire français en empruntant cet ouvrage. En revanche, le tunnel descendant n’a pas permis de fluidifier les embouteillages sur la moyenne corniche, à la sortie de l’autoroute. _S.B.

 

BLOCAGE/

Tunnel de l’A 500 : pourquoi est-il régulièrement fermé ?

Les automobilistes français qui empruntent l’autoroute pour venir travailler en Principauté sont régulièrement confrontés à cette situation : dès qu’ils passent le péage de Monaco aux heures de pointe, le Tunnel de l’A 500 est régulièrement fermé par une barrière. Et ce, pendant de longues minutes. Pourquoi cette fermeture temporaire ? C’est l’une des conséquences de la catastrophe du tunnel du Mont-Blanc, le 24 mars 1999. Ce jour-là, un camion avait pris feu au milieu du tunnel, long de 11,6 km 39 personnes étaient mortes asphyxiées dès les premières minutes. « Suite à ce drame, le Centre d’études des tunnels (CETU) a imposé qu’au-delà de 100 mètres de remontée de bouchon dans un tunnel, celui-ci soit fermé pour des raisons de sécurité », explique Gilles Cellario, directeur adjoint à l’aménagement urbain. Les mêmes mesures de sécurité ont été appliquées dans les tunnels de Monaco. _S.B.

 

A CAP D’AIL/

Création d’une trémie sur la moyenne corniche

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Ceux qui se rendent à Monaco en voiture chaque jour le savent bien : sur la moyenne corniche, à la sortie de l’autoroute, le flux massif de voitures qui arrive sur les deux feux tricolores provoque d’énormes bouchons aux heures de pointe. Pour fluidifier cette portion de route, un projet est à l’étude depuis 2011 : la création d’une trémie sur la moyenne corniche à Cap d’Ail (1). Pourquoi le projet traine-t-il autant en longueur ? « Les délais de mise en œuvre résultent de la complexité du projet, des procédures administratives françaises et des réserves du maire de Cap d’Ail, a répondu le ministre d’État, Serge Telle en séance publique. En mai dernier, lors d’une nouvelle réunion avec les autorités françaises, ce dernier a réitéré ses réticences notamment au regard des désagréments générés par les travaux échelonnés sur 20 mois, avec interruption en été. » Toutefois, selon le gouvernement des « aménagements légers » pourront être réalisés d’ici la fin 2018 au niveau des carrefours concernés. Quant à ce projet de trémie, il est désormais intégré à une réflexion plus globale, prenant en compte la création de la bretelle de l’autoroute A8 à La Turbie, ainsi que le projet de mise en sécurité du Tunnel Rainier III. _ S.B.

(1) Une voie d’accès souterraine ou aérienne contournant un obstacle.

 

PAR LA MER/

Liaison maritime : « Plusieurs offres en cours d’examen »

Et si les travailleurs niçois ou mentonnais rejoignaient Monaco par la mer ? La piste n’est pas du tout exclue par le gouvernement monégasque. « Sur le trajet Nice —  Monaco, et Monaco — Menton, plusieurs opérateurs se sont manifestés. Leurs offres sont en cours d’examen par les services du département de l’équipement. Nous n’excluons rien. Ce n’est pas simplement une question de financement », indique le ministre d’État, Serge Telle. Si, sur le papier, cette idée peut paraître séduisante, il convient toutefois selon le gouvernement « d’être prudent », dans la mesure où ce mode de transport présente un faible report modal potentiel par rapport au train ou au bus. « En effet, à ce jour, les projets présentés au gouvernement sur la liaison Nice — Monaco offrent une fréquence aux heures de pointe de 30 minutes (contre 12 minutes pour le T.E.R. et 10 minutes pour la ligne 100) avec 260 passagers par navette (contre 1 800 par rame T.E.R. ou 150 par bus, toutes les 10 minutes, avec la ligne 100). » Le gouvernement se dit toutefois « ouvert » à toutes les solutions pour fluidifier la circulation en Principauté et à ses abords. _ S.B.

(1) Extrait d’une séance budgétaire au conseil national le 8 octobre.

 

PARTAGE/

Monacovoiturage : un faible engouement

Monacovoiturage

Combien de personnes ont fait la démarche de s’inscrire sur le site www.monacovoiturage.mc ? Semble-t-il… pas grand monde. « Le nombre de covoiturés qui utilisent ce service demeure faible, et ce malgré les campagnes de communication », reconnaît Séverine Canis-Froidefond, directeur de la prospective, de l’urbanisme et de la mobilité, sans donner de statistiques plus précises. Pourquoi ce service de covoiturage mis à la disposition des personnes travaillant en principauté immatriculés aux caisses sociales monégasques n’a pas la cote ? « Les salariés qui viennent chaque jour travailler en Principauté privilégient les transports en commun ou leur véhicule individuel, comme le deux-roues. Et pour ceux qui covoiturent, la majorité le fait de manière “spontanée” via leur réseau de connaissances. En effet, afin de réduire le nombre de véhicules entrant en Principauté, le Service des parkings publics propose des tarifs réduits très avantageux pour les conducteurs qui font du covoiturage » Malgré le faible engouement de Monacovoiturage, l’Etat demeure donc « convaincu » de l’intérêt de ce mode de déplacement. « La principauté a d’ailleurs été inclue à l’appel à projets lancé par le département des Alpes-Maritimes afin de mettre en avant des solutions de covoiturage dynamiques, rajoute Séverine Canis-Froidefond. Nous allons également développer des applications sur la mobilité auxquelles sera intégré le covoiturage. » _ S.B.

 

Télécabine/

Jardin exotique-Palais en une poignée de minutes

Rien n’est encore acté, ni décidé, mais le gouvernement réfléchit très sérieusement à la construction d’une télécabine qui permettrait de relier le Jardin exotique, Fontvieille et le Rocher en seulement quelques minutes. Selon les derniers chiffres livrés par l’exécutif, il s’agirait d’un système d’œufs pouvant transporter jusqu’à 2000 personnes par heure. Ce nouveau moyen de transport serait couplé à un grand parking de dissuasion de 1 800 places construit au départ du circuit, au Jardin exotique. Les élus du conseil national se disent toutefois préoccupés par les potentielles nuisances sonores, par l’aspect esthétique du projet, et son dimensionnement global. _ S.B.