sibylle-schuetz-carriere-professeure-de-viole-de-gambe

Sibylle Schuetz-Carrière – Professeure de viole de gambe

Violiste — Tous les férus de musique baroque ont nécessairement eu un émoi musical en regardant le film d’Alain Corneau Tous les matins du monde… Ce film de 1991 narrait les souvenirs de Marin Marais, prestigieux violiste de Louis XIV, avec Monsieur de Sainte Colombe, un professeur austère et intransigeant, grand maître de la viole de gambe. Cet immense succès cinématographique a popularisé cet instrument qui a traversé les siècles et qui, manifestement, parvient encore aujourd’hui à séduire la jeune et plus ancienne génération. A l’Académie de musique Rainier  III, c’est Sibylle Schuetz-Carrière qui enseigne cet instrument à 12 élèves au total, âgés de 6… à 60 ans. Cette professeure allemande multiplie les initiatives pour promouvoir cet instrument à (6 ou 7) cordes frottées, dont la sonorité se situe à mi-chemin entre la guitare et le violoncelle. Jouée à l’aide d’un archet (et parfois aux doigts), la viole de gambe se tient entre les jambes. Voilà pourquoi, elle est aussi surnommée « le violon de jambe ». Cet instrument, que l’on trouve aussi dans les sonates de Bach, ou dans les partitions du compositeur allemand Telemann, est souvent réputé comme étant plutôt mélancolique. Or, selon Sibylle Schuetz-Carrière, la viole de gambe peut aussi sublimer un répertoire plus « festif et ludique, dansant et populaire », avec parfois même des sonorités « de type musique bretonne ». Evidemment, vous ne trouverez pas de viole de gambe dans les grands orchestres symphoniques. Mais plutôt dans de petites formations à trois ou quatre musiciens. Très en vogue durant la période baroque (sous Louis XIV notamment), la viole de gambe a été évincée par le violon à la Révolution française. « A cette époque, il fallait remplir des salles de 400 personnes avec 60 musiciens sur scène. La viole de gambe était alors devenue un instrument trop intimiste », explique ce professeure qui s’est formée durant sa jeunesse en Allemagne. « Dans ce pays, l’engouement pour cet instrument est arrivé un peu plus tôt. C’était assez courant dans les années 70/80. J’habitais une petite ville et dans mon école il y avait par exemple trois professeurs de viole de gambe », se remémore-t-elle. Pour la petite histoire, sachez que les cordes de cet instrument sont fabriquées à partir de boyaux d’animaux. Et qu’un joueur de viole de gambe est un violiste, et non pas un gambiste !

 

écrit par Sabrina Bonarrigo