Jean-Luc-Biamonti

SBM : opération séduction

« On parle de l’exercice le plus mauvais pour la Société des bains de mer (SBM). C’est beaucoup plus compliqué que je ne l’avais pensé. Mais on a d’énormes atouts. On peut s’en sortir. » Le 20 septembre, le président délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti, a expliqué après l’assemblée générale des actionnaires que l’inquiétude monte. Logique dans la mesure où l’exercice 2012-2013 affiche 51,4 millions d’euros de pertes et un résultat opérationnel sur les jeux dans le rouge, à -15 millions. En 2011-2012, la SBM a perdu 33,2 millions et le secteur des jeux était négatif à -7,3 millions. Afin de prouver qu’il « croit dans ce projet », Biamonti a confirmé avoir acquis 100 000 actions de la SBM pour un total de 3,2 millions d’euros : « J’ai demandé en amont toutes les autorisations nécessaires. » Une opération de séduction qui s’est poursuivie avec les résultats encourageants du premier trimestre et une hausse de 24 % du chiffre d’affaires grâce à une reprise sur les jeux. Par rapport à la même période en 2012, l’ensemble des activités de la SBM enregistre un bond de 9 %. Pour doper ses revenus et faire grandir son patrimoine, la SBM va investir 680 millions. Objectif : rénover l’hôtel de Paris et lancer un projet immobilier à la place du Sporting d’Hiver avec la construction de bureaux, de commerces et de résidences de luxe. Pour financer ces opérations, la vente d’actifs a finalement été laissée de côté. En plus de l’endettement, une augmentation de capital va être lancée d’ici le premier trimestre 2014 pour une somme comprise entre 200 et 250 millions d’euros. L’Etat monégasque qui détient 70 % du capital de la SBM a bien sûr donné son aval. Comme le prince Albert l’a indiqué à L’Obs’ (voir son interview dans L’Obs’ n° 124), la participation de la principauté devrait désormais se situer autour de 56 %. Ce qui permettra l’arrivée de nouveaux actionnaires, soit issus du tissu économique monégasque, avec d’éventuels risques de conflits d’intérêts. Ou extérieurs à la principauté, avec pour seule préoccupation la rentabilité économique de l’entreprise.