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SBM : la gifle

ECONOMIE/Le message princier est limpide : la Société des bains de mer doit se remettre en question et engager des réformes. Sinon ?

 

Après une torpille lancée au conseil national, c’est sans aucun doute le message princier le plus clair. La cible ? La Société des bains de mer. L’entreprise, qui vient d’enregistrer un résultat opérationnel négatif (-31,5 millions d’euros), doit impérativement accélérer le mouvement pour repasser au vert. « Il est important que les résultats opérationnels reviennent le plus rapidement possible à l’équilibre et que la société dégage des bénéfices. Même si la SBM a un statut particulier et un rôle social en principauté, elle ne peut pas supporter sur le long terme des pertes sans aucune conséquence », a lancé le prince Albert, sans équivoque. Dans cet objectif, « il faut qu’elle engage les réformes économiques qu’elle a étudiées pour qu’elle soit à nouveau compétitive vis-à-vis d’une concurrence qui, je le répète depuis des années, est mondiale », a-t-il précisé.

 

Réformes

Visiblement, la société ne pourra pas se contenter d’un nouveau statut des employés de jeu. Le chef de l’Etat en appelle à un changement de mentalités. « Ce qui fait la différence entre Monaco, Singapour ou Las Vegas, c’est la qualité du service que nous devons proposer. Il y a tellement de destinations attractives dans le monde aujourd’hui, à des prix abordables, que personne ne vient uniquement à Monaco pour nos beaux yeux. À nous de nous remettre en question », a-t-il ainsi rappelé publiquement. Après l’avoir fait au début de l’été aux cadres de la SBM, lors d’un séminaire. « Il faut un changement de fonctionnement et d’attitude. On ne peut plus se permettre d’être dans la facilité et l’approximation face à la clientèle, alors que nous sommes dans un monde très compétitif dans le tourisme de qualité », a précisé le prince, sans langue de bois.

 

Nouvelles têtes aux jeux

Le changement concomitant à la tête de la direction des jeux n’a donc rien d’une coïncidence. John Galvani, qui a démissionné le 6 novembre dernier, est remplacé à compter du 1er décembre par Pascal Camia. L’ancien directeur de l’Hôtel Hermitage a pour mission de « poursuivre la réforme des jeux », selon un communiqué de la SBM et « son action sera prioritairement consacrée à la mise en œuvre d’une stratégie marketing centrée sur la fidélisation et le développement des clients jeux et des bonnes pratiques d’accueil ainsi que la valorisation des ressources humaines dans le cadre de l’application du statut unique, l’objectif demeurant le retour à la profitabilité de ce secteur », dans le jargon SBM. Pascal Camia s’appuiera sur un nouvel organigramme 100 % monégasque. Avec Jean-Marie Alfani, à la direction du Casino de Monte-Carlo, Christian Barilaro au Sun Casino et Eric Cicero au Café de Paris.

Cette nouvelle organisation 100 % monégasque (incluant un élu) a de plus l’avantage de faire coup double, en étouffant dans l’œuf toute velléité de critique de conseillers nationaux sur des manquements à la priorité nationale…

_Milena Radoman

 

IMMOBILIER/

Soutien au Sporting

Albert II apporte son soutien au projet immobilier du nouveau Sporting d’Hiver. « C’était une nécessité compte tenu du contexte et des résultats. Cette opération constituera un apport financier non négligeable. L’ensemble immobilier est assez bien équilibré. Et ce ne seront pas des tours, comme j’ai pu l’entendre. Je crois que ce projet a été très mal présenté au départ et a suscité des craintes et des exagérations. » _M.R.

écrit par Milena