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Réaménagement du Larvotto, Les commerçants seront indemnisés

Politique — Début octobre, les travaux vont démarrer sur l’esplanade du Larvotto. Ce qui implique le déménagement, à la fin du mois de septembre, des 10 commerces occupant des locaux domaniaux. Pendant les 21 mois de chantier, ceux-ci bénéficieront d’indemnités et d’un accompagnement « individualisé » de l’État. Les explications de l’Obs’

 

C’est encore un chantier d’envergure qui s’annonce du côté du Larvotto dès cet automne. Dans la foulée de l’extension en mer de l’Anse du Portier, c’est le site balnéaire qui s’offre un lifting bienvenu. « Le Larvotto nécessitait une rénovation. On s’accordait tous sur la vétusté des lieux », indique sans détour Rémy Rolland, administrateur des domaines. Ses services vont jouer un rôle décisif dans l’accompagnement des 10 commerces situés sur la promenade et qui verront leurs activités modifiées par ces travaux d’une durée totale de 21 mois. Ils sont invités à libérer leurs locaux domaniaux dès la fin du mois de septembre pour la mise en route du chantier dès le début octobre. A terme, ceux-ci pourront réintégrer des locaux neufs et certainement plus spacieux à l’été 2021. Pour le public, l’accès à la plage ne sera possible que durant l’été 2020 avant un retour à la normale un an plus tard. « Du fait de la contrainte territoriale, des travaux de rénovation peuvent avoir un impact sur des commerçants ou des locataires en place. Le gouvernement nous a demandé d’examiner leur situation de façon bienveillante et individualisée », réagit Rémy Rolland. Une première présentation générale s’est déroulée face aux commerçants le 23 janvier 2019. Des réunions individuelles ont ensuite pris le relais.

Indemnités

Mais assez vite, des inquiétudes ont pointé chez les commerçants. « Les inquiétudes, on les comprend et on peut les partager. Les discussions, aujourd’hui, se passent bien. On arrivera à un équilibre entre leur intérêt personnel et l’intérêt général », constate-t-on à l’administration des domaines. Pour rassurer et accompagner au mieux les 10 commerçants, le gouvernement a acté trois types d’indemnisations (lire encadrés ci-après). La prise en charge des frais de licenciement des personnels en contrat à durée indéterminée (CDI), une indemnité pour les frais de déménagement et de stockage de matériel, et une indemnité compensant la perte à gagner pendant les 21 mois de non-exploitation. Des mesures relativement généreuses pour aider les commerçants à surmonter cette transition. « La mission qui nous a été confiée, c’est de calculer des indemnités qui soient justes. Et puis de permettre aux commerçants de retrouver un outil de travail pour reprendre leur activité dont on pense qu’elle sera encore plus pérenne, plus profitable et plus qualitative vu le nouveau site. »

Hausse substantielle des loyers

Il leur a déjà aussi été indiqué une augmentation substantielle du loyer. L’administration des domaines n’a pas souhaité dévoiler à l’Obs’ le montant des loyers actuels ou à venir. Mais l’administrateur commente : « Les loyers actuels étaient assez bas. On leur a donc expliqué qu’ils devaient être revalorisés afin de tenir compte du fait que le site sera plus qualitatif. Mais évidemment, on le fera en bonne intelligence, avec l’objectif que le nouveau loyer soit équilibré. D’une part, pour permettre aux commerçants de pouvoir aménager leur local et pouvoir toujours tirer des revenus de leurs activités. Mais aussi pour l’État d’avoir un loyer qui corresponde. On verra avec les commerçants pour que cette hausse puisse être étalée dans le temps ». Avant d’ajouter : « Nous les voyons de façon individuelle afin de déterminer les montants indemnitaires qui feront ensuite l’objet d’un protocole d’accord avec chacun d’entre eux ». Une chose est sûre : les commerçants retrouveront un espace de taille identique. « On part du principe de pouvoir leur donner un local de taille identique et qui réponde le mieux possible à leurs aspirations », assure Rémy Rolland.

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ATTRACTIVITÉ — « L’objectif de la rénovation, au-delà de réhabiliter le site, c’est que celui-ci puisse devenir un lieu de vie. Et un lieu de vie ne vit pas uniquement en période estivale mais une grande partie de l’année. » Rémy Rolland.

Ouverture annuelle

Le gouvernement a aussi marqué son intention de voir le site vivre pleinement toute l’année et pas uniquement en saison. « L’objectif de la rénovation, au-delà de réhabiliter le site, c’est que celui-ci puisse devenir un lieu de vie. Et un lieu de vie ne vit pas uniquement en période estivale mais une grande partie de l’année. » Pour autant, certaines activités actuelles semblent très saisonnières — à l’image des deux commerces de vente d’articles de plage — et donc peu compatibles avec une ouverture annuelle. « On ne va pas imposer cela de manière autoritaire. On le verra en fonction des activités de chacun. Parce qu’on a évidemment conscience qu’en fonction des activités, une ouverture des dérogations pourraient être accordées », tempère l’administrateur. Les dérogations — s’ils devaient y en avoir — se feront au cas par cas. Celui-ci a tout de même incité les commerçants à réfléchir à une extension d’activités pour mieux répondre à l’ambition de l’État monégasque. « Pour ceux qui auraient la volonté de voir évoluer leur concept, on l’étudiera et on regardera si celui-ci nous convient. »

Observatoire du commerce

D’ici quelques mois, le gouvernement aura une meilleure visibilité sur la réimplantation des commerçants actuels et des espaces nouveaux disponibles. La conséquence ? C’est l’arrivée de nouveaux commerces. Un appel d’offres en découlera. « Nous allons essayer de relocaliser l’ensemble des activités existantes. Et une fois que chacun aura pu donner son accord pour l’emplacement défini, alors, nous allons pouvoir identifier le surplus de surfaces supplémentaires. Puis le moment venu, lancer un appel à candidatures. Mais ce ne sera pas avant plusieurs mois. » De cette donnée débouchera le choix de type d’activités. Pour se faire, le gouvernement va demander l’avis de l’observatoire du commerce. « Nous allons privilégier les activités qui nous paraissent les plus appropriées pour à la fois un site balnéaire avec ce qui existe déjà et pour qu’au final on crée une cohérence, une complémentarité, une synergie. C’est l’administration des domaines qui se charge de la publication. Ensuite il y a une commission d’attribution des locaux domaniaux, dont font partie le gouvernement et le Conseil national, qui émet un choix sur la candidature la plus opportune », conclut Rémy Rolland.