nuisances-sonores-conseil-national-monaco

Nuisances sonores
« Le bilan n’est pas satisfaisant »

Avant/après — Neuf mois après la mise en place d’une nouvelle réglementation pour limiter les nuisances sonores sur les chantiers, l’heure est au premier bilan. Et selon la majorité Primo !,  il n’est pas satisfaisant. Les élus veulent confirmer ce ressenti via un questionnaire transmis début octobre aux Monégasques et aux résidents. Cette consultation de la population est chapeautée par l’institut BVA —

 

Le président du conseil national avait prévenu en décembre dernier : « Si le résultat est insuffisant, nous ne manquerons pas de le faire savoir. » C’est finalement le 19 septembre, lors de la conférence de presse de rentrée, que ce premier bilan a véritablement eu lieu. Et manifestement, selon Primo ! il est loin d’être bon. Pour les élus de la majorité, les deux arrêtés ministériels entrés en vigueur le 2 janvier dernier (voir encadré) pour limiter les nuisances sonores sur les chantiers n’ont pas tenu leurs promesses sur le terrain. « Le gouvernement ne fait pas appliquer ces arrêtés avec suffisamment de détermination », estime Stéphane Valeri.

« Où sont les sarcophages acoustiques ? »

Pour argumenter ce pique lancé à l’exécutif, le président de l’assemblée a formulé une série de griefs et de constats de terrain : « Le gouvernement n’a toujours pas démarré le phasage que nous demandions pour reporter certains chantiers privés. Aucun chantier n’a été décalé dans le temps comme le permet pourtant le règlement. Et alors que nous demandions aussi que la tranquillité des riverains soit préservée, grâce à la pose systématique de sarcophages acoustiques, comme cela se pratique dans les pays les plus modernes en la matière, force est de constater 9 mois plus tard, qu’il n’y en a qu’un seul opérationnel avenue Princesse Grace, et aucun sur les chantiers publics », a-t-il indiqué. Histoire d’enfoncer le clou, Stéphane Valeri a rappelé que le gouvernement avait pourtant pris des engagements fermes dans tous ces domaines : « Où sont les sarcophages acoustiques ? Où sont les chantiers reportés ? Où est l’exemplarité des chantiers publics ? Où sont les instruments insonorisés ? Ce sont des engagements pris en décembre 2018 par le gouvernement. On va les lui rappeler. »

Double enquête

Le ton est donc donné… Stéphane Valeri est même allé plus loin en adressant un autre message ferme à l’exécutif : « Nous l’avons déjà dit en séance privée à de multiples reprises : si le gouvernement veut le vote favorable de l’assemblée pour le budget primitif 2020 qui a lieu mi-décembre, il va falloir qu’il change de braquet en matière de respect de la qualité de vie. Il reste un trimestre pour que le gouvernement se mette sérieusement à l’action. » Pour tenter de « mesurer objectivement » le ressenti des résidents sur la qualité de vie à Monaco et leur niveau d’exaspération, les élus ont pour la première fois entrepris une vaste consultation de la population via un questionnaire chapeauté par l’institut BVA. 40 questions au total — portant sur le bruit, la circulation, les transports, le cadre de vie ou encore l’environnement — que tous les électeurs monégasques de plus de 18 ans inscrits sur les listes électorales ont dû recevoir durant la première semaine d’octobre dans leurs boîtes à lettres. Une fois reçu, ils devront renvoyer le tout « de manière anonyme pour un traitement indépendant et transparent. » En parallèle, les résidents et les salariés de Monaco, feront l’objet d’une enquête complémentaire en ligne, avec des questions dédiées.

Le « vécu réel » de chacun

Pourquoi alors les conseillers nationaux ont-ils entrepris une telle démarche ? « Force est de constater que pour le moment, la population ne ressent pas d’amélioration tangible, selon les indications qui nous remontent régulièrement, indiquent les élus. Pour autant, parfois, nous avons aussi entendu, ça ou là, que le conseil national en ferait trop sur cette question, notamment en parlant trop négativement de ce ressenti de la population. Nous avons donc décidé de nous appuyer sur des données concrètes et objectives. » Plutôt que d’avancer « avec des certitudes », le conseil national a donc pris le parti d’écouter, le « vécu réel » de chacun. « Ensuite, lorsque nous avancerons nos propositions auprès du gouvernement, nous pourrons nous appuyer sur de réelles données statistiques et non sur des “on dit”, a rajouté Brigitte Boccone-Pagès, vice-présidente du conseil national. La condition expresse pour que cette démarche ait une valeur est de s’entourer de toutes les garanties de professionnalisme, de régularité, de qualité dans le recueil et le traitement des données et de parfaite conformité légale, réglementaire et éthique. » Pour connaître le résultat de ces questionnaires, il faudra attendre quelques semaines. Le dépouillement aura lieu en novembre. Quant au coût de cette consultation populaire, il s’élève à environ 25 000 euros selon le conseil national. Un tarif moins onéreux qu’un sondage traditionnel car le travail de rédaction des questions a été fait essentiellement en interne. A la fois par des élus de la haute assemblée et l’équipe de communicants.