obs_actualite_monaco_navly_navette_autonome

Navette autonome, un test cet été sur Monaco

Une navette autonome sera expérimentée sur le Rocher, du 3 juillet au 8 septembre prochain. Jusqu’à 15 passagers pourront être accueillis dans ce véhicule électrique qui circulera sans conducteur. Il s’agit de l’une des concrétisations du projet Extended Monaco, présenté fin avril.

 

Cet été, touristes et résidents vont voir déambuler dans les ruelles du Rocher un bien étrange véhicule… Il s’agit d’une navette autonome, sans chauffeur, et entièrement électrique. Fabriqué par la société française Navya, (leader mondial du marché avec plus de 60 navettes déployées dans le monde) ce véhicule, qui permet donc de se faire conduire sans conducteur, sera testé du 3 juillet au 8 septembre prochain à Monaco-Ville. Jusqu’à 15 passagers pourront prendre place à bord. Cette navette contiendra 11 places assises (dont 3 strapontins) ainsi que 4 places debout, et sera exploitée par la Compagnie des autobus de Monaco (CAM) en partenariat avec le groupe de transport Keolis, qui a déjà mené une trentaine d’expérimentations de navettes autonomes à travers le monde. Notamment à Paris La Défense, à Lyon Confluence, à Londres et à Las Vegas. Mais que les voyageurs qui grimperont dans cette navette sans chauffeur se rassurent : « L’aspect sécuritaire, sur le plan matériel et logiciel de cette expérimentation, est bien sûr une priorité, explique Roland de Rechniewski, directeur de la CAM. Un opérateur titulaire du permis D sera présent à bord en permanence. Il sera capable à tout moment d’interrompre la navigation automatique du véhicule, en basculant en mode manuel. L’opérateur Keolis va former dix agents CAM, qui seront les opérateurs à bord de la navette. »

Quatre arrêts

Quel sera alors l’itinéraire de cette navette autonome dont l’accès à bord sera gratuit ? Sur une boucle d’environ 1 km, le tour de Monaco-Ville comprendra quatre arrêts : Place du Palais Princier, Cathédrale, Musée Océanographique et Place de la Visitation. La fréquence de passage a été fixée à 15 minutes : « Le Rocher est un cadre assez unique pour tester un service de navette autonome. Outre sa renommée internationale, le circuit faisant le tour de Monaco-Ville présentera certaines caractéristiques et contraintes très intéressantes pour tester ce type de service : rues étroites, densité piétonne, route ouverte à la circulation, explique Séverine Canis Froidefond, à la tête de la direction de la prospective, de l’urbanisme et de la mobilité (DPUM). Cette expérimentation sur le Rocher pourrait être prolongée par un deuxième test à l’automne qui consisterait en une boucle sur l’avenue Princesse Grace reliant le Grimaldi Forum au Monte-Carlo Bay lors des quatre événements que sont le Congrès IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change), le Luxe Pack, les Assises de la Sécurité Numérique et le Sportel. »

Préparer Monaco aux mobilités de demain

Reste à comprendre, quel est l’intérêt d’expérimenter ce type de véhicule pour Monaco ? Manifestement, la principauté souhaite miser à l’avenir sur des moyens de transports à la fois « écologiques, intelligents et connectés ». « Ce projet s’inscrit donc dans une réflexion de long terme visant à préparer la Principauté sur les plans technologiques, réglementaires et fonctionnels aux modes de mobilité de demain, et notamment à la mobilité autonome, que le gouvernement doit commencer à appréhender », explique Georges Gambarini, responsable du programme Smart City à la direction du développement des usages numériques (DDUN). Les expérimentations qui seront menées cet été, et probablement cet automne, ne sont donc qu’une première étape pour apprendre, et préparer le pays à s’acclimater aux mobilités de demain. « En fonction des résultats obtenus et formalisés dans un bilan d’expérimentation, cette initiative pourrait être amenée à être reproduite au fil des ans sur des parcours qui se complexifieront concomitamment à la montée en maturité des technologies de mobilité autonome, rajoute ce professionnel. L’objectif final est la mise en œuvre d’un service régulier basé sur ces technologies, permettant d’apporter une réponse “sur mesure” à des besoins de mobilité que le réseau bus ne peut pas ou imparfaitement satisfaire : voirie trop étroite, zone piétonne, demande de déplacements ponctuelle (manifestations) ou limitée (desserte nocturne). »

Uniquement pour le transport de voyageurs ?

S’il s’agit, dans un premier temps, de tester le transport de voyageurs, la mobilité autonome pourrait être utilisée, à moyen ou à long terme, sur l’ensemble des modes de transport collectif (bus, train, navette maritime), ainsi que pour la logistique urbaine. « En l’état actuel de la maturité des technologies, il est difficile de dire quels sont les usages qui seront prévalents en Principauté dans les années à venir. Toutefois la complexité de ces cycles technologiques nous impose, pour en maitriser les codes et adapter nos infrastructures à leur déploiement, de travailler le temps long », conclut Georges Gambarini.