Course de Nascar

Nascar
Michel Disdier, 35 ans après

© Photo Auto-us.com magazine

SPORT / Il y aura un pilote français en Nascar cette année. Ça faisait 35 ans que ça n’était pas arrivé. Il s’appelle Michel Disdier et s’entraîne à Monaco. L’Obs’ l’a rencontré avant son départ pour les Etats-Unis.

« Sur les Speedways, on roule à 300 — 320 km/h de moyenne. » C’est pourtant en Smart que Michel Disdier arrive pour son interview avec L’Obs’. Parfaitement à l’heure, il n’a pas cherché son chemin. Normal. Il connaît très bien Monaco, où il s’entraîne au Monte-Carlo Gym depuis plusieurs mois déjà avec son coach, Grégory Muel (voir son interview par ailleurs). Les deux hommes ont un objectif à la fois simple et démesuré : courir en Nascar cette saison.

« Volontaire »
Après avoir travaillé avec la handballeuse Valérie Nicolas et le cycliste belge Philippe Gilbert avec lequel il a décroché une Coupe du monde et un titre de champion du monde en septembre dernier, Grégory Muel s’occupe de Michel Disdier en principauté depuis mars 2012. Mais c’est aussi avec les footballeurs de l’AS Nancy Lorraine que Muel a fait ses preuves. D’ailleurs, il avoue réfléchir à l’idée de travailler à nouveau avec des footballeurs, notamment dans la prévention des blessures.
Aujourd’hui, c’est vers la saison de Nascar que Disdier et Muel sont tournés. « C’est un vrai professionnel. Je n’ai pas à le pousser pour qu’il fasse plus à l’entraînement. Il est extrêmement volontaire », souligne ce coach sportif.

« Rallye »
Né le 10 février 1974 à Nice, Michel Disdier jure qu’il a toujours été attiré par les sports mécaniques : « Ça peut paraître fou, mais j’ai toujours voulu faire ça. » Il faut dire que dans la famille Disdier, cette passion se transmet facilement. « Mon père, qui s’appelle Michel aussi, a fait une dizaine d’années de rallye dans les années 1960-1970 », raconte le pilote niçois. Son père était un chevillard, c’est-à-dire un grossiste qui revendait sa viande à des bouchers. En tout cas, à l’époque, le père de Michel Disdier parvenait à financer sa passion. Et il remporte même plusieurs courses dans la région, notamment le rallye du Var, comme pilote semi-officiel pour des constructeurs comme Alfa Roméo, Lotus, Matra et Renault. « Mais les coupes qu’il gagnait, il les cachait au garage. Il devait craindre que je me lance moi aussi dans le sport automobile », se marre Disdier.
Peine perdue. Son fils a déjà le virus. Après avoir été champion de France de moto-cross en endurance en 125 cm3 avec Yamaha en 1990, Michel Disdier décide de se consacrer aux courses en monoplace l’année suivante. Après s’être entraîné à piloter une Formule 3, Disdier se lance dans le challenge 1992 Winfield Renault Elf à Magny-Cours : il termine à seulement deux dixièmes du vainqueur.

« Foot »
Ensuite, Disdier enchaîne les disciplines et les bons résultats : championnat de France de Formule Ford « B », championnat international de F3000, championnat de France de Formule France qu’il remporte en 1999, Championnat Open Téléfonica, Ferrari Challenge Championship où il décroche deux troisièmes places à Hockenheim (Allemagne) et à Brno (République Tchèque). Mais c’est d’Amérique que Michel Disdier rêve : « Aux Etats-Unis, la Nascar est le deuxième sport le plus suivi derrière le foot américain. Ensuite il y a le basket et le base-ball. Mais en cumul d’audience, la Nascar est numéro 1. Il faut dire que les courses sont diffusées dans une trentaine de pays dans le monde. Ce qui permet de toucher environ 90 millions de téléspectateurs. En moyenne, la Nascar attire entre 150 000 et 256 000 spectateurs par jour. » Jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, la Nascar imprègne la société américaine. « Le président des Etats-Unis invite les 10 meilleurs pilotes à la Maison Blanche. » Les spectateurs viennent en famille, en n’hésitant pas à faire parfois plusieurs milliers de kilomètres.

Sceptique
Pourtant, depuis Claude Ballot-Léna sur sa Oldsmobile en 1979, aucun pilote français n’a couru en Nascar à Daytona. Bref, une véritable traversée du désert. Tout sauf un détail. 35 ans sans aucun coureur tricolore dans ce championnat, ça laisse forcément pas mal de monde sceptique. « Quand je me suis intéressé à la Nascar, on m’a pris pour un fou. Car très peu de pilotes européens ont couru dans ce championnat » raconte Disdier. Même si quelques pilotes de F1 ont essayé la Nascar. Notamment Kimi Räikkönen, Nelson Piquet Junior, Juan Pablo Montoya. D’ailleurs Montoya, qui a débuté en 2007, est le premier pilote non américain à avoir remporté plusieurs courses en catégorie Sprint Cup (voir encadré). Mais malgré leur talent, aucun pilote de F1 ne s’est vraiment imposé en Nascar.
« RedBull voulait amener David Coulthard en Nascar. Coulthard est allé voir une course. En revenant, il a dit aux journalistes que les 5 premiers en Nascar avaient plus de potentiel pour s’adapter en F1 que les 5 meilleurs premiers pilotes de F1 pour courir en Nascar. » Un vrai pavé dans la mare. « Car jusqu’à une dizaine d’années en arrière, en Europe on pensait que la F1 c’était le summum. Et que les pilotes de Nascar, c’était un peu des bourins qui roulaient à fond et qui tournaient à gauche… »
Car chaque course se dispute en virant sur la gauche. « Mais si on tourne toujours à gauche, les virages et les amplitudes ne sont pas identiques. A Daytona, on a un virage relevé à plus de 30°. Ce qui fait presque un mur ! »
Du coup, il faut s’adapter. Car il n’y a pas deux circuits qui se ressemblent. Ce qui nécessite donc une perpétuelle remise en question.

« Ouverture »
Pas de quoi décourager Michel Disdier : « Je suis quelqu’un de passionné et d’intuitif. Alors j’ai insisté. En 1999, j’ai commencé à prendre des contacts avec les responsables de la Nascar. J’ai tout de suite senti chez eux une véritable ouverture. » Une pause. Puis Michel Disdier reprend, sûr de lui : « J’ai trouvé aux Etats-Unis ce que je recherchais dans le sport automobile. C’est-à-dire une ouverture d’esprit. Mais aussi un partage entre les fans, les pilotes et les équipes que je ne trouve plus du tout en F1. En Nascar, les meilleurs pilotes sont considérés comme des dieux. Mais ils sont accessibles. Ce qui n’est plus le cas des pilotes de F1. »
En tout cas, après avoir communiqué ses résultats en Europe aux dirigeants américains, la confirmation vient assez vite : la Nascar accepte de tester Disdier.
Fin 2002, « avec trois mots d’anglais », Michel Disdier se rend à Homestead, en Floride, près de Miami. L’occasion de rencontrer de vraies stars. Comme Joe Gibbs, un ancien champion de football américain qui a réussi l’exploit de remporter le Superball et trois titres de champion avec son écurie de Nascar en 2000, 2002 et 2005. « Joe Gibbs m’a même donné son numéro de portable ! En F1, je n’imagine pas Jean Todt ou Ron Dennis donner leur numéro comme ça… » Ce week-end là, un autre Français est là : Alain Prost (voir son interview dans L’Obs’ n° 99).

«Médiatisation »
L’ex-quadruple champion du monde de F1 français a alors pour projet de lancer une écurie de Nascar. « On a réussi à se parler par téléphone : et Prost a confirmé tout ce que je pensais de la Nascar. Qu’avec un budget raisonnable, on pouvait se bagarrer pour les meilleures places. Mais aussi que la médiatisation et la publicité étaient énormes par rapport à l’investissement de départ. Et donc qu’il était peut-être plus facile de trouver des sponsors. » Mais le projet de Prost ne verra finalement pas le jour.
En fait, il faut attendre 2007, pour que Michel Disdier trouve une écurie pour faire ses premiers pas en Nascar. C’est avec une écurie de Toronto, dirigée par Mario Gosselin, qu’il est invité à faire un test. « Ça aurait aussi pu être le premier et le dernier » se souvient Disdier. Car la pression est forte. En général, pour débuter, on lance les nouveaux pilotes sur un short track, c’est-à-dire un circuit court, d’une longueur de 1,6 km. Mais c’est au Michigan sur un speedway que Disdier fait ses premiers tours de piste. Un circuit à la fois complexe et très rapide. Bref, pas idéal pour se lancer.

la voiture de Michel Disdier

© Photo Auto-us.com magazine

« Spotter »
Côté matériel, tout change par rapport aux voitures européennes : « On est très près du volant, la voiture est asymétrique, on a un gros levier de vitesse de camion, il faut gérer une puissance d’environ 750 chevaux, sans aucune assistance au pilotage pour des véhicules qui font environ 1,5 tonne… » Seule aide : un « spotter », c’est-à-dire un co-pilote situé sur un point élevé du circuit qui donne des informations par radio au pilote sur la piste.
Quant à la conduite, c’est beaucoup plus compliqué que cela pourrait paraitre lorsqu’on regarde les courses sur Motors TV : « C’est très technique, très complexe. En terme de pilotage, il faut être d’une finesse et d’une douceur absolue sur le volant. En plus, il faut tout anticiper. D’ailleurs, l’ancien champion de F1, Juan Pablo Montoya, court depuis 2006 en Nascar. Et il n’a toujours pas été champion. Pourtant, c’est un excellent pilote. »
En tout cas, ce premier test est concluant. Ce qui ouvre les portes d’une toute première course en Nascar au Canada, sur un circuit routier. En juillet 2007, c’est au sein d’une autre écurie que Michel Disdier se relance. Mais rien ne se passe comme prévu. Pas de tour d’essai. Et les ennuis mécaniques se multiplient. « Pour effacer ce mauvais souvenir, je trouve une autre équipe à Daytona pour faire d’autres tests. Ça se passe bien. »

« Argent »
Ce qui permet de convaincre dès 2008 une nouvelle écurie : Bowsher & Associates Motorsports. Une écurie originaire de Springfield (Ohio) créée par le pilote Jack Bowsher, décédé en 2006. Cette fois, c’est dans le cadre de compétitions régionales organisées par l’Automobile Racing Club of America (Arca), un organisme créé en 1953, que Michel Disdier a la possibilité de courir. « Il y a plus d’argent dans la Nascar que dans l’Arca qui est moins médiatisé. Mais l’Arca utilise les mêmes circuits et les mêmes voitures. Bref, ça reste un grand championnat, avec de grands pilotes. » C’est sur le Salem Speedway que Disdier se lance. Essai réussi. Le pilote français termine 13ème sur 36 pilotes après environ 200 tours de piste. « C’était inespéré. Mon objectif, c’était juste d’arriver à finir la course ! » Un bon résultat qui commence à intéresser les sponsors, notamment Total. Les courses s’enchaînent. Sur le speedway de Toledo Disdier finit 15ème. Mais les discussions avec Total s’éternisent, sans jamais aboutir.

Crise
En 2009, Michel Disdier est touché mais pas coulé. Il insiste. Et malgré la crise et la frilosité des sponsors, il parvient tout de même à réunir un budget. Problème : ce budget est beaucoup plus faible que prévu. « J’ai pu trouver environ la moitié de l’argent que me demandait Bowsher. Mais ils m’ont dit banco pour 8 courses. Certains mécanos sont venus sans être payés. La passion a pris le dessus. » Du coup, impossible de vérifier les réglages de la voiture ou de faire des tests avant la course. Bref, par manque de budget, c’est l’aventure. Mais Michel Disdier finit toutes les courses de la saison dans les 20 premiers. « Parfois je suis allé en qualification et en course sans connaître la piste. Des fois, je me demande comment on a fait… ». Fin 2009, les discussions reprennent avec Total. Mais aucun accord n’est trouvé entre le siège américain et français. Avec la crise, difficile de trouver des partenaires. C’est donc le retour en Europe pour Michel Disdier qui commence alors à travailler avec un nouvel agent, Christophe Bourgeois, fin 2010. « Il s’est investi à 200 % avec moi. Il m’aide à trouver des sponsors. Tout en travaillant sur le marketing et la stratégie. » L’an dernier, les deux amis ont monté leur boite : Lafayette Racing. « On a trouvé un partenaire d’envergure internationale qui nous suit. » Alors que L’Obs’ était en bouclage le 14 février, le nom de ce sponsor n’avait pas été révélé.

Cunningham
En tout cas, en 2013, Michel Disdier court chez Cunningham Motorsports, une écurie qui a notamment accueilli Juan Pablo Montoya. Bref, une équipe capable de se battre pour les premières places. En décembre dernier, Disdier a fait les essais officiels en Arca à Daytona pendant trois jours. Il termine 9ème sur 61 pilotes. « Et encore, le dernier jour, on était 4ème. C’est super excitant pour la suite. » Disdier a aussi terminé devant le second pilote de Cunningham, Tom Hessert Junior. Prometteur.
Le 16 février, le pilote français fait l’ouverture de Daytona dans la catégorie Arca avec Cunningham. Puis, le 22 février, Disdier courra donc en Nascar, en 3ème division, dans la catégorie Camping World Truck Series (voir encadré), avec une équipe dont il n’a pas encore révélé le nom. Mais il devrait s’agir d’une équipe capable de jouer les 10 premières places. En tout cas, Disdier met un terme à 35 ans sans aucun Français dans cette discipline.

Michel Disdier au volant

ENTÊTÉ / « Je n’ai jamais pensé que je n’y arriverai pas. Pourtant, tout le monde m’a dit que ça n’était pas possible. Mais je me suis entêté. Je me suis même sacrément entêté. » Michel Disdier. Pilote de Nascar. © Photo Auto-us.com magazine

« Rusé »
« Daytona, c’est un peu une course-loterie. Car tout peut arriver. Les meilleurs peuvent échouer et un débutant, un « rookie », peut parvenir à s’imposer. Nous, on y va d’abord pour finir la course. » Daytona, c’est aussi l’enceinte sportive qui possède le plus de places assises au monde. Devant 256 000 spectateurs, Michel Disdier devra être solide pour résister à la pression. « Aux Etats-Unis, quand on est sous le drapeau jaune, on sent l’énergie. A Daytona, ça doit être comme nulle part ailleurs. »
Pour la suite de la saison, après Daytona, l’objectif c’est donc de faire l’intégralité du championnat de Camping World Truck Series qui se terminera en novembre prochain à Miami. « C’est un sport basé sur l’expérience où il faut être rusé, aussi bien le pilote que l’équipe, pour gagner. Il me reste beaucoup à apprendre. Mais tout est ouvert. »
Une certitude, Michel Disdier est totalement concentré sur cet objectif. Il ne pense qu’à ça. Avec un entraînement physique qu’il effectue chaque semaine à Monaco, pas question de laisser quoi que ce soit au hasard. Pour être au top, Disdier a consenti tellement de sacrifices depuis 1999, qu’il refuse de se laisser gagner par l’euphorie. Même s’il sait qu’aujourd’hui, il touche enfin au but.
Et ensuite ? « Rêvons jusqu’au bout : j’aimerais pouvoir un jour courir en division 1, dans la catégorie Sprint Cup. Je n’ai plus 20 ans. Mais j’ai encore 10 ans devant moi… »
_Raphaël Brun

Nascar/

C’est quoi ?

Extrêmement populaire aux Etats-Unis, la National Association for Stock Car Auto Racing (Nascar) a été créée en 1948, avec un premier championnat organisé en 1949. La Nascar est segmentée en trois divisions : la Sprint Cup (division 1), la Nationwide Series (division 2) et la Camping World Truck Series (division 3). Chaque saison débute en février à Daytona et se termine en novembre. S’il existe des courses disputées sur routes, une écrasante majorité d’épreuves se disputent sur des circuits ovales, divisés en trois catégories : avec 1 mile (1,6 km de long), les Short Tracks sont les circuits les plus courts. Viennent ensuite les Speedways qui font 2 miles, c’est-à-dire 1,6 à 3,2 km de long. Enfin, il y a les Superspeedways, qui font au moins 3,2 km. Beaucoup de pilotes ont marqué la Nascar. Notamment Richard Petty, 7 fois champion entre 1964 et 1979. Ou Dale Earnhardt, lui aussi 7 fois champion, mais de 1980 à 1994. Alors que Jimmie Johnson s’est illustré en devenant le tout premier à décrocher 5 titres d’affilée, de 2006 à 2010.
_R.B.

Médias/

Disdier, patron de presse

Tout est parti d’un simple constat. Aucun magazine à Monaco ou en France ne traite de l’actualité des sports mécaniques américains. Du coup, Michel Disdier a décidé de lancer son journal : Auto-us.com magazine. Avec 5 à 6 numéros par an, ce journal est disponible uniquement sur abonnement sur le site internet www.auto-us.com. « Je fais l’édito, parfois une chronique… Mais je me suis entouré, notamment de Renaud Lacroix, le rédacteur en chef pour parvenir à faire ce magazine qui possède un vrai potentiel », estime Michel Disdier. Vendu 5,90 euros, Auto-us.com magazine est tiré à 10 000 exemplaires.
_R.B.

3 questions à…

Grégory Muel,
préparateur physique de Michel Disdier

Pourquoi un pilote doit se préparer physiquement ?
Parce qu’il est impossible de faire une course qui dure plusieurs heures sans entraînement physique. Quand on roule à plus de 300 km/h pendant 2h30, c’est très dur ! D’ailleurs, les pilotes perdent plusieurs kilos pendant une course. Et ils finissent l’épreuve épuisés.

Comment vous travaillez avec Michel Disdier ?
J’ai d’abord analysé le sport en question, donc la course en Nascar, puis l’athlète et l’objectif à atteindre. J’ai cherché à savoir le nombre de G que doivent encaisser les pilotes. Mais aussi quels muscles sont le plus sollicités, de quelle manière et pendant combien de temps sur une course. Ce qui m’a permis de savoir quel type de fibre il fallait travailler.

Les muscles les plus sollicités pendant une course ?
Le cou bien sûr. Même si les têtes des pilotes sont maintenues, avec la fatigue, difficile de rester dans l’axe. Le risque, c’est de finir la course avec la tête sur le côté, en étant obligé de regarder la piste du coin de l’œil. On renforce aussi le dos, les bras et les fléchisseurs au niveau des mains. Mais aussi les cuisses pour tenir les pédales. Sans oublier la colonne vertébrale et la sangle abdominale. Ensuite, on fait aussi des footings pour faire travailler le cœur. Ce qui permet d’être moins sensible à la fatigue. Car pendant une course, le rythme cardiaque monte avec la chaleur.
_Propos recueillis par Raphaël Brun