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Monaco : l’eldorado des travailleurs azuréens

ECONOMIE – Une étude de l’Insee et de son équivalent monégasque l’Imsee (1),  publiée le 29 mai dernier, révèle que de plus en plus d’habitants des Alpes-Maritimes exercent une activité professionnelle en principauté. Comment décrypter ce phénomène qui s’accentue d’année en année ?

+77 % en vingt-cinq ans. La population maralpine qui occupe un poste en principauté a explosé. En 2015, près de 26 700 habitants du département travaillaient sur le Rocher contre 15 100 en 1990. Monaco accueille en priorité des travailleurs résidents dans les communes à proximité (Cap d’Ail, Beausoleil, La Turbie et Roquebrune-Cap-Martin). Près de 60 % des actifs de cette zone y exercent une activité professionnelle. Grâce à l’activité économique monégasque, les frontaliers sont ainsi moins touchés par le chômage. Selon l’Insee, « le taux de chômage de ce territoire est inférieur d’un point à la moyenne des Alpes-Maritimes, et de deux points à la moyenne régionale en 2015 ». Mais cet essor économique, ne bénéficie pas seulement aux zones frontalières, mais aussi aux grandes agglomérations situées à proximité. Nice, par exemple tire son épingle du jeu. 7500 travailleurs de la capitale azuréenne sont employés sur le Rocher. La principauté a donc une particularité bien précise. Celle de compter plus de travailleurs que de résidents. 

Le Rocher, une économie à part 

Hormis un lieu de résidence identique, les frontaliers présentent certaines caractéristiques communes. Tout d’abord, presque la totalité des employés sont issus du secteur privé (90%). Cette information est à mettre en corrélation avec le type d’emploi que propose la principauté. Les emplois dans le tourisme, les banques ou encore les assurances en font une destination particulière. Les postes du secteur tertiaire principalement marchand (hôtellerie – activités financières), c’est-à-dire des activités résultant d’un échange économique, sont surreprésentées au sein du Rocher. 

L’hôtellerie-restauration chez les frontaliers représente 12% des emplois contre 7% dans le département. De même que le secteur de l’assurance et de la finance : 8% d’emploi contre seulement 3% dans les départements voisins. Mais, dans les domaines sociaux, ces employés sont beaucoup moins représentés que dans les régions à proximité. L’enseignement ou encore l’administration en sont témoins. Respectivement 2 et 4% œuvrent dans ces domaines contre 7% et 10% pour la population voisine de Monaco. Le travail frontalier n’explose pas que dans la principauté. Sur la même période, la Belgique et le Luxembourg ont connu une croissance encore plus importante (multiplié par respectivement 3.3 et 5.1). 

Arnaud Lauzerte 

(1) Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et Institut monégasque de la statistique et des études économiques (Imsee) 

Les chiffres à retenir : 

– 75 % des salariés à Monaco vivent dans les Alpes-Maritimes
– 28% des frontaliers vivent à Nice
– 16% des frontaliers travaillent dans « les activités spécialisées, scientifiques et techniques, services administratifs et de soutien » 

 

écrit par La rédaction