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La méthode de l’USM remise en question

SOCIÉTÉ — Le 7 février, l’Union des Syndicats de Monaco a réuni au moins 700 personnes dans le cadre d’une grève interprofessionnelle. Alors que l’USM appelle à inscrire ce mouvement dans la durée, certains jugent les méthodes de cette organisation syndicale trop radicales —

 

« Le droit du travail est sclérosé à Monaco car l’Union des Syndicats de Monaco (USM) dit non à tout ». Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette phrase sort de la bouche… d’un syndicaliste ! Cédrick Lanari, président de la Fédération des Syndicats de Salariés de Monaco (F2SM), conteste ouvertement les méthodes d’action et de négociation de l’USM. Il poursuit sa diatribe : « Il est anormal que plus de 70 ans après la création de l’USM, les droits sociaux des travailleurs aient si peu évolué en Principauté. Des lois qui datent d’après-guerre sont encore en vigueur. La méthode de l’opposition systématique avec les autorités n’est pas la bonne. » Du côté du gouvernement, Didier Gamerdinger, conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé, s’interroge lui aussi au sujet de l’USM : « Cette organisation fait régulièrement des mouvements de revendication. C’est normal. C’est sa façon de s’exprimer. Cela ne me heurte pas, et ma porte sera toujours ouverte pour dialoguer. Pour autant, comment cette centrale syndicale va-t-elle se positionner à l’avenir ? Ce syndicat va-t-il s’extrémiser et aller toujours plus loin dans ses revendications ? Ou va-t-il faire des propositions plus raisonnables qui puissent être suivies d’effet ? ».

Un « prestidigitateur social »

La stratégie du principal syndicat de la Principauté est donc remise en question… La liste des revendications (salaire minimum à 2 250 euros bruts, fin du licenciement sans motif, fin du renouvellement sans limite des CDD, maintien des retraités vivant en France aux caisses sociales monégasques…) est longue. Une question se pose : pour obtenir des avancées, ne faut-il pas privilégier la politique du petit pas ? Christophe Glasser, secrétaire général de l’USM, explique : « Au départ, quand Didier Gamerdinger est arrivé, on s’est dit qu’il fallait faire du pas à pas. Il nous proposait beaucoup de rendez-vous, de concertations. Résultat, il faut le reconnaître, il nous a baladé sur la question du travail de nuit par exemple. En étant dans la discussion, cela ne nous a pas permis d’en obtenir plus. Au contraire. À partir de ce moment-là, nous avons voulu instaurer un certain rapport de force ». Le syndicaliste estime que le conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé s’attarde à faire progresser le droit des employeurs plutôt que celui des salariés. Pour lui, Didier Gamerdinger est un « prestidigitateur social ». Quant aux méthodes jugées radicales par certains, Christophe Glasser balaie le reproche : « Nous sommes loin de la prise de la Bastille ! Nous ne manifestons pas pour prendre le Palais. Nous respectons profondément la Principauté et le Prince mais il y a une vraie précarisation qui s’installe à Monaco ».

Maxime Dewilder

Suite du dossier :

« Les salariés ont droit à des conditions de travail dignes »

 

écrit par La rédaction