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Marie-Claude Beaud
Curieuse infatigable

Article publié dans L’Obs’ n°133 (juin 2014)

CULTURE / Depuis 2009, Marie-Claude Beaud dirige le nouveau musée national de Monaco. Portrait d’une enragée de culture qui n’en a jamais assez.

Quelques jours après l’interview de Marie-Claude Beaud, on reçoit un SMS. Quelques mots simples, pour préciser les choses. Dire qu’elle écoute Jeff Buckley, Billy Corgan et les Smashing Pumpkins. Ou l’artiste sonore et visuel japonais, Ryoji Ikeda. Et aussi ceux qu’elle qualifie d’« inusables », comme Kraftwerk ou la chanteuse béninoise Angélique Kidjo. Comme si les plus de deux heures d’entretien n’avaient pas permis à la directrice du nouveau musée national de Monaco (NMNM) de tout dire.

« Frontière »
« Dans mon travail, j’ai toujours pensé que j’étais un passeur. Et que, par conséquent, ce que je passe et à qui je le passe, c’est plus important que moi. Cela vient de ma famille. Je suis née à Besançon, près de la frontière suisse. Donc proche du passage d’un pays à un autre. Ce qui reste vrai à Monaco, avec une frontière proche. » Née le 22 février 1946 à Besançon, Marie-Claude Beaud grandit avec des parents juristes. Son père, Jean Beaud et sa mère, Raymonde Barbier, ont donc fait des études. Ce qui n’est pas le cas des grands-parents et arrières grands-parents, qui étaient maréchal-ferrant, sourcier, viticulteur, marchand de vins, maçons ou épiciers. Mais peu importe. « C’était des gens formidables. »

Différences
Une exception, toutefois. « La mère de ma mère était institutrice. Elle appliquait la méthode Montessori aux enfants différents, et en particulier les trisomiques. Cette méthode a permis à Geneviève, ma sœur de lait elle-même trisomique, d’être active et indépendante. » Cela ouvre Marie-Claude Beaud à l’autre et à ses différences. A Besançon, sa famille habite près de la prison. Les différences sont partout. Alors dans sa famille, on s’ouvre et on va vers les autres. Où qu’ils soient. « Ma mère était, entre autres, visiteuse de prison. On allait voir les prisonniers avec elle. » A Besançon, Jean Beaud s’occupe du Nid, une association créée en 1946 qui recueille notamment les enfants des prostituées pour leur assurer une éducation.

Scouts
Cette tradition d’ouverture est ancrée depuis longtemps chez ses proches. « Mon grand-père nous faisait mettre un pied côté suisse et l’autre côté français. Il nous demandait : tu sens une différence ? On répondait « non. » Et il nous disait : « Tu vois, la géographie, c’est plus généreux que l’histoire… »» Jean et Raymonde ont cinq enfants, quatre filles et un garçon. Ils vivent en HLM. « Je suis issue d’un milieu modeste où l’argent n’a jamais été premier. Mais on mettait toujours une assiette de plus, au cas où un étranger frappe à notre porte. »
Marie-Claude Beaud suit une scolarité assez classique. « A l’école, je n’étais pas sage. Mais j’étais là. J’avais souvent le prix de camaraderie. Le prix de la pote… J’étais bonne en sport et en français. » A l’époque, ses loisirs sont surtout culturels. « De la culture très populaire. » Et puis, sa mère l’inscrit chez les scouts où elle apprend beaucoup, notamment sur la nature.

Pâtisserie
Assez vite, il faut travailler. Elle a une quinzaine d’années lorsqu’elle se lance. Son premier job : serveuse dans une pâtisserie. Spontanément, elle avoue se souvenir de son premier salaire : 700 francs. Puis, en 1963, elle est embauchée comme documentaliste à l’institut d’histoire de l’art. Elle a 17 ans.
De 1963 à 1968, Marie-Claude Beaud fait ses études universitaires à Besançon, où elle décroche un diplôme d’histoire de l’art et d’archéologie. « Je voulais savoir et comprendre d’où on venait. » En 1964, la rencontre avec l’historien d’art Maurice Besset influence considérablement son parcours. Elle oriente ses études sur l’histoire de l’art moderne et contemporaine. Avant de faire un diplôme d’études approfondies (DEA) à Grenoble.

Frutiger
Formée à Besançon par l’historien d’art Maurice Besset (1921-2008), Marie-Claude Beaud souligne l’importance de cette rencontre. Par exemple, c’est par l’intermédiaire de Maurice Besset qu’elle s’intéresse au graphisme. Il faut dire que Besset est proche d’Adrian Frutiger, qui a notamment imaginé en 1976 la police de caractère qui porte son nom et qui est utilisée à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.
En 1969, Maurice Besset part à Grenoble où il est nommé directeur du musée et professeur à l’université. Il recrute Marie-Claude Beaud comme assistante. A l’époque, le maire de Grenoble est le socialiste Hubert Dubedout (1922-1986). « Un maire qui pensait que la culture était indispensable, comme l’éducation et la santé. C’était une époque incroyable. Le metteur en scène de théâtre, Georges Lavaudant, travaillait pas loin, au Rio, un petit théâtre de quartier où il faisait ses répétitions. » C’est aussi à Grenoble, et pendant les JO, que le ministre des affaires culturelles, André Malraux, inaugure la maison de la culture, le 13 février 1968.

Grenoble
Maurice Besset quitte la direction du musée de Grenoble en 1975. Marie-Claude Beaud lui succède, avec Thierry Raspail au poste de conservateur. Cet historien de l’art a pris la tête du musée d’art contemporain de Lyon, depuis son lancement, en 1984. C’est aussi lui qui imagine en 1991 la biennale d’art contemporain de Lyon, dont il est directeur artistique.
Après un peu plus de deux ans passés à Grenoble, une offre arrive sur le bureau de Marie-Claude Beaud : un poste de conservatrice au musée des beaux-arts à Toulon qu’elle honore de 1976 à 1984. Tout en donnant des cours à l’école d’art et d’architecture à Marseille et à l’université d’Aix-Marseille.

Warhol
Fin 1983, deux nouvelles propositions se présentent : les musées de Marseille et la fondation Cartier. Finalement, elle opte pour la direction de la fondation Cartier où elle débute en mai 1984. Avec une ouverture en octobre 1984 à Jouy-en-Josas (Yvelines), près de Versailles. Et quelques expositions très marquantes. Notamment en 1990 avec le décryptage des liens qui unissent Andy Warhol (1928-1987) et le groupe de rock américain Velvet Underground qui se reforme de 1992 à 1994. Créé en 1964, le Velvet Underground était aussi produit par la Factory de Warhol, un atelier d’artistes à New York.

« Liberté »
A la fondation Cartier, les règles du jeu sont claires. « La fondation est d’abord un outil de communication. Mais il y a une séparation totale entre les produits Cartier et les expositions de la fondation. Ma seule obligation était de faire une exposition « grand public », une fois par an. Pour le reste, j’avais carte blanche. Comme à Grenoble, j’ai donc trouvé une grande liberté. » De 1984 à 1994, Marie-Claude Beaud installe des artistes en résidence, propose des spectacles vivants et met en place des expositions de haut niveau. Du coup, difficile pour elle de retenir un seul moment dans cette période très riche : « Andy Warhol m’a marquée. Pouvoir toucher Lou Reed et le Velvet Underground via Andy, c’était fort aussi. Il y a aussi eu Cesar, l’artiste irlandais James Coleman, le congolais Chéri Samba, l’américain James Turrell… Jean-Michel Othoniel a aussi été invité en résidence à la fondation. »

20 000 m2
Autre gros chantier : l’installation de la fondation Cartier dans un nouveau bâtiment, situé sur le boulevard Raspail, à Paris. La réflexion débute au milieu des années 1980, avec le célèbre architecte Jean Nouvel. Après 10 ans passés à Jouy-en-Josas, la fondation emménage en 1994 dans un immeuble de verre et de métal.
C’est aussi en 1994 que Marie-Claude Beaud se lance dans une nouveau pari : elle prend la direction générale de l’American Center à Paris. Construit dans le parc de Bercy par l’architecte canadien Franck Gehry et inauguré en juin 1994, l’American Center s’étend sur 20 000 m2. A l’intérieur, des espaces sont imaginés pour la musique, le théâtre, le cinéma, des expositions, des conférences… Bref, une sorte de maison de la culture.

« Techno »
C’est dans ce cadre que Marie-Claude Beaud coproduit avec Radio FG le festival de musique électronique Global Tekno. Pas illogique dans la mesure où elle dit s’être toujours intéressée au « son » : « J’ai beaucoup voyagé aux Etats-Unis, donc je connais assez bien la scène musicale américaine. L’art n’est pas un truc à part qui se passe uniquement dans les musées. Les artistes de la vidéo sont proches des artistes du son. Et inversement. »
Au milieu des années 1990, Radio FG contacte donc Marie-Claude Beaud : « Radio FG militait pour une culture de qualité, populaire et ouverte sur la techno. Radio Nova était dans le même esprit. Je considère que dans le milieu de la techno, il y a de vrais artistes. » Très proche du fondateur des Inrockuptibles, Christian Fevret, avant qu’il ne vende ce magazine culturel en mars 2010 à Matthieu Pigasse, elle connait donc bien le milieu de la musique. « J’ai apporté un lieu, de l’argent et j’ai facilité l’accès à certains artistes. » Elle apporte aussi le nom du festival : « Global Tekno, c’est moi. J’adore trouver ce genre de termes. Soirées nomades à la fondation Cartier, c’est moi aussi. Ou Design Parade à Hyères. »

Licenciements
Mais l’American Center ne décolle pas. En janvier 1995, Marie-Claude Beaud s’inquiète et lance une première alerte. En janvier 1996, l’American Center ferme et devient itinérant. Les salariés sont licenciés et le bâtiment de 20 000 m2 est mis en vente. « J’ai dû licencier une quarantaine de personnes, moi y compris. On s’est battu pour retrouver du boulot à presque tout le monde. Et on y est arrivé. » Interrogée sur les raisons de cet échec par Libération le 29 janvier 1996, elle déclare : « Je pense qu’il y a eu erreur de timing. La conception de l’American Center [était calé] sur un concept des années 1960, celui des maisons de la culture en France. En 30 ans, l’économie de la culture n’a-t-elle pas fondamentalement changé ? »

« Bourses »
Depuis, l’American Center est devenu la Fondation for Art Initiative. Marie-Claude Beaud fait toujours partie de la direction. « On se voit trois fois par an. Et on donne des bourses à des artistes, des critiques d’art qui ont besoin de voyager pour leurs projets. Il y a aussi des bourses pour les projets. Ou des bourses d’urgence comme après le passage de l’ouragan Katrina en août 2005 pour aider à financer la biennale de la Nouvelle-Orléans. » Même chose pour la fondation Cartier dont elle est toujours membre du conseil d’administration. Logique. « On ne s’est pas quitté fâché. »

BD
En 1996, Marie-Claude Beaud rebondit à la tête des musées de l’Union Centrale des arts décoratifs. L’occasion de gérer d’énormes collections, pour des institutions comme le musée Nissim de Camondo, le musée des arts décoratifs, le musée des arts de la mode et du textile ou le musée de la publicité. Il faut dire que Marie-Claude Beaud a toujours été intéressée par le design, l’architecture ou la bande dessinée (BD). « Quand j’étais à Grenoble, j’avais d’ailleurs commencé à monter une collection de BD originales. Avec des auteurs comme Guido Crepax (1933-2003) ou Philippe Druillet par exemple. » Aux arts décoratifs, elle retrouve donc ce mélange entre design et mode qu’elle aime. « En France, il y a parfois ce côté un peu méprisant selon les arts. Avec la peinture tout en haut, ensuite la sculpture, le dessin… Pour arriver aux arts décoratifs tout en bas. Et je ne parle même pas de la BD… » Pourtant, malgré son intérêt et même son enthousiasme, cette expérience prend fin plus tôt que prévu. On est en 1999. « Je ne suis pas parisienne. Je n’ai pas compris. Je n’ai pas su. Gérer 300 personnes, je ne sais pas faire. Je suis « famille. » Alors je suis partie. Parce que je n’arrivais pas à m’adapter à la structure. Et la structure ne s’adaptait évidemment pas à moi… Ça m’a détruite, parce qu’au fond, c’était un musée pour moi. »

MUDAM
La même année, Marie-Claude Beaud se voit proposer le poste de directrice du futur musée d’art moderne Grand-Duc-Jean (MUDAM). Elle accepte et débute en janvier 2000 une mission longue et difficile, puisque l’ouverture a lieu en juillet 2006 avec l’exposition Eldorado. Après avoir travaillé avec l’architecte Jean Nouvel, puis Frank Gehry, elle collabore cette fois avec l’architecte américain d’origine chinoise, Ieoh Ming Pei qui a notamment conçu la pyramide du Louvre.
Sur place, elle découvre « un vrai pays européen » très multiculturel, avec une forte communauté portugaise, coincé entre la Belgique, la Hollande, l’Allemagne et la France. Sans lieu pour exposer, elle trouve une solution : « Je n’ai pas hésité à squatter des banques. Notamment la banque du Luxembourg qui a mis à disposition son hall dans lequel j’ai pu faire un projet-performance avec le créateur Maurizio Galante (1). Mais aussi la musique, le son et les arts visuels. »

© Mauro Magliani & Barbara Piovan 2012

« Brutal »
En 2005, la princesse Caroline demande à Marie-Claude Beaud de prendre la direction artistique du prix d’art contemporain de Monaco. Elle accepte et vient donc temporairement en principauté. Avant de se voir proposer la direction du NMNM. A l’été 2008, elle est informée que l’extension en mer envisagée à Fontvieille ne se fera pas. Et que, du coup, la villa Paloma deviendra un musée à part entière, au même titre que la Villa Sauber. En avril 2009, elle succède à Jean-Michel Bouhours et se lance donc à Monaco. « Une fois que les choses roulent, ça me convainc moins… A Luxembourg, après l’ouverture du musée en juillet 2006, tout fonctionnait. Ma mission était accomplie. Je pouvais donc accepter une nouvelle mission, en principauté cette fois. » Quant au remplacement de Bouhours, elle admet que cela a été « un peu brutal. Ca a été un peu compliqué pour lui. »

M2
En principauté, la tâche est immense. Car il n’y a pas que les collections du NMNM. Il y a aussi les collections du palais princier, de l’Etat, de l’ancien musée des beaux-arts ou de la société des bains de mer (SBM). Il a donc fallu s’organiser. « On a fait deux pôles. Un pôle de 500 m2 consacré aux arts du spectacle, à la Villa Sauber. Et un autre pôle de 500 m2 tourné vers les territoires, qui donne une notion de l’autre et des civilisations, à la Villa Paloma. » Dans les deux villas, les jardins sont aussi exploités. « En tout, on a à peu près 1 000 m2 sur deux lieux différents. Idéalement, un espace supplémentaire de 1 000 m2 serait parfait. Mais je ne rêve pas : il est très difficile de trouver des m2 disponibles en principauté. » Pour stocker les œuvres, deux solutions ont été trouvées. La réserve pour les beaux-arts se trouve en France. Alors que pour la SBM, les arts du spectacle sont stockés à l’auditorium Rainier III. « C’est là que l’on restaure pour environ 100 000 euros de costumes par an. » Parce que chaque m2 est précieux.

« Handicapés »
Un constat qui n’empêche pas les projets. « Il faudrait complètement restaurer la Villa Sauber avec l’aide de l’Etat ou de généreux donateurs. Car elle est en mauvais état. Et aussi parce que cette villa n’est pas accessible aux handicapés, contrairement à la Villa Paloma. »
Pour doper la renommée du NMNM, Marie-Claude Beaud a misé sur une stratégie simple : des expositions de niveau international. Objectif : toucher un public aussi large que possible, en dehors de Monaco. Localement, Marie-Claude Beaud explique qu’elle aime travailler avec les autres structures culturelles de la principauté : les ballets de Jean-Christophe Maillot, le printemps des arts de Marc Monnet, l’école supérieure d’arts plastiques Bosio…

Mécènes
Arrivée en pleine récession budgétaire, Marie-Claude Beaud dispose d’un budget global annuel de 3,4 millions d’euros pour assurer le fonctionnement du NMNM avec 27 salariés. L’association des amis du NMNM et quelques mécènes ont aidé à produire certaines œuvres, mais aussi à financer des voyages, quelques expositions ou à éditer des catalogues.
En arrivant à Monaco, en avril 2009, Marie-Claude Beaud déclare à la presse : « Je veux donner une image forte aux arts plastiques. » Cinq ans après, c’est réussi ? « Pas autant que je voudrais. Je pense toujours qu’on peut mieux faire. Mais, on a un peu plus remis Monaco dans le circuit international. Notamment avec des expositions patrimoniales, comme les ballets russes. Ou La carte d’après nature avec l’artiste allemand Thomas Demand. En amont, mon prédécesseur, Jean-Michel Bouhours, avait fait un joli travail centré sur les collections publiques de Monaco, avec Acte I et Acte II, ou encore la monographie de Kees Van Dongen (1877-1968) par exemple. Ce qui m’a permis de plus me concentrer sur l’international. »

Scientifique
De 1969 à 2014, on demande à Marie-Claude Beaud de faire un bilan. Elle réfléchit. Et lance : « Je dirais : encore ! » Chez elle, c’est toujours la culture qui prend le dessus. « La création artistique est une forme de résistance. Par les temps qui courent, on en a vraiment besoin… »
Cette célibataire sans enfant avoue prendre peu ou pas de vacances. Lorsqu’elle ne travaille pas, elle cultive son jardin et écoute la radio. Plus rarement, elle cuisine un peu aussi. Sinon elle marche. « Et puis je nage quand il fait beau. Et j’écoute de la musique. » Elle dit aimer les chanteurs avec des textes « intéressants », comme Gérard Manset ou Patti Smith. Jeff Beck et Joseph Arthur aussi. Mais aujourd’hui, les artistes qui intéressent le plus Marie-Claude Beaud sont ceux qui sont proches du milieu de la recherche scientifique. « On est peut-être le premier musée du monde à avoir acheté une œuvre de nanotechnologies : le nano musée du nouveau musée national de Monaco, de Michel Paysant. »
Lorsqu’on lui demande ses principales qualités et ses défauts, elle rit : « Je suis une chieuse ! Non, plus sérieusement, ma principale qualité, c’est de ne pas lâcher. Et mon principal défaut, c’est aussi de ne pas lâcher… » On s’en doutait un peu.
_Raphaël Brun

(1) Né en 1963 à Latina, à 70 km au sud de Rome, Maurizio Galante est un créateur diplômé de l’académie du costume et de la mode de Rome. Il a aussi étudié l’architecture. Il s’est imposé comme couturier, designer, scénographe et même jardinier-paysagiste.

Projet/
Florence en 2015

Le peintre et inventeur Antoine Hercule Romuald Florence (1804-1879), né à Nice d’une mère monégasque, devrait être à l’honneur au NMNM en octobre 2015. Célèbre pour être l’un des précurseurs de la photographie au Brésil, il a aussi inventée la zoophonie, un système qui permet la transcription de sons venus de la forêt amazonienne, notamment des chants d’oiseaux. « Pour préparer cette exposition, il a fallu partir au Brésil pour rencontrer les descendants. La famille est venue à Monaco. Ils ont des archives incroyables qui n’ont jamais été montrées. Même chose pour l’expédition au Brésil du naturaliste et explorateur russo-allemand Georg Heinrich von Langsdorff (1774-1852) financée par le tsar de Russie, à laquelle Florence a participé », se réjouit Marie-Claude Beaud. Des artistes et des chercheurs au Brésil et en Russie devraient participer à la mise en place de cette exposition.