Meeting-UDM-27-sept-2012

L’UDM fait ses primaires

POLITIQUE / A l’image de ce qui a été fait par plusieurs partis politiques en Europe, le 27 septembre l’Union des Monégasques a organisé ses primaires. Retour sur cette soirée.

Depuis le 3 octobre, la pré-campagne est ouverte. Alors que la liste concurrente Horizon Monaco présentait ses candidats le 27 septembre, pendant ce temps l’Union des Monégasques (UDM) organisait des primaires. Adhérents, alliés de l’Union nationale pour l’avenir de Monaco (UNAM) et sympathisants s’étaient donnés rendez-vous au Monte-Carlo Bay. Prévue à 19h30, la soirée n’a vraiment débuté qu’aux alentours de 20 heures. En cause, une forte affluence, qui a obligé les organisateurs à ajouter quelques chaises pour accueillir un peu plus de 300 personnes. Dans le public, 311 adhérents venus voter pour choisir 16 candidats sur les 21 présents sur la liste initiale. Sans oublier 43 autres adhérents qui votaient par procuration. Mais avant de passer au vote, chaque candidat disposait de 3 minutes pour se présenter et définir ses motivations. Une fenêtre de parole relativement courte qui ne permet pas toujours de développer ses idées en profondeur. Suffisant tout de même pour essayer d’accrocher l’attention. Et surtout, convaincre.

« Fier »
De discours en discours, l’ensemble des candidats s’est accordé pour saluer « le travail accompli » par les élus UDM et UNAM au cours des cinq années passées. Tout en abordant quelques sujets d’actualité. Exemple : le président de l’UDM, Gérard Bertrand, a ainsi relevé l’importance du « vote sur le droit de mutation, qui génère des recettes conséquentes », et a assuré vouloir « continuer à œuvrer avec cette équipe. » Autre élu UDM, Jean-Charles Gardetto a promis d’être toujours aussi « déterminé, avec une équipe solide, afin de défendre les Monégasques et de préserver leurs acquis et avantages. » La doyenne du conseil national, l’UDM Nicole Manzone-Saquet, véritable star de la soirée si l’on se fie au tonnerre d’applaudissements qu’elle a reçu, a justifié sa nouvelle candidature en pensant « avoir respecté mes engagements auprès de vous mesdames. » Notamment « dans la parité homme/femme au sein de la famille ». Enfin, Bernard Marquet s’est dit « fier de notre bilan et fier que l’UDM ait encore de belles idées pour les Monégasques et notre identité forte. »

Education
Parmi les thématiques affichées par les candidats de l’UDM, celles concernant l’avenir et la jeunesse sont revenues à plusieurs reprises. Certains prétendants à l’investiture ont d’ailleurs beaucoup insisté. C’est notamment le cas de Raphaël Rigoli, 38 ans, ex-Rassemblement pour Monaco (RPM) : « Je veux que mon fils connaisse Monaco comme je l’ai connu, dans un environnement sécurisé, avec des avantages liés à nos spécificités. » Comme l’avenir des jeunes, l’éducation a aussi été un sujet qui est revenu plusieurs fois sur le devant de la scène. Notamment chez des femmes qui ont travaillé dans l’éducation monégasque. Pascale Olivié-Dastakian, secrétaire générale de l’UDM, a mis en avant sa volonté de s’engager « dans l’éducation, la jeunesse, le rôle de la femme. Sans oublier la place accordée aux anciens. » Alors que Jocelyne Béraudo, ex-professeur de droit et d’économie, voit dans son entrée en politique un moyen d’œuvrer « dans le domaine éducatif et de faire en sorte que nos enfants aient un avenir à Monaco. »

« Jeunesse »
Mais assurer un avenir à « la jeunesse de ce pays qui prendra la relève », comme le dit Jean-Charles Gardetto, cela passe aussi par la stabilité financière. Voilà pourquoi cet élu a précisé au cours de son allocution que la principauté a « besoin d’une économie saine et dynamique » et d’un « budget à l’équilibre. » Avant de rappeler qu’il existe de vraies raisons de ne pas céder au catastrophisme, malgré la crise, parce que « Monaco n’a pas de dette publique aujourd’hui, au sein d’une Europe qui tire le diable par la queue. » Une formule très appréciée par le public.
Autre candidate déclarée, Alberte Escande a justifié son engagement en faveur de l’UDM, en expliquant que c’est pour elle le groupe politique qui « restera uni pour préserver l’économie et l’harmonie de notre pays. » Une unité entre un parti et ses partisans sur laquelle a insisté Claude Cottalorda : « L’UDM est un parti qui travaille dans l’intérêt de tous les Monégasques. » Guillaume Rose, ancien membre fondateur de l’Union pour la principauté (UP) a évoqué le travail effectué au conseil national par la majorité : « Au conseil national, nous parlons en votre nom, au nom des Monégasques, au nom des résidents, mais aussi des travailleurs. » Jean-François Robillon, tête de liste et actuel président du conseil national, est même allé plus loin, en souhaitant que « les politiciens et les combinards passent leur chemin. Le conseil national appartient aux Monégasques et il est à leur service. »

« Dignité »
Si pour certains l’aventure entamée le 27 septembre dernier est un nouveau chapitre de leur vie, à l’image de Gilles Pagès, qui souhaite « s’engager dans cette nouvelle aventure », d’autres repartent au front. Sans oublier d’égratigner leurs adversaires. Ainsi, Gérard Bertrand a souligné la force dont a fait preuve l’UDM lors « des turbulences provoquées par le départ en cours de mandat de Stéphane Valeri. » Bernard Marquet a lui aussi eu une pensée pour le camp d’en face : « Nous ne vous avons pas abandonné en cours de route, comme certains. Nous n’avons pas changé de cap, comme d’autres. […] Pendant que certains se contentent de vous donner la parole, nous en plus, nous vous laissons choisir vos représentants. »
Le mot de la fin est revenu à la tête de liste Jean-François Robillon qui a rendu hommage à un autre élu UDM, Alexandre Bordero, qui a décidé de ne pas se représenter pour 2013. Tout en suscitant les applaudissements de la foule, lorsqu’il a lancé : « Le prince a demandé que la campagne soit digne. Je pense que nous avons fait preuve de dignité. Et j’espère que la campagne le restera. Mais je ne suis pas persuadé que de l’autre côté il y ait cette même dignité… »
_Romain Chardan

 

>Les candidats

Jocelyne Béraudo, Valérie Bernard, Gérard Bertrand, Claude Cellario, Claude Cottalorda, Danielle Daumerie, Michèle Dittlot, Alberte Escande, Jean-charles Gardetto, Pierre Lorenzi, Nicole Manzone-Saquet, Bernard MArquet, Roland Marquet, Fabrice Notari, Pascale Olivié-Dastakian, Philippe Orecchia, Gilles Pagès, Guillaume Rose, Jean-François Robillon, Raphaël Rigoli, Bernard Pasquier. *
*A noter que la liste définitive de 24 noms devrait être révélée le 23 octobre.