OPMC-Juin-2013-Alain-Hanel

« L’orchestre a connu des moments extrêmement difficiles »

CULTURE / Y a-t-il un malaise à l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo (OPMC) ? Certains musiciens se plaignent en estimant que l’orchestre est en sous-effectif, tout en contestant la nomination de Gianluigi Gelmetti à la tête de la direction artistique (voir L’Obs’ n° 125).

Pour Jean-Louis Grinda, élu indépendant du conseil national, membre d’Union monégasque (UM) et directeur de l’Opéra de Monte-Carlo, il ne faut pas oublier que « l’orchestre a connu des moments extrêmement difficiles. » Avec le départ précipité du chef Marek Janowski, puis l’arrivée de Jakov Kreizberg et « l’issue dramatique que nous connaissons », avec son décès en mars 2011. Et puis, il y aussi « cette crise mondiale qui a impitoyablement conduit à des restrictions budgétaires dans tous les secteurs, ajoute Grinda. L’orchestre a vu sa dotation gouvernementale diminuer. Sa seule marge de manœuvre était donc d’agir sur la masse salariale. Personne ne voulant de licenciements, il a donc été décidé de ne pas remplacer les musiciens partant à la retraite ou les départs volontaires. Ce qui a non seulement conduit à une diminution du nombre de musiciens, mais aussi à un déséquilibre au sein des pupitres. » C’est dans ce cadre « compliqué » selon Grinda, que Gianluigi Gelmetti a pris ses fonctions de chef référent, puis de directeur artistique, à la demande de la princesse Caroline : « La longue expérience internationale du Maître Gelmetti me laisse penser qu’il est aujourd’hui l’homme de la situation. Je dirai même que sa tâche est particulièrement ingrate. Mais je suis persuadé qu’il saura préparer l’avenir que notre orchestre est en droit d’attendre, estime ce membre d’UM. Pour ma part, je suis absolument opposé à toute réduction de l’effectif initial de l’orchestre. Pas pour des raisons démagogiques, mais pour des raisons artistiques et politiques. » De son côté, Daniel Boeri, président Horizon Monaco (HM) de la commission culture et patrimoine, rappelle que « le nombre de représentations et de répétitions est passé de 337 en 2010 à 388 en 2012, soit près de deux par jour ouvré. C’est une véritable charge de travail », rappelle cet élu de la majorité._S.B.