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« L’intérêt est le même depuis 1956 »

MEDIAS/On dit souvent que Monaco est une monarchie de substitution pour les Français. Le journaliste et écrivain italien Alberto Toscano (1) évoque la relation qu’ont les Italiens avec la Principauté.

 

Comment les Italiens voient Monaco ?
Les Italiens aiment Monaco. Parfois ils l’aiment mal et ont du mal à comprendre les réalités du pays. Monaco, ce n’est pas que le stress et les paillettes ou encore le casino.

Il y a aussi des liens historiques très forts ?
Le nom Grimaldi fait partie de notre histoire commune. Le village de Grimaldi est à côté de la frontière. La langue monégasque est liée à l’actuelle Ligurie. A Monaco, la présence italienne est très forte. Les ouvriers italiens ont contribué à bâtir le Grimaldi Forum ou la nouvelle gare, les entrepreneurs sont nombreux… Sans oublier qu’avec le nom Casiraghi, la présence italienne est ancrée dans la mémoire et l’ADN de la famille princière.

Les Italiens s’intéressent-ils à ce qui concerne la famille princière ?
Enormément. La naissance des jumeaux est suivie par toute la presse, qu’elle soit sérieuse ou people. L’intérêt pour Monaco est le même depuis le mariage du prince Rainier en 1956. La mort du prince Rainier a été traitée par tous les grands titres. J’ai moi même participé à un débat sur les ondes de la Rai. Le prince Albert a une bonne image. Il parle italien et participe à des événements de haut niveau en Italie.

Quel est le rapport à la monarchie des Italiens ?
Même sur le terrain du “gossip”, les Italiens n’aiment pas parler de leur propre monarchie. Plus ils étudient leur propre histoire, plus ils se rendent compte que l’attitude de leur roi Victor Emmanuel III était pour le moins ambiguë lors de la naissance du fascisme. Il a signé les lois raciales en 1938, s’est enfui à la fin de la guerre dans des conditions qui ne sont pas dignes. Les Italiens ont quelque part refoulé cette partie de leur histoire. En revanche, il y a une presse ad’hoc qui suit assidument les monarchies au pouvoir (norvégienne, danoise, britannique et espagnole).

Comment le journaliste politique que vous êtes perçoit-il le régime monarchique ?
Pour n’importe quel régime politique, l’important est qu’il marche ! Et à Monaco, il marche. Dans la mesure où les Monégasques gèreront parfaitement leur système politique, ce système sera respecté. On ne peut pas imposer à une population un régime qu’elle ne veut pas.
_Propos recueillis par Milena Radoman

(1) Alberto Toscano, auteur de Sacrés Italiens (Armand Colin), était l’invité du Monaco Press Club en décembre.

écrit par Milena