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Les réserves inédites du NMNM

EXPOSITION/Le Nouveau Musée National de Monaco présente le premier volet de sa nouvelle exposition Construire une collection à la villa Paloma jusqu’au 7 juin prochain. L’idée : mettre en valeur une sélection d’œuvres acquises depuis 10 ans.

 

«Depuis la création du nouveau musée en 2003, les directeurs Jean-Michel Bouhours puis Marie-Claude Beaud ont eu la volonté de conserver du patrimoine mais aussi d’acheter l’art d’aujourd’hui. On avait envie de faire un point pour montrer ce qui a été acquis depuis une dizaine d’années », résume Célia Bernasconi, commissaire de l’exposition, Construire une collection. Depuis le 22 janvier, une vingtaine d’œuvres est présentée à la villa Paloma. De l’art contemporain qui met en exergue les plus belles signatures de la discipline tout en laissant leur chance à quelques jeunes artistes. « Pas de chronologie dans la présentation de ce travail mais plutôt une espèce de vision poétique de ce que font les artistes autour du thème de la nature », indique Célia Bernasconi. Sur ce bel et grand espace, « on a essayé de respecter l’univers de chaque artiste. Nous exposons des œuvres qui par leur nature demandent de l’espace. On a voulu que ça respire. »

 

Anish Kapoor Pot for her 1985 © NMNM Andrea Rossetti

Inédit

Sur trois étages, une succession d’œuvres déconcertantes. Des photographies, des objets, des vidéos explicités dans un guide fourni à l’entrée du musée pour la visite. En complément d’information, des médiateurs se tiennent à la disposition des amateurs. Le rez-de-chaussée comme bibliothèque fournit à l’aide de livres, reportages et portraits d’artistes, une énième façon d’en savoir plus… Dès le premier étage, on tombe nez à nez avec deux photographies presque irréelles du belge Geert Goiris. Notamment Abyss, un cliché d’un paysage islandais récemment acquis par le musée et surtout l’un des deux seuls exemplaires visibles dans le monde. Pour les visiteurs, il y a donc la chance de découvrir des œuvres rares et inédites. A l’image de celles de Rebecca Horn, artiste allemande, dont les performances de Land art datant des années 1970 représentent les toutes premières acquisitions jamais exposées du NMNM.

 

Michel Blazy Ver dur 2000 © NMNM Andrea Rossetti

Regard rétrospectif

Question étonnement, le travail de Michel Blazy, né à Monaco en 1966, fera lui aussi naître nombre de questionnements dans la tête du spectateur. Sa vraie fausse peau de bête en est un bon exemple. Constituée de coton, tapioca, jus de betterave et crème au chocolat, elle a été acquise en 2004. Un peu plus loin, c’est le squelette d’un reptile qu’il a voulu représenter à l’aide de biscuits pour chiens ! Et on atteint « la pièce maîtresse de l’exposition » selon l’une des commissaires de l’exposition. Celle de l’artiste indien Anish Kapoor qui vient d’être consacré lors d’une grande exposition au Grand Palais de Paris. « C’est une des pièces les plus anciennes de cet immense sculpteur que l’on expose », se réjouit Célia Bernasconi. Acquise grâce à la donation d’un membre de l’association des amis du musée. « Pot for her date de 1985. Il a une forme mystérieuse et de la couleur qui joue sur une forme organique et marine lié au corps féminin », détaille la commissaire d’exposition.

 

Daniel Steegmann Mangrané 2014 © NMNM Andrea Rossetti

La seule œuvre qu’on peut toucher

Nouvel étage, nouvelle découverte avec le prometteur Daniel Steegman Mangrané. Un artiste barcelonais de 35 ans qui a pris ses quartiers au Brésil. « Au deuxième étage, on voit tous les médias différents qu’un même artiste peut utiliser. Daniel est un artiste qu’on a envie de suivre et d’encourager », poursuit la jeune femme. Son travail souligne les troubles correspondances entre des formes organiques et géométriques. C’est pourquoi 4 rideaux colorés en aluminium sont disposés les uns près des autres. On peut les traverser, les toucher. Chose rare dans les musées. Non loin de cet artiste en devenir, une performance vidéo détonante de Gary Hill. L’artiste américain se met en scène dans un laboratoire où il construit une molécule de LSD. Au dernier étage, la sculpture sonore de Pascal Broccolichi, professeur son de la villa Arson à Nice, finira de convaincre de l’extraordinaire diversité des œuvres proposées. « On a cherché à construire un ensemble cohérent, quelque chose qui peut faire sens pour un musée. Notre but, c’est qu’il y ait de plus en plus de monde qui viennent ». Et en sortant, on ne manquera pas de remarquer la toute dernière acquisition du NMNM, un érable de 15 ans qui, à chaque printemps, est recouvert de feuilles d’or. « C’est une œuvre d’art vivante qui va grandir avec le musée », sourit Célia Bernasconi.

 

Daniel Steegman Mangrané Espaço Avenca 2014 © NMNM Andrea Rossetti

Infos pratiques : A la villa Paloma jusqu’au 7 juin. Entrée 6 euros. Ouvert tous les jours de 10 heures à 18 heures jusqu’au 31 mai et de 11 heures à 19 heures du 1er au 7 juin. Renseignements : + 377 98 98 48 60 ou www.nmnm.mc

écrit par AnneSophie