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Les fringales alimentaires : comment s’en libérer ?

SPORT-SANTÉ/Docteurs en science du mouvement humain, Mélanie Emile et Jérôme Vaulerin vous donnent quelques conseils pour identifier et limiter vos fringales alimentaires.

 

Vous faites parties des personnes qui grignotent à la moindre occasion et qui mangent pour compenser et/ou apaiser toutes sortes de problèmes émotionnels ou comportementaux tels qu’une période de stress au travail, l’anxiété ou la dépression, la fatigue ? Vous êtes sujets à des sautes d’humeurs inexpliquées et incontrôlables ? Ces comportements alimentaires sont dictés uniquement par vos émotions et cherchent à compenser un manque. Par exemple, un individu stressé par son travail aura tendance à manger des produits plutôt sucrés ou boire un verre d’alcool pour décompresser, et utiliser la nourriture comme un échappatoire puisque celle-ci nous procure du plaisir. Tous ces comportements pourraient s’expliquer par des carences en certaines substances chimiques (neurotransmetteurs) au niveau de votre cerveau, ce qui générerait un manque et induirait des fringales.

Antidépresseur naturel

Les neurotransmetteurs sont composés d’acides aminés (AA). On en compte pas moins de 22 dans nos protéines alimentaires. La viande, le poisson, et les œufs contiennent ces 22 AA dont les 9 AA essentiels. D’autres sources non négligeables sont les légumineuses et les céréales. Toutefois, ils ne contiennent qu’une partie de ces AA essentiels, d’où l’intérêt de combiner les deux sources (exemple, manger des pâtes complètes avec des petits pois). Des chercheurs ont mis en évidence 4 neurotransmetteurs responsables de notre humeur : les catécholamines ou CATS (dopamine, adrénaline, et noradrénaline) qui sont des stimulants naturels qui nous donnent de l’énergie, le GABA (acide gamma-amino-butyrique) est un sédatif naturel qui permet de nous apaiser et de nous calmer, les endorphines qui sont des analgésiques naturels (anti-douleurs), et la sérotonine identifiée comme étant un antidépresseur naturel qui régule notre sommeil, nos humeurs et permet d’être toujours positif. Certains aliments jouent le même rôle que ces neurotransmetteurs, les glucides par exemple, et plus particulièrement le sucre agit comme des drogues au niveau de notre cerveau, il provoque à la fois une sensation de bien-être, nous apaise et nous donne de l’énergie. Toutefois, consommer trop de produits sucrés induit une prise de poids. Ainsi, notre état émotionnel et nos comportements dépendraient de ce que nous mangeons, et le fait de consommer ces « aliments-drogues » affaibliraient notre cerveau et créeraient une certaine dépendance.

Epuisement des réserves

De nombreux facteurs expliqueraient ces carences. En effet, l’exposition à un stress prolongé épuiserait nos réserves naturelles de stimulants, d’antidépresseurs, et de calmants. Il semblerait également que la consommation d’aliments ou de boissons dits de substitution comme le sucre, les féculents, l’alcool et la consommation de médicaments et de drogues à répétition ralentiraient la production de ces neurotransmetteurs. Une alimentation pauvre en protéines ne permettrait pas de maintenir un état émotionnel convenable. Les personnes suivant un régime végétarien, végétalien ou vegan doivent être suivies par un médecin ou une diététicienne afin d’éviter toutes carences en AA. Enfin, le facteur génétique est à prendre en compte, certains gènes prédisposeraient notre cerveau à produire une quantité plus ou moins variable selon les individus de neurotransmetteurs.

Diagnostic

Vous souhaitez faire un point sur vos neurotransmetteurs ? Voici quelques symptômes qui permettront de poser un diagnostic et d’identifier vos carences en un ou plusieurs neurotransmetteurs.

• Vous êtes attirés par le sucre, l’alcool, des sautes d’humeurs (sensible et pleure facilement), vous mangez pour vous sentir mieux, ou encore vous fumez pour compenser un manque et/ou déstresser, ou vous consommez des drogues ? Vous êtes en carence d’endorphines. L’acide aminé phénylalanine soulagera votre douleur mentale et physique.

• Des fringales de sucres, d’alcool, une instabilité émotionnelle (crise de nerf) ? Vous êtes en carence de carburant pour le cerveau, un apport en acide aminé L-glutamine permettra de réguler cette carence.

• Vos fringales surviennent surtout dans l’après midi ou dans la soirée, vous avez tendance à faire de la dépression, être anxieux, négatif ? Vous avez du mal à vous endormir ou pire à être insomniaque, vous avez une faible estime de vous et êtes souvent irritables ou en colère ? Vous êtes en carence de sérotonine et de mélatonine, pour y remédier un apport suffisant d’acides aminés notamment en tryptophane et mélatonine.

• Vous avez du mal à vous détendre, vous êtes tendus et crispés au bord de l’épuisement ? Vous êtes en carence de GABA.

• Vous manquez d’énergie, de motivation, de concentration et êtes déprimé ? Vous êtes en carence de CATS, la tyrosine et la phénylalanine vous redonneront l’énergie et la motivation dont vous avez besoin. Pensez également à l’activité physique qui permet de sécréter la dopamine (hormone du bien-être).

Si vous êtes dans un ou plusieurs de ces cas, demandez conseils à un médecin ou à une diététicienne, ils seront à même de vous faire passer des tests. Il est important d’avoir une alimentation variée et équilibrée, la consommation de produits sucrés et d’alcool doit être occasionnelle et avec modération. Une attention particulière pour ceux qui ne consomment pas ou peu de protéines surtout animales. De plus, nous vous recommandons de pratiquer une activité physique régulièrement.

écrit par La rédaction