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« Le théâtre des Muses a trouvé sa place »

CULTURE / Ouvert il y a un peu plus d’un an dans le quartier des Moneghetti, le théâtre des Muses, a dévoilé sa saison 2013-2014.

L’aventure de la comédienne Anthéa Sogno a commencé il y a plus d’un an. Son pari ? Transformer un vieux four à pain, situé au 45 boulevard du jardin exotique, en salle de spectacles avec une centaine de places. Après trois ans de travaux, l’endroit est totalement métamorphosé. L’ancienne boulangerie est alors devenue un séduisant petit théâtre intime à la déco très soignée : fauteuils de velours rouge, mobilier style Belle Epoque et pierres apparentes sur les murs.

« Fidèles »
Un an après l’inauguration, la directrice artistique des lieux se dit « très satisfaite. » « Nous avons trouvé un vrai public. Cela dépasse toutes mes attentes. Le théâtre est devenu un lieu familial. On sent qu’il y a un réel attachement d’un bon nombre de spectateurs qui sont devenus des fidèles. Ils nous soutiennent et sont présents à presque toutes nos pièces. Bref, ce théâtre a véritablement trouvé sa place dans la ville. » Une offre théâtrale qu’elle qualifie de « complémentaire » à celle proposée par le Théâtre princesse Grace (TPG). « Il est évidemment difficile pour nous de faire venir des grands noms en raison de la jauge de notre théâtre, du manque de place en termes de décors, mais aussi pour des raisons budgétaires. » Qu’importe. L’intimité qu’offre le théâtre des Muses et les pièces jouées par des troupes exclusivement professionnelles ont suffi pour conquérir les spectateurs monégasques.

Anthea Sogno

« Rentabilité »
Celle qui avouait avoir dépensé « une petite fortune » sans révéler le montant exact pour créer ce théâtre, indique aujourd’hui qu’il est « encore compliqué de parler de rentabilité. Car nous ne bénéficions pas d’aide financière de l’Etat. » Un constat qui n’entache pas la motivation de la comédienne. « Je suis entrée dans le théâtre comme on entre en religion. Je veux prendre les gens par la main et les amener voir des spectacles. Mon objectif, c’est qu’il y ait de plus en plus de personnes à Monaco qui aiment le théâtre, qui viennent prendre des cours et qui viennent voir des spectacles. »

« Troupe »
Son autre principal objectif, à terme : créer une compagnie de comédiens professionnels à Monaco. « Monter des spectacles en principauté, pour pouvoir ensuite les exporter ailleurs. Tout comme il y a les ballets de Monte-Carlo, mon souhait serait donc de fonder une troupe de théâtre professionnelle monégasque. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai sollicité une aide financière à l’Etat. » En attendant de peut-être l’obtenir, Anthéa Sogno a mis sur pied sa saison 2013-2014 avec cette année « 120 levers de rideaux au total, contre 86 l’an dernier. »

« Magnétique »
A découvrir notamment du 28 novembre au 1er décembre, une pièce jouée plus de 600 fois à Paris, intitulée La touche étoile. Mise en scène par Gilles Dyrek, cette pièce est construite autour d’une série de sketches stigmatisant de manière assez délirante l’absurdité de nos vies modernes et de ses outils de communication… Place ensuite à la chanson avec, du 6 au 8 décembre, un concert hommage au chanteur et poète monégasque Léo Ferré (1916-1993). Au micro et au piano, Emmanuel Depoix revisitera seul le répertoire de l’artiste pendant 1 h 10 « avec une grande présence magnétique », assure Anthéa Sogno.

Femmes
Le théâtre des Muses laisse ensuite le champ libre aux femmes avec la pièce Et pendant ce temps… Simone veille (les 18 et 19 puis 21 et 22 décembre) de et avec Corinne Berron. Prix spécial du festival d’humour de Vienne 2013, ce spectacle met en scène quatre femmes relatant avec humour l’évolution de la condition féminine en France, des années 40 à aujourd’hui. De la question de l’argent jusqu’à l’IVG en passant par le port du pantalon, l’arrivée de l’électroménager ou encore le droit de vote. Le tout, sous le regard historico-comique d’une Simone qui veille.

Déjantée
Ambiance totalement déjantée au programme du 28 au 31 décembre avec le trio de musiciens chanteurs et comédiens ZoroZora et leur spectacle Un concert pas classique. Les spectateurs découvriront sur les planches un crooner crâneur guitariste, Charly Astier, une diva clarinettiste capricieuse, Hélène Duret, et Sylvain Rabourdin, un fou du violon incontrôlable. Délires instrumentaux garantis. Attention : les représentations du 31 décembre seront précédées et suivies de cocktails. Et à minuit le théâtre se transformera en boîte de nuit pour fêter le passage à la nouvelle année…
_Sabrina Bonarrigo

(1) Notamment au Café de la Gare, à la Comédie Caumartin, au théâtre du Lucernaire, au Point Virgule, à la Comédie de Paris et à la Comédie Bastille.
Renseignements : www.theatredesmuses.fr. Réservation : 97 98 10 93. Plein tarif 28 euros. Tarif réduit : 24 euros. Etudiants : 19 euros. Enfants : 15 euros.