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Le riche retraité a-t-il été spolié ?

Drôle d’ambiance pour le procès d’un présumé escroc septuagénaire. Sa “victime”, Lazare, un retraité français de 92 ans, est restée à Tel Aviv. Le prévenu, lui, se trouve en convalescence à Miami. Ne restent que les parties civiles, deux des neveux de Lazare, son tuteur, et quatre avocats. L’affaire jugée par le tribunal de Monaco est ancienne. Si le juge a déjà rendu une ordonnance de non-lieu en 2016, l’obstination des parties civiles a permis le renvoi en correctionnelle. Elles accusent Henry D. d’escroquerie et d’abus frauduleux de l’état de vulnérabilité. En 2003, Lazare vit sa retraite en principauté. Cet ancien comptable chez Christian Dior, né en Pologne et dont les deux parents mourront en déportation, est fragilisé par le décès de sa compagne. Au fil des ans, il a amassé un pécule conséquent constitué de liquidités et d’avoirs immobiliers. Sur le boulevard des Moulins, alors qu’il pleure, il est approché par une femme. Une amitié se noue immédiatement, tout comme avec son époux, Henry D.. Lazare débloque alors rapidement 100 000 euros pour aider le couple à s’installer à Monaco. Tout aussi vite, ils partent tous les trois en vacances aux Etats-Unis. Lazare revient « changé » selon ses neveux. Il a acheté trois appartements et une maison dont il a cédé la gestion et la jouissance à ses nouveaux “amis”. Si on y ajoute des participations à des sociétés dont Henry D. est partie prenante et une succession de prêts, on frôle les 3 millions d’euros ! Les neveux en sont persuadés : leur oncle a été spolié. Lazare réfute pourtant tout en bloc et assure avoir toute sa tête. Les médecins qui l’ont examiné donnent deux versions contradictoires assurant tantôt une lucidité altérée tantôt un discernement suffisant. 4 116 000 euros au titre du préjudice matériel et moral sont réclamés par les parties civiles. Les preuves accumulées n’ont pourtant pas emporté la conviction du procureur Olivier Zamphiroff. « Doit-on conclure que cet homme qui pleure est aux mains de rapaces ? interroge-t-il. Je ne peux pas vous démontrer qu’il est tombé sur des gourous. » Un non-lieu est à nouveau requis. Délibéré attendu pour le 28 février.

écrit par AnneSophie