OPMC-Juin-2013-@-Alain-Hanel

Lawrence Foster
à la baguette de l’OPMC

Article publié dans L’Obs’ n°134 (juillet-août 2014) :

CULTURE/L’orchestre philharmonique de Monte-Carlo a programmé deux concerts dirigés par l’un de ses anciens directeurs musicaux, le chef d’orchestre américain Lawrence Foster, en octobre.

Lorsque l’orchestre de Monte-Carlo est devenu orchestre philharmonique en 1980, par ordonnance du prince Rainier III, Lawrence Foster en était le directeur musical. Ce chef américain a quitté son poste en 1990. A 72 ans, il dirigera deux concerts de l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo (OPMC) en octobre. Le premier, programmé le 19 octobre au Grimaldi Forum, rendra hommage au compositeur russe Serge Rachmaninoff (1873-1943), avec Evgeny Kissin au piano et Liza Kerob au violon. Il bénéficie du soutien de la Fondation Rachmaninoff. Six œuvres seront interprétées lors du second concert, programmé le 26 octobre à l’auditorium Rainier III.

 

Stradivarius

Ces pièces musicales ont pour point commun d’avoir été composées pour orchestre et violon. La soliste allemande Arabella Steinbacher, considérée comme l’une des meilleures violonistes actuelles, accompagnera l’OPMC. Plus de trente concertos figurent à son répertoire. Agée de 32 ans, elle a joué avec un grand nombre d’orchestres, parmi lesquels ceux de Londres, Sydney, Munich, Séoul ou encore Philadelphie. Sa particularité : elle joue sur le Stradivarius « Booth », un violon d’exception fabriqué par le luthier italien Antonio Stradivari en 1716, que lui prête la Fondation musicale du Japon. L’instrument coûte plusieurs millions d’euros. Pour exemple, le « MacDonald », Stradivarius le plus cher du monde conçu en 1719 et mis aux enchères jusqu’au 26 juin à Londres par Sotheby’s, a été estimé à 45 millions de dollars (33 millions d’euros environ).

Lawrence Foster © Photo DR

 

Légende

L’Ouverture du roi d’Ys, composé en 1888 par Edouard Lalo (1823-1892) sera jouée en introduction, le 26 octobre. Une légende bretonne, celle de la cité d’Ys engloutie par les eaux, a inspiré cet opéra à Lalo. L’œuvre a été reprise en mai dernier par l’orchestre philharmonique de l’opéra de Marseille que dirige Lawrence Foster depuis 2012. « C’est avant tout un drame humain sur fond mythologique dans lequel Lalo montre une très grande maîtrise du théâtre. C’est un chef-d’œuvre du grand opéra français avec masse orchestrale et chœurs imposants », confiait le maestro américain au journal La Marseillaise, le 12 mai dernier.

 

Folklore

Edouard Lalo a dédié trois de ses compositions au violoniste espagnol Pablo de Sarasate (1844-1908). Il lui avait même confié dans une correspondance datée du 31 décembre 1878 que « [son] arrivée dans [sa] vie avait été sa plus grande opportunité artistique. »

Une œuvre composée en 1878 par Pablo de Sarasate (1844-1908) sera le deuxième morceau interprété lors du concert. Ziegeunerweisen, opus 20, composition aux mélodies gypsy, évoque le folklore des danses hongroises immortalisé par les Rhapsodies hongroises de Franz Liszt (1811-1886). Elle demeure la pièce musicale la plus populaire du violoniste espagnol.

 

Arabella Steinbacher © Photo Thomas Rabsch

Cuba

On doit notamment au compositeur Camille Saint-Saëns (1835-1921) la suite musicale Le Carnaval des Animaux. Pièce dont l’un des mouvements, Aquarium, accompagne les montées des marches du Festival de Cannes. Camille Saint-Saëns était, lui aussi, un admirateur de Pablo de Sarasate. Comme Edouard Lalo, il lui a dédié certaines de ses compositions. Notamment l’Introduction et Rondo Capriccioso, opus 28, écrite en 1863, qui sera jouée le 26 octobre prochain. Autre interprétation du répertoire de Saint-Saëns, datant de 1887 : la Havanaise en mi majeur, opus 83. Le rythme cubain de la « habanera » (en français, la havanaise), dont découlent la rumba et le tango, y accompagne les variations du violon.

 

Bizet

La « habanera » caractérise également la cinquième pièce prévue au programme. Carmen-Fantaisie a été composée en 1946 par Franz Waxman (1906-1967). Ce morceau est inspiré du célèbre opéra-comique Carmen de Georges Bizet (1838-1875) et de variations de ce thème composées par Pablo de Sarasate. La Symphonie n° 3 en do mineur, opus 44 de Serge Prokofiev (1891-1953) clôturera le concert. Dans cette œuvre écrite en 1928, le compositeur russe a repris en partie l’opéra L’Ange de Feu, qui raconte l’histoire d’une femme possédée.

_Adrien Paredes

Dimanche 19 octobre, 18h, Grimaldi Forum et dimanche 26 octobre, 18h, auditorium Rainier III. Tarifs : de 19 à 95 euros. Groupes (à partir de 10 personnes) Etudiants (-25 ans sur présentation de la carte) : 6 à 9 euros. Renseignements : 98 06 28 29.

écrit par Adrien