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Laurent Nouvion
« On ne lâche pas l’affaire »

POLITIQUE / Premier bilan pour le président du conseil national qui confirme qu’il sera candidat à sa réélection en avril. Un an après son élection, Laurent Nouvion promet de rester vigilant, notamment sur le logement des Monégasques.

Votre ressenti après cette première année au conseil national ?
On a obtenu un certain nombre de choses avec notre interlocuteur et notre partenaire institutionnel qu’est le gouvernement. Même si les résultats des élections de février 2013 ont été très tranchés en notre faveur, on n’a pas profité de cela pour être irrespectueux envers le gouvernement. D’ailleurs, on a scrupuleusement respecté les règles institutionnelles et les attributions de chacun. Mais il faut rappeler que le nouveau conseil national est composé de 14 nouveaux conseillers nationaux, ce qui a nécessité une période de mise à niveau d’avril à fin juillet.

En quoi a consisté cette mise à niveau ?
En une série de réunions et de commissions plénières d’étude avec le gouvernement sur les grands chantiers. A savoir les finances publiques, les grands travaux, le logement…

Quel bilan vous faites de ces 12 mois de présidence ?
Il est évident que je ne peux pas plaire à tout le monde. De toute façon, je ne suis pas là pour plaire à tout le monde. En revanche, je suis là pour défendre la vision que nous avons proposée aux Monégasques lors de la campagne électorale fin 2012, début 2013. Du coup, cela m’oblige moi, mais aussi l’ensemble de la majorité Horizon Monaco (HM).

Vous avez pu avancer aussi vite que prévu sur les dossiers ?
On est allé aussi vite que possible. Mais on ne s’est pas précipité. Car il faut prendre la mesure de la fonction. Il y a aussi une équipe de permanents qui étaient là avant nous et qu’il faut respecter. Mais on a obtenu des avancées, dont certaines sont spectaculaires.

Lesquelles ?
Sur les finances publiques, pour la gestion du fonds de réserve constitutionnel (FRC), le conseiller pour les finances, Jean Castellini, va dans le sens que l’on a demandé pendant notre campagne. A savoir une meilleure gestion, une équipe dédiée à la gestion de ce FRC, la révision des critères d’investissements et redonner un peu de courage aux gestionnaires, avec un marché assez porteur actuellement.

Votre méthode ?
Notre méthode est différente de celle de nos prédécesseurs. L’idée, c’est de tout mettre en œuvre pour que le gouvernement soit convaincu par nos suggestions et par notre projet politique. Même si je suis conscient que le gouvernement n’est pas tenu par notre projet politique. Pour convaincre, on a décidé d’utiliser des éléments de bon sens, avec des arguments qui s’imposent à tout le monde.

Les finances publiques vont mieux ? Le budget 2013 sera clôturé en excédent. Ce qui n’est pas arrivé depuis 6 ou 7 ans. C’est donc un élément très important car on arrive à cet équilibre budgétaire. C’est une vraie avancée.

Le vote du budget primitif 2014 a été plus agité que prévu ?
Les CPE ont été riches en termes de débats. Ensuite, les conseillers nationaux ont donné le meilleur d’eux-mêmes, avec plus de 20 heures de débats en trois soirées en décembre dernier (voir notre compte rendu complet publié dans L’Obs’ n° 128). Le cœur du budget, c’est-à-dire les recettes et la section 7 avec les grands travaux, a été traité en premier : on y a presque passé deux soirées. Ce qui me semble judicieux.

© Photo Conseil National

Mais le vote de la majorité HM n’a pas été unanime ?
Le vote de la majorité est cohérent parce qu’il n’est pas unanime. Un certain nombre de voix (1) se sont élevées.

Vous avez été étonné de voir Jacques Rit voter contre ce budget et se déclarer désormais élu indépendant ?
Ce n’est pas un statut d’indépendant. Intellectuellement, Jacques Rit a toujours été un homme indépendant. Ce qui ne l’a pas empêché de faire une partie du chemin avec nous l’année dernière. Il faut respecter les individus et la façon dont ils raisonnent. C’est comme ça que je conçois l’action politique.

Même chose pour les 5 abstentions dans la majorité HM ?
Oui. Ces abstentions sont liées aux avancées sur le thème du logement qui n’ont pas été jugées assez déterminantes par ces élus.

La majorité HM est en train de se fissurer ?
Je refuse de faire des commentaires de politique politicienne. Je suis à la tête du conseil national avec la confiance de mes élus. Je maintiens le cap. Après, il existe un certain nombre de discussions et de bavardages dont je ne me mêle pas.

Il y a assez d’investissements dans ce budget primitif 2014 ?
On est en progrès. On est passé de 22-23 % à 27 % de dépenses d’investissement. Avec Marc Burini et Christophe Steiner, comme on dispose des chiffres mois par mois, on sera très vigilant sur les dépenses réellement engagées sur le budget d’investissement. Sur cette question, il faut reconnaître que le gouvernement nous a entendu et a fait des efforts.

C’est suffisant ?
Tout n’est évidemment pas parfait. Jusqu’à fin mars, on a des réunions prévues avec le gouvernement. Des réunions qui correspondent aux engagements politiques du gouvernement dans le cadre des CPE de novembre 2013 et des discussions budgétaires de décembre 2013. Entre le moment où ce budget primitif 2014 a été élaboré et le moment où le conseil national l’a reçu, c’est-à-dire d’avril à juin, on a cherché à convaincre le gouvernement d’augmenter ses investissements. Et on était dans le juste. Car les résultats du budget 2013 sont meilleurs qu’attendus, puisqu’ils sont en excédents.

Comme le président de Rassemblement & Enjeux (R&E), Jean-Charles Allavena, la position du gouvernement sur le logement des Monégasques ne vous satisfait pas totalement ?
Je vous rappelle que le président de la commission du logement, c’est Jean-Michel Cucchi qui connait très bien ce sujet. Il n’y a pas seulement Jean-Charles Allavena. De plus, il est encore trop tôt pour décréter qu’il n’y aura absolument aucune construction d’appartements domaniaux entre 2015 et 2018. D’ailleurs, on a réclamé des constructions, même de petites tailles, dans cette période.

Vous avez réclamé quoi d’autre ?
Que le gouvernement fasse en sorte que la commission d’attribution de logements domaniaux pour la tour Odéon soit un succès. Pour cela, on a demandé à ce que les loyers soient encadrés. Avec une maîtrise des charges afin d’éviter qu’elles ne dérapent. Car des constructions d’une telle hauteur engendrent des coûts, notamment en ce qui concerne les charges. Sur ces questions, on attend le détail des mesures que le gouvernement s’est engagé à prendre.

Comment optimiser le parc d’appartements domaniaux ?
On a eu une réunion avec le responsable de l’optimisation du parc domanial le 29 janvier. L’objectif, c’est d’accélérer la remise dans le circuit des appartements restitués par les précédents locataires. Et puis, je n’ai pas hésité à demander au gouvernement s’il souhaitait conserver certains appartements de grandes tailles situés dans des étages élevés de la tour Odéon. Ou s’il préférait les vendre pour réinvestir cet argent dans des opérations plus petites et plus humaines. Je sais qu’un certain nombre de pistes existent à ce sujet.

© Photo Charly Gallo/Centre de Presse

Lesquelles ?
Je ne peux pas encore en parler. Mais je remarque que depuis notre arrivée au conseil national, le gouvernement a considérablement renforcé les préemptions stratégiques dans le secteur protégé. On le voit dans la commission de placement de fonds. Je salue cette décision qui correspond à quatre mois de dialogue, parfois musclé, avec le gouvernement. Ce sont des mesures de bon sens.

Vous avez obtenu des résultats concrets en termes de logement ?
Oui. Sur l’opération l’Engelin, on a obtenu près de 22 % de plus, par rapport à ce qui était prévu à l’origine. Désormais, on a entre 135 et 140 appartements domaniaux. Avec une livraison prévue d’ici fin 2018. Ce à quoi le gouvernement s’est publiquement engagé.

Mais certains élus attendaient mieux !
C’est vrai. Mais c’était extrêmement délicat dans la mesure où on a eu une commission d’attribution des logements domaniaux le 21 novembre. Or les séances pour le budget primitif 2014 ont eu lieu trois semaines après… Mais on est dessus. On ne lâche pas l’affaire.

Ça n’a pas empêché Jean-Michel Cucchi de s’abstenir lors du vote de ce budget ?
Jean-Michel Cucchi est un homme pragmatique. Nous ne sommes pas des dogmatiques. Le gouvernement s’est engagé. Ce qui importe, c’est la confiance qui est au cœur de ce partenariat avec le gouvernement. Il ne faut pas que cette confiance soit brisée. Car comme nous sommes des gens entiers, ça ne serait pas bon pour les relations institutionnelles.

Où en est le projet Ida ?
Depuis les élections de février 2013, on a rencontré à trois reprises l’association des propriétaires. La dernière fois, c’était avant le budget primitif 2014. Là aussi, le gouvernement nous a écouté, en liant ce dossier avec la construction d’une école pour le quartier. Dès le budget rectificatif 2013, j’ai dit que je trouvais illogique d’hypothéquer tout un quartier, soit près d’un demi hectare, pour une opération qui s’éloignait de son objectif premier. Heureusement, le gouvernement a accepté de revoir sa copie.

Comment faire alors que le gouvernement refuse de financer le foncier dans ce projet Ida ?
L’Etat est déjà propriétaire foncier d’un certain nombre de murs et de terrains. Ensuite, il faudra construire cette école… Donc sur le financement, les choses avancent. A Monaco, on n’a peu ou pas de réserves foncières. Du coup, dès qu’il est possible d’optimiser une opération foncière ou immobilière, il faut y aller.

Comment financer ce projet Ida ?
Je pense qu’on s’oriente vers un financement mixte.

Votre réaction alors qu’en décembre, l’opposition UM a dénoncé des « connivences » entre la majorité et le gouvernement ?
Je laisse à Jean-François Robillon la liberté de ses propos (2). Je ne rentre pas dans ces commentaires. Mais vu ma personnalité, on ne peut pas dire que je suis connivent avec qui que ce soit.

Depuis quelques années, les affaires se multiplient et la vie politique monégasque se « judiciarise » : comment vous expliquez ce phénomène ?
La vie politique monégasque ne se « judiciarise » pas, mais il y a une instrumentalisation. C’est quelque chose que je regrette. La seule chose qu’il compte et qu’il faut respecter, c’est le verdict des urnes. Ceci doit s’appliquer à tous. Je respecte l’opposition qui a fait 39 % aux dernières élections, comme je respecte le candidat qui a fait 10 %.

Mais les élections 2013 ont été extrêmement tendues ?
Je considère que la campagne électorale a été désastreuse pour Monaco et pour l’unité de la communauté nationale (voir L’Obs’ n° 117). Depuis que je préside le conseil national, j’ai tout fait pour apaiser les esprits. Mais je ne suis pas sûr que l’opposition soit dans cet état d’esprit…

Votre réaction alors que trois élus UM ont déposé au parquet « un signalement de faits susceptibles de constituer des infractions pénales » et vous accusent d’utiliser « l’opacité érigée en système de gestion » ?
A ce stade, je n’ai aucun commentaire à faire.

Les conséquences ?
Tout cela ternit l’institution et mon image.

Pourquoi renforcer vos effectifs, avec un conseiller technique chargé du juridique et de l’administratif ?
Je souhaite étoffer l’équipe autour de moi. Administrativement, cette équipe est parfaitement au point. Mais techniquement, on a besoin d’un renfort. Ce renfort sera finalisé dans les semaines qui viennent.

Les rapports avec la Société des bains de mer (SBM) et son président-délégué, Jean-Luc Biamonti, sont normalisés ?
C’est une vue d’esprit de la presse. Je connais Jean-Luc Biamonti depuis 35 ans. Nos familles se connaissent et se côtoient. Et ce n’est pas parce qu’on n’a pas la même analyse qu’on ne se parle pas. Lors de la grève à l’hôtel de Paris (voir L’Obs’ n° 128) fin décembre, on a très bien communiqué avec la SBM, son président-délégué et le ministre d’Etat, Michel Roger.

Le nouveau directeur des jeux de la SBM, John Galvani, est venu se présenter ?
Oui. On s’est vu deux fois. Notamment au mois de novembre. Puis le 3 décembre, lors d’une réunion avec les élus. Une réunion qui nous a permis d’apprendre qu’il y aurait une école des jeux supplémentaire, mais aussi un engagement de formation continue toujours dans le cadre des jeux.

La loi de désaffectation a été déposée pour que la SBM puisse réaliser ses travaux au Sporting d’hiver ?
Pas encore. Mais on nous a confirmé que cette loi serait bien déposée.

Le financement a été présenté aux élus ?
On sera prochainement informé du financement de ses travaux. Puis, on en débattra lors d’une commission tripartite avec la SBM et le gouvernement. Ce qui sera la cinquième sur un an.

Jean-Luc Biamonti a indiqué qu’avec ou sans l’aval du conseil national, ce projet sera réalisé ?
Je suis à la tête d’une assemblée élue qui est incontournable. Par l’intermédiaire de l’article 33 de la Constitution, le conseil national a son mot à dire sur les lois de désaffectation. Donc on le fera. Les conseillers nationaux ont une très bonne mémoire. Le moment venu, ils s’exprimeront sur cette loi et sur ce projet.

Vous êtes pour ce projet lancé par la SBM ?
Personnellement, j’ai toujours soutenu ce projet parce que j’estime qu’il est créateur de valeurs et qu’il est donc bon pour la SBM. Je n’enlève pas une virgule à ce que j’ai dit.

Comment financer les 600 millions d’euros de travaux du Sporting et de l’hôtel de Paris ?
On a réfléchi. Et on donnera la primeur de nos conclusions lors de la commission tripartite avec le gouvernement et la SBM. En plus de l’augmentation de capital, il y a des garanties immobilières et probablement un emprunt bancaire. Reste à définir avec précision quelles sommes dégageront chacune de ces trois solutions. Au départ, il était question de lever environ 200 millions par solution.

Autre solution : l’opposition Union monégasque (UM) a proposé de vendre le Balmoral au fonds de réserve constitutionnel ?
Je pars du principe que lorsqu’on vend, on s’appauvrit.

Mais vous parlez de vendre des appartements domaniaux dans la tour Odéon !
Quand je parle de vendre des appartements domaniaux dans la tour Odéon, c’est parce qu’ils ne remplissent pas complètement leur fonction sociale. Mais sur un plan purement patrimonial, le Balmoral est un excellent investissement.

© Photo Conseil National.

Il existe un risque de conflit d’intérêt si ceux qui entrent dans le capital de la SBM sont des entreprises ou des patrons déjà implantés à Monaco ?
Difficile de répondre. Pour le moment rien ne nous a été présenté. Donc je n’ai pas de raison d’avoir des suspicions, d’aucune sorte.

Le climat social est toujours aussi détestable après la grève fin décembre à l’hôtel de Paris ?
Une grève, c’est une épreuve pour ceux qui la font. C’est aussi une épreuve pour la direction qui la subit. Et c’est aussi une épreuve pour l’image de Monaco. Au final, personne n’en sort grandi. Mais cette grève a permis de faire comprendre à un certain nombre d’acteurs qu’on ne doit jamais cesser de se parler. On est une petite entité assez jalousée. Donc même si parfois on n’est pas d’accord, à nous de démontrer que par le dialogue on peut arriver à travailler ensemble pour le bien du pays. Aujourd’hui, les choses s’arrangent un peu à la SBM.

Pourquoi avoir déclaré le 11 novembre : « Les rapports avec le maire de Beausoleil sont anormaux » ?
A Monaco, on manque de terrains disponibles. Or, la principauté est probablement l’un des plus gros propriétaires fonciers dans les communes limitrophes. Donc la logique veut que l’on entretienne des relations avec les maires de ces communes. Et ce dialogue avance. Le conseil national est dans son rôle lorsqu’il essaie de mettre de l’huile dans les rouages.

Vous parlez donc avec le maire de Beausoleil, Gérard Spinelli ?
Je parle avec tout le monde. Il est aussi tout à fait normal de parler avec le maire de Cap d’Ail ou de Roquebrune-Cap-Martin. Ce sont les intérêts de Monaco qui nous intéressent. Par exemple, il me paraît essentiel de loger dans ces communes des fonctionnaires détachés de la sûreté publique pour les garder autour de Monaco.

Comment vous voyez les relations de la principauté avec l’Union européenne (UE) ?
C’est un dossier délicat. Et 2014 sera une année cruciale sur ce sujet. L’ambassadeur Gilles Tonelli a été choisi par le prince Albert pour gérer cette mission. Dans ce dossier, on aura besoin de l’aide de la France, qui a toujours été à nos côtés. Ensuite, il y a un lobbying et un entregent à développer dans le cadre des relations bruxelloises. C’est essentiel.

Quoi de neuf à ce sujet ?
On a été tenu informé en juillet dernier. Un point a été fait plus récemment avec le ministre d’Etat. L’essentiel, c’est que nos particularismes soient jalousement protégés dans le cadre de ces négociations avec l’UE. Ce qui permettra de protéger une partie de notre industrie et donc, une partie de notre modèle économique.

Ce que vous redoutez ?
On est parfaitement conscient des règles de l’UE, mais aussi des règles d’intégration qui font partie de leur ADN. Or, ces règles contreviennent au principe même de la priorité nationale qui existe à Monaco. C’est donc un sujet délicat.

Comment traiter ce dossier ?
Par la pédagogie. Il ne faut jamais cesser d’expliquer qui on est. Il faut se faire connaitre. Il faut aussi se faire aider par nos amis français. Le conseil national demande à être scrupuleusement informé dans les mois qui viennent.

L’accord « spécial » évoqué devant les élus par le conseiller pour les relations extérieures, José Badia, en décembre vous a rassuré ?
Il faut aussi respecter les petits pays qui ne peuvent pas avoir les mêmes bases que celles de l’UE mais qui participent aussi à l’essor européen. Voilà pourquoi il faut expliquer ce que sont les réalités monégasques. Donc, j’ai confiance. Pour reprendre les propos de José Badia, je pense que l’on arrivera à trouver un accord « spécial. »

Pourquoi ?
Parce que Monaco, c’est Monaco… Et Monaco vaut la peine que l’UE réfléchisse à des accords particuliers. Parce que la principauté est une pépite dans le sud de la France. Notamment pour l’emploi, avec 35 000 salariés français et 4 000 salariés italiens.

Vous serez candidat à la présidence du conseil national en avril ?
Oui, je serai candidat.

Le calendrier du conseil national pour 2014 ?
Je souhaite que lors du premier semestre les élus se plongent dans les dossiers législatifs : les grandes lois, les grands projets en cours, les projets d’amendements, les allers-retours institutionnels avec le gouvernement… Car à partir du 1er juillet, le budget rectificatif arrive. Puis le budget primitif en décembre.

Les principales lois en 2014 ?
La loi sur l’organisation et le fonctionnement du conseil national, la loi sur le handicap, la loi sur la modernisation du droit économique… D’autres propositions de lois arriveront aussi dans le cours du premier semestre.

Le texte de loi qui prendra le plus de temps ?
Peut-être la loi sur l’organisation et le fonctionnement du conseil national, parce que c’est notre colonne vertébrale. La loi actuelle a presque 50 ans. En janvier, j’ai rencontré à Marseille lors d’une réunion de l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée (APM), le président de l’assemblée nationale française, Claude Bartolone, avec la secrétaire générale de l’assemblée, Corinne Luquiens. J’ai d’ailleurs demandé un entretien à Corinne Luquiens auquel je me rendrai avec le secrétaire général du conseil national, Philippe Mouly. Parce que Corinne Luquiens peut nous aider sur ces questions-là.
_Propos recueillis par Raphaël Brun

(1) Cinq élus de la majorité HM se sont abstenus : le président de Rassemblement & Enjeux (R&E) Jean-Charles Allavena, le président de la commission des intérêts sociaux et des affaires diverses Thierry Poyet, le président Union pour la principauté (UP) de la commission du logement Jean-Michel Cucchi, le président de la commission des finances Thierry Crovetto et le vice-président de la commission des intérêts sociaux Christophe Robino. Enfin, l’élu HM Jacques Rit a voté contre ce budget primitif 2014.
(2) L’élu de l’opposition Union monégasque (UM), Jean-François Robillon, a estimé que « le ministre d’Etat et son gouvernement, du moins en partie, ont donc conduit à un changement institutionnel drastique. Il s’agit donc d’un système antidémocratique où un groupe de personnes en charge du pouvoir exécutif décide et choisit la composition du parlement national. »