Conf-SBM-14-juin-Biamonti

La SBM s’enfonce dans le rouge

ECONOMIE / Troisième exercice d’affilée avec des pertes pour la Société des bains de mer (SBM). Si les actionnaires ne sont pas surpris, l’inquiétude monte.

« La seule bonne nouvelle, c’est que le chiffre d’affaires est en hausse. » C’est la petite phrase qui revient en ce moment chez les salariés de la Société des bains de mer (SBM). Côtée en bourse, cette entreprise qui emploie environ 3 600 salariés à Monaco dont 600 Monégasques a rendu public ses résultats pour la période 1er avril-2012-31 mars 2013.

« Difficile »
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça n’est pas brillant. Après avoir enregistré 28,4 millions de pertes en 2010-2011, puis -33,2 millions en 2011-2012, la SBM affiche encore un résultat négatif à -51,4 millions. Du coup, le président délégué Jean-Luc Biamonti ne s’est pas caché devant la presse : « C’est un exercice très difficile. Les chiffres sont mauvais. » En revanche, le chiffre d’affaires est à la hausse à 424,1 millions contre 372,4 millions en 2011-2012. Problème : le chiffre d’affaires des jeux n’a presque pas progressé, avec des recettes à 176,4 millions, la hausse est de seulement 3,4 millions. Une hausse qui s’explique principalement par « une légère reprise » de l’activité des appareils automatiques.

Méridien
En revanche, le chiffre d’affaires de l’hôtellerie affiche une progression de 10 %. Il faut dire que depuis que la SBM a repris l’exploitation du fonds de commerce du Méridien en juin 2012, cet établissement a dégagé un chiffre d’affaires de 22,8 millions. Alors que les autres hôtels de la SBM ont enregistré une progression de 18,3 millions, soit une hausse de 10 % à périmètre constant. Du coup, au total, le chiffre d’affaires de l’hôtellerie est à 222,2 millions contre 181 millions en 2011-2012. A noter que le contrat de location-gérance du Méridien prendra fin le 30 septembre 2018.
Quant au secteur locatif de la SBM, le chiffre d’affaires dégagé par les boutiques, les bureaux et les résidences hôtelières du Monte-Carlo Bay et du Balmoral affiche un bond de 19 % à 26,4 millions. Selon les dirigeants, c’est la résidence de grand standing Le Balmoral qui explique en grande partie ces résultats encourageants.

BEG
Autre nouvelle positive, les pertes dans les jeux en ligne avec BetClic Everest Group (BEG) ont presque été divisées par deux : -23,4 millions contre -50,1 millions sur l’exercice précédent. « Un peu moins de 200 millions ont été investis dans BEG par la SBM. Les valorisations des experts comptables sont un peu inférieures à ce chiffre. L’année prochaine, si on tient nos objectifs, la valorisation de BEG devrait atteindre 200 millions », a indiqué Jean-Luc Biamonti.
Autre constat : cette fois, il n’y a pas eu de ventes d’actions de Wynn Resorts pour sauver les apparences. En 2011-2012, cela avait rapporté 39,8 millions.

Bourse
Du côté des actionnaires, aucune surprise. Visiblement, tout le monde s’attendait à ces mauvais résultats. « Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est de voir la perte opérationnelle se creuser encore un peu plus, alors que le chiffre d’affaires progresse de près de 14 % et de 7,8 % en organique », soupire Jeremy Gaudichon gérant de fonds chez KBL Richelieu Gestion qui proposait l’an dernier dans L’Obs’ un retrait de la cote de la SBM en bourse (voir L’Obs’ n° 114). Même analyse pour le patron de Getad, Edmond Lecourt qui représente les intérêts de sa famille aux assemblées générales de la SBM : « Les résultats sont un peu moins mauvais. Mais dans la mesure où aucune restructuration n’a été faite, je ne m’attendais pas à ce que les comptes soient à l’équilibre. Et l’année prochaine, ça sera la même chose. »

Jeux
Est-ce que Lecourt verra juste ? En tout cas, pour les premiers mois de 2013-2014, aucun rebond net n’a été constaté puisque depuis avril « l’activité observée est équivalente à celle constatée l’an passé. Après seulement deux mois d’exploitation, le caractère aléatoire et saisonnier de l’activité ne permet pas de faire de prévisions pour l’ensemble de l’exercice, d’autant que la conjoncture économique internationale reste très incertaine. »
Aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers le secteur des jeux qui ne progresse plus. La pression est donc sur le nouveau directeur des casinos, le Britannique John Galvani. Quelques ajustements doivent être lancés, avec le lancement d’une roulette européenne tout en misant sur un nombre de tables de punto banco plus élevé. Sans oublier un projet d’agrandissement de l’arrière du Café de Paris, du côté des jardins.

Options
Mais la SBM a toujours pour objectif de lancer de grands travaux avec la rénovation de l’hôtel de Paris et la démolition puis la reconstruction totale du Sporting d’Hiver. Des chantiers énormes estimés à ce jour à 600 millions d’euros, soit bien au-delà du chiffre d’affaires de la SBM. Avec une trésorerie négative, les dirigeants vont devoir trouver d’autres solutions pour financer ce développement. Biamonti a listé les options : vendre des actifs, augmenter le capital ou s’endetter. « Aucune de ces options ne suffira à elle seule à financer notre projet. » C’est l’Etat qui aura le dernier mot sur les options à mettre en place : « L’actionnaire majoritaire [L’Etat] sera le seul décisionnaire. Le management de la SBM rencontre des banques, des conseillers financiers qui ont tous un point de vue sur ce qui est possible ou non. Dans les deux mois à venir, une série de réunion est prévue avec l’Etat pour présenter nos conclusions. Pour l’instant, on n’a pas une position déterminée sur le financement à mettre en place. »

Travaux
Autre problème soulevé par ces chantiers : ils provoqueront mécaniquement une baisse de l’activité et donc, du chiffre d’affaires. En effet, pendant les travaux, la SBM prévoit « une perte de capacité d’accueil aux alentours des 2/3 pendant un an. Puis de 1/3 à la moitié pendant 2 ans. » Une période qui s’annonce donc extrêmement délicate pour l’entreprise. « Nous nous attendons à souffrir pendant ces 3 ou 4 ans », a prévenu il y a plusieurs mois l’administrateur délégué de l’époque, Jean-Louis Masurel. Seule certitude : comme l’hôtel de Paris ne fermera pas pendant les travaux, il n’y aura aucun licenciement.

« Social »
Mais c’est encore et toujours la masse salariale qui fait débat. Interrogé par L’Obs’ en mars 2012, le ministre d’Etat, Michel Roger avait été clair : « La masse salariale est trop élevée par rapport au chiffre d’affaires. Mais cette entreprise est particulière puisqu’elle a aussi un rôle social important. » Tout en ajoutant : « Le social a un coût. Voilà pourquoi la SBM doit d’abord retrouver le chemin du profit pour pouvoir maintenir son rôle social. Il y a là un équilibre à trouver. » Presque 18 mois après cette interview, l’équilibre ne semble pas avoir été trouvé. Les départs à la retraite anticipée n’ont concerné qu’une cinquantaine de salariés. Et le système de rémunération « à la masse » est toujours pointé du doigt : avec ce système, plus le chiffre d’affaires augmente et plus les rémunérations des salariés payés au service grimpent. Pour résoudre ce problème, Masurel avait d’ailleurs proposé de changer le mode de rémunération avec un fixe et des primes selon les résultats.

« Renégocier »
Ce qui n’a pas échappé aux actionnaires. « Est-il normal, dans une entreprise qui est cotée en bourse, que les effectifs des jeux aient légèrement progressé depuis l’exercice 2007-2008, alors que, dans le même temps, les recettes des jeux se contractaient de plus de 30 % ? Mais, au-delà des effectifs, ce sont les modes de rémunérations qui doivent être revus en profondeur. Est-ce aujourd’hui raisonnable de conserver le système de paiement au service à la masse ? », se demande Jérémy Gaudichon. « Le pacte social devrait être revu. Parce qu’on ne peut pas le maintenir n’importe comment pour tout le monde. Donc il faudrait le renégocier », estime pour sa part Edmond Lecourt.

Unique
Les négociations avec les salariés des jeux n’ont en tout cas jamais permis d’aboutir à réformer les conventions collectives pour arriver à un statut unique pour ces employés. Ce que Biamonti n’a pas oublié : « Le statut des jeux, on a essayé une fois. On a fait beaucoup de concessions, mais on n’est arrivé à rien. Or, quand on s’est brûlé une fois, on ne remet pas la main sur le feu. Aujourd’hui, la SBM va trop mal pour passer encore 6 mois à discuter, sans aboutir à rien. Pendant ce temps, on travaille moins et on se concentre moins sur la stratégie. Bien sûr, si on sent qu’il y a les bases pour arriver à un accord, je suis prêt à en discuter. Mais je n’ai pas le sentiment que ces bases soient là. »

Tendance
Dans l’immédiat, la SBM doit continuer à avancer et à coller à l’évolution des demandes de la clientèle. Exemple : la perte de vitesse de l’activité thalasso. Une problématique qui concerne donc les thermes marins. « Ça a finalement été plus une mode franco-française qu’internationale. Aujourd’hui, ce qui plaît, c’est plus le bien-être et les soins anti-âge. La thalasso presque médicalisée attire moins. » Quant aux futures chambres de l’hôtel de Paris, elles miseront sur des surfaces plus grandes pour suivre la tendance actuelle.
Reste à savoir si ces mesures suffiront à rassurer les actionnaires.
_Raphaël Brun

 

POLEMIQUE/
Biamonti répond à Nouvion

 

Le président Horizon Monaco (HM) du conseil national, Laurent Nouvion a été clair à l’occasion d’une conférence de presse au mois de juin : la SBM doit communiquer davantage auprès des élus. « Sinon, il n’est pas question de se pencher sur une loi de désaffectation. » Une manière très claire de mettre la pression sur la SBM. Interrogé sur ce sujet, le président délégué, Jean-Luc Biamonti, a préférer calmer le jeu. Mais il est resté ferme, en expliquant que la SBM pourrait tout à fait réaliser ses travaux pour le Sporting d’Hiver sans passer par la case conseil national : « On peut très bien faire ce projet sans passer par un déclassement. Mais ça ne sera pas le même projet. Attention : on ne parle que d’une parcelle de 365 m2. Dans l’emprise au sol, cette parcelle qui appartient à l’Etat doit être déclassée. Or, cette parcelle n’empiète que sur un des sept bâtiments qui doit être construit. Sous ce bâtiment, il y a des parkings. Du coup, il faudrait alors revoir les circulations en sous-sol. L’absence de déclassement nous pousserait donc à la modification du projet. Pas à son annulation. »_R.B.

 

« Une situation de conflit d’intérêts permanente »

 

ECONOMIE / Alors que la SBM enchaîne les résultats négatifs, les actionnaires sont en colère. La réaction de Jérémy Gaudichon, gérant de fonds chez KBL Richelieu Gestion.

Votre réaction suite à ces mauvais résultats ?
La progression du chiffre d’affaires sur l’exercice provient exclusivement de la division hôtelière, qui, de façon structurelle, n’a jamais été très rentable à la SBM. La profitabilité du groupe reposait en grande partie sur la division jeux, dont l’activité reste atone.

Votre analyse ?
Ces résultats démontrent que la structure de coûts est aujourd’hui totalement inadaptée. C’est la preuve concrète que le système de fonctionnement de la SBM est à bout de souffle.

Pourquoi sur les trois derniers exercices, tous négatifs, la situation ne s’est pas améliorée ?
Parce que la SBM n’a pas su, n’a pas pu ou n’a pas voulu s’adapter. Aucune mesure n’a été prise au cours des trois dernières années qui ne permette un retour de la profitabilité. L’ouverture l’an passé du plan de départ en retraite n’est clairement pas à la hauteur de la situation.

Comment réduire les coûts ?
La réduction des coûts est aujourd’hui indispensable pour assurer la pérennité de l’entreprise. Cela passera par des mesures courageuses qui permettront un ajustement de la masse salariale.

Lesquelles ?
Est-il normal, dans une entreprise cotée en bourse, que les effectifs des jeux aient légèrement progressé depuis l’exercice 2007-2008, alors que dans le même temps les recettes des jeux se contractaient de plus de 30 % ? Mais au-delà des effectifs, ce sont les modes de rémunérations qui doivent être revus en profondeur. Est-ce aujourd’hui raisonnable de conserver le système de paiement au service « à la masse » ?

Comment financer les chantiers de l’hôtel de Paris et du Sporting d’hiver ?
Ces deux chantiers représentent une enveloppe globale qui avoisine les 600 millions d’euros. La SBM n’a aujourd’hui absolument pas les moyens de mener, qui plus est de front, entre 2014 et 2018, ces 2 projets. Autant, on peut comprendre l’intérêt et même la nécessité de rénover l’hôtel de Paris. Autant la rénovation du Sporting d’hiver ne nous parait pas une priorité absolue.

Pourquoi ?
Parce que cette rénovation n’est pas liée aux métiers de la SBM que sont l’hôtellerie et l’exploitation des jeux. Le coût de la rénovation de l’hôtel de Paris, qui avoisinera les 250 millions d’euros, pourrait être financé par des cessions d’actifs. La Vigie et le Balmoral, au même titre que la participation résiduelle dans Wynn Resorts, sont des actifs qui n’ont pas un caractère stratégique et qui pourraient sans doute être vendus dans des conditions satisfaisantes. Ce qui permettrait de dégager d’importantes plus-values.

Pourquoi ne pas emprunter cet argent ?
Le recours au crédit ne nous parait pas une alternative raisonnable tant que la profitabilité de l’entreprise n’a pas été rétablie. Quant à l’hypothèse d’une augmentation de capital, elle n’est pas très crédible dans le contexte actuel.

Finalement, la SBM est condamnée à perdre de l’argent ?
Il n’y a pas de fatalité. La situation de la SBM s’aggrave parce que l’entreprise a refusé de prendre les décisions saines de gestion qui s’imposaient par le passé. La principauté, la direction, les actionnaires mais également les salariés sont aujourd’hui conscients de la gravité de la situation. Chacun doit jouer son rôle et assumer sa part de responsabilité. Une chose est certaine, le statu-quo n’est pas une solution.

Entreprise d’Etat et entreprise côtée en bourse, c’est impossible à assumer d’un point de vue économique et financier ?
C’est le point le plus important. La principauté est à la fois Etat, puissance concédante et actionnaire majoritaire de la SBM. Avec ces 3 « casquettes », la principauté se retrouve dans une situation de conflit d’intérêts permanente. Cela ne poserait aucun problème, si la SBM n’avait pas d’actionnaire minoritaire. Or, la SBM est une entreprise cotée en bourse, qui doit être gérée dans l’intérêt de tous ses actionnaires, et pas seulement dans l’intérêt de son actionnaire principal. Ceci pose la question de l’intérêt pour la SBM, pour la principauté et pour les actionnaires de la cotation de la SBM.

Pourquoi ne pas vendre vos parts ?
La SBM est dans une situation opérationnellement très difficile et présente d’énormes lacunes en termes de gouvernance d’entreprise. Pourtant sa valorisation boursière actuelle, environ 550 millions d’euros, ne reflète absolument pas la valeur de ses actifs, et notamment de son patrimoine immobilier. Nous ne serons vendeurs que lorsque le cours de bourse valorisera ces actifs à leur juste valeur. A 31 euros, ce n’est évidemment pas le cas.
_Propos recueillis par Raphaël Brun

 

« Ce truc va se finir comme l’ASM »

 

ECONOMIE / Le patron de Getad, Edmond Lecourt, qui représente les intérêts de sa famille aux assemblées générales de la SBM estime que si la situation ne s’améliore pas la SBM pourrait être vendue.

Votre réaction après la publication des résultats 2012-2013 ?
Les résultats sont un peu moins mauvais que prévu. Mais dans la mesure où aucune restructuration n’a été faite, je ne m’attendais pas à ce que les comptes soient à l’équilibre. Et l’année prochaine, ça sera la même chose.

Que faire ?
La masse salariale doit être revue. Tout le monde doit faire des efforts, d’en haut jusqu’en bas.

L’arrivée de Jean-Luc Biamonti au poste de président délégué, c’est une bonne nouvelle ?
Jean-Luc Biamonti, ce n’est pas une nouveauté. Ca fait 25 ans qu’il est là. Et je ne vois pas ce que ça change ?

Et le nouveau directeur des jeux, John Galvani ?
Le nouveau directeur des jeux a une bonne réputation. Je ne le connais pas. Mais c’est anecdotique. Parce que le fond du problème, ce n’est pas ça. Il faut tout reprendre à 0. Et se sortir des investissements délirants prévus.

Pourquoi ?
Je ne sais pas comment la SBM va financer ces travaux. Surtout que les banques ne suivent pas, parce qu’elles ont peur. On entend parler de la vente de certains actifs. Comme la Vigie, le Balmoral… Si on vend les actifs, ça durera un peu plus longtemps. Mais on ira dans le mur quand même. Parce qu’on ne redresse pas les comptes. De toute façon, pour se lancer dans des chantiers à plusieurs centaines de millions d’euros, il faudrait au moins que l’entreprise soit à l’équilibre.

C’est risqué ?
Ce truc va se finir comme l’ASM. Je ne vois pas d’autres solutions. Si l’Etat refuse de mettre la main à la poche, il faudra faire appel à des actionnaires extérieurs. La SBM intéresse sûrement pas mal d’investisseurs. Mais pour les salariés, ça ne sera pas le même traitement.

Les conséquences d’une vente de la SBM ?
Si la SBM est vendue, la politique sociale ne sera plus la même. Il n’y aura plus d’obligations. Or, aujourd’hui, je ne vois pas ce qui pourrait empêcher d’en arriver à une vente de la SBM. Avant que l’ASM ne soit vendu, on disait que le club ne serait jamais cédé à des étrangers. Et on sait ce qui est arrivé…

Ce qui vous choque le plus ?
Ce qui est délirant, c’est que j’ai l’impression que personne n’en a conscience. Même au conseil national. Or, aujourd’hui, tout le monde doit faire des efforts. On n’a pas le choix. Pour entraîner la masse des salariés, il faut qu’en haut, la direction donne l’exemple. Des efforts sur tout : le fonctionnement, les salaires… Ca ne sera pas une sinécure. Mais il faut être courageux. Si ces mesures ne sont pas prises, on ne s’en sortira pas.

Pourquoi rester actionnaire alors ?
Il y a 2 ans, on a vendu un gros paquet de nos actions. Ca fait des années que je gueule. Ce n’est pas pour rien. Vu la situation aujourd’hui, je ne regrette pas d’avoir vendu ! Comme la direction ne fait rien, c’est de pire en pire. Il n’y a même plus de trésorerie ! Sauf miracle, je ne vois pas comment la SBM pourrait ne pas perdre d’argent en 2014.

Le rôle social de la SBM doit être maintenu ?
Le pacte social devrait être revu. Parce qu’on ne peut pas le maintenir n’importe comment pour tout le monde. Donc il faudrait le renégocier.

La situation est si grave que ça ?
Si cette entreprise n’était pas contrôlée par l’Etat, elle serait à deux doigts du dépôt de bilan. Les gens n’ont pas pris conscience qu’on est dans le mur. On a juste conscience que les choses ne vont pas bien. Sauf qu’on n’est plus dans la situation du malade, mais dans celle du mourant !
_Propos recueillis par Raphaël Brun