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La parole aux jeunes !

PORTRAITS/Trois jeunes âgés de 23 à 35 ans livrent leur vision de l’entreprise.

 

Valentine Brouard-Tillier, directrice du centre Regus à Monaco, 32 ans

« Je me dis qu’on a confiance en moi »

Valentine-Tillier-@-Obs

Entrée comme simple réceptionniste au siège parisien de Regus (1), Valentine Brouard-Tillier est devenu la directrice du centre monégasque. A 32 ans, elle pose un regard satisfait sur ces douze dernières années. La Tourangelle ne s’imaginait pas atteindre ce niveau-là. La flexibilité, la liberté et la confiance que l’entreprise lui a accordée n’y sont peut-être pas étrangers. « Cette société, tu l’aimes ou tu la quittes, assume Valentine. Pour moi, c’est une excellente école du travail. Je pense que j’ai de la chance. » La jeune femme organise à sa guise son emploi du temps. Elle en profite pour cumuler d’autres fonctions à la Jeune chambre économique mais aussi au Conseil économique et social de Monaco. Des activités annexes qui renforcent, selon elle, son efficacité au bureau. « Cela me permet de repousser mes limites. J’ai plus de confiance car je suis plus “sachant”. » Cette grande liberté de mouvement est une condition indispensable à son bien-être en entreprise. Le management au résultat « donne du sens à [son] action. Me responsabiliser ne me fait pas peur car je sais ce que je fais. Je me dis qu’on a confiance en moi ». Ce qui la motive ? La flexibilité, les possibilités d’évolution mais aussi la bonne ambiance au travail : des facteurs responsables de son implication toujours forte au travail.

(1) L’entreprise Regus propose au Monte-Carlo Sun des espaces de travail équipés à court ou à long terme.

 

Maxime Douce, directeur des opérations chez Monaco Gourmet, 23 ans

« Je ne fonctionnerais pas sans challenge »

Maxime-Douce-@-Obs

Ce jeune Turbiasque a le profil type du serial entrepreneur. Maxime Douce n’est pas un inconnu en principauté. A seulement 14 ans, il prenait les commandes d’après-midi festives au Ni Box. Son entreprise Be one production conseille depuis trois saisons la mairie de Monaco pour sa Splash Party. Mais c’est avec Monaco Gourmet que ses compétences de business man ont explosé. Entré comme stagiaire, il est devenu deux ans plus tard le directeur des opérations de l’entreprise qui a racheté A Roca. Et Maxime ne manque ni d’idées ni de motivations pour faire évoluer la société. « Je suis à 100 % en autonomie. On ne me demande rien sur mon emploi du temps. Cela fonctionne beaucoup au résultat et j’aime bien ça. C’est indispensable pour être performant et heureux. Et c’est typiquement ce qui fait que je suis toujours là », résume le jeune homme. A Monaco Gourmet, il a trouvé les ingrédients pour s’épanouir dans le monde du travail : une bonne dose de challenge, d’esprit d’équipe et de responsabilisation qui forme le cocktail gagnant de sa réussite. « Je le fais comme si c’était ma propre entreprise. Je ne fonctionnerais pas sans challenge, avoue-t-il. On me demande de rendre des comptes mais on me fait confiance pour atteindre les objectifs. » Une recette visiblement gagnante.

 

Fabrice Marquet, directeur de MonacoTech, 35 ans

« Le vrai luxe, c’est de m’éclater dans ce que je fais »

Fabrice-Marquet-@-Obs

Ce Monégasque est à la tête de l’accélérateur/incubateur de start-ups de la Principauté. Jeune père de famille, Fabrice Marquet a retrouvé son pays il y a peu grâce à cette opportunité professionnelle. Après des études à Paris puis à New York, il a accumulé les expériences dans l’économie de la santé. « Le vrai luxe pour moi, ce n’est pas de gagner beaucoup d’argent mais de m’éclater dans ce que je fais. » Son poste de directeur lui permet un travail collaboratif où échange et communication sont au cœur du projet. « L’inertie et la lourdeur sont contreproductives », affirme-t-il. Ce management « axé sur la confiance, la valorisation et la responsabilité plutôt que l’autorité » semble indispensable à son épanouissement professionnel et personnel. « Aujourd’hui, revenir en arrière serait très compliqué… » Sa vision « transversale » de l’entreprise, il l’a acquise aux Etats-Unis. « En Europe, c’est en train de changer », observe le directeur. Comme nos autres témoins, Fabrice Marquet parle d’impact au travail. « Je pense qu’il y a une dizaine d’années, un profil senior aurait été recherché. Ils ont pris un risque avec moi car je dois encore grandir avec le poste. Mais ils ont choisi de sélectionner la vision que je pouvais apporter. S’ils avaient cherché un vrai pantin de représentation, je n’aurais pas été intéressé », résume le professionnel. Cette méthode de management encourage forcément le dynamisme du directeur qui se dit prêt « à se donner sans compter » dans ses fonctions.

 

« Conserver les talents »

MANAGEMENT/A Monaco, certaines sociétés comme CMS Pasquier Ciulla & Marquet ont modifié leur culture d’entreprise, impulsée par l’arrivée de nouvelles générations. Me Olivier Marquet, en charge des équipes banque, finance, entreprise et investissement, nous explique la méthode employée.

Olivier-Marquet-01-@-CMS

Pourquoi avoir fait évoluer votre mode de management ?

C’est en constatant le caractère obsolète, voir contreproductif, des anciens modes de management que nous avons pris la décision de basculer d’un management du “comment” vers un management du “pourquoi”. Notre approche est de mettre en place un environnement favorable pour attirer et conserver des talents, de partager une nouvelle culture d’entreprise plus centrée sur l’individu, ses talents et son épanouissement, et de créer un attachement fort au cabinet afin de réaliser de manière combinée les objectifs à court, moyen et long terme tant du cabinet que des personnes qui le constituent.

Les principales mesures prises ?

La première a été de convenir collectivement de la culture de notre cabinet. C’est au terme d’un brainstorming avec l’ensemble de ses membres que quatre valeurs furent érigées comme étant celles que l’équipe souhaitait absolument partager et cultiver. La seconde mesure a été d’implémenter ces valeurs dans notre processus de recrutement et de s’y référer en permanence dans l’appréciation des évolutions. Nous pensons que ce sont avant tout des individus qui nous rejoignent, outre leurs compétences. Aussi, nous avons augmenté les occasions de dialogue avec les membres du cabinet afin de discuter, avec eux, de leur situation personnelle et professionnelle. Enfin, nous avons exprimé clairement avec chaque membre de l’équipe le “pourquoi” de leur mission.

Avez-vous atteint vos objectifs ?

L’évolution de notre méthodologie de management a permis de faire grandir et de conserver des talents qui étaient déjà membres du cabinet et qui aujourd’hui, de par leur évolution, font notre fierté. Par ailleurs, la qualité humaine et technique globale de nos équipes actuelles est merveilleuse. En ce sens, notre objectif principal a été totalement atteint. Par la suite, et presque naturellement, le cabinet a accéléré son développement et conserve toujours aujourd’hui d’excellentes dynamiques positives. Enfin, le tout a permis d’améliorer plus encore la qualité de nos services et d’augmenter la satisfaction de nos clients.

Comment l’équipe s’adapte à ces changements ?

Ce type de management est très responsabilisant, dans la mesure où il met en lumière les individus dans leurs projets et actions. S’il change les codes et requiert donc du dialogue, nous avons constaté que la réponse est très positive. Toute l’équipe aime se retrouver avec des gens qui partagent la même vision.

Si vous deviez donner un conseil à une entreprise pour sauter le pas, quel serait-il ?

Donnez la parole à vos équipes et écoutez attentivement l’expression de leurs talents.

écrit par AnneSophie