Eric-Elena-18-03-2014-Obs

« Je ne suis pas convaincu par Laurent Nouvion »

Article publié dans L’Obs’ n°131 (avril 2014)

POLITIQUE / Seul élu du groupe politique Renaissance, Eric Elena fait un point sur l’actualité pour son premier mandat au conseil national.

14 mois après les élections, votre bilan ?
J’ai découvert le fonctionnement du conseil national. C’est une grosse machine. Mais c’est très intéressant. Même si je reconnais que j’ai du mal à suivre sur certains sujets. En tout cas, Renaissance travaille. D’ailleurs, on a déjà fait une proposition de loi sur l’organisation du travail de nuit. Et fin mai, début juin, on espère déposer une proposition de loi sur le salarié administrateur élu. Un point qui était d’ailleurs dans notre programme pour les élections de février 2013.

Quel souvenir vous gardez de ces élections ?
On a fait une campagne électorale de moins de 3 mois pendant laquelle on a dépensé 20 % de la somme maximale autorisée (1). Et on a récolté 10 % des voix. Donc soit on est très bons, soit les autres sont vraiment mauvais. Or, je ne pense pas avoir des compétences hors-normes…

Comment agir et peser alors que vous êtes seul ?
On se partage le travail. Chaque membre de Renaissance apporte ses connaissances pour m’aider. Par exemple, lorsque L’Obs’ nous interroge sur Monaco Telecom, c’est un autre membre de Renaissance, Etienne Ruzic, qui répond.

Comment vous faites pour assister aux commissions du conseil national ?
Je fais des choix. Sauf vote important, il y a des commissions où je ne vais pas. En revanche, je suis assez présent lors des commissions sur la loi électorale. Mais aussi pour les commissions sur le patrimoine où je suis en permanence, parce que j’estime que Monaco doit réfléchir sur cette question-là. Sinon on risque de perdre nos bases et nos valeurs. Je suis aussi la commission du logement.

Etre le seul élu à représenter Renaissance, c’est pénalisant ?
Notre objectif avant les élections, c’était d’avoir un élu pour avoir un relais à l’intérieur du conseil national. Du coup, ce but est atteint. Résultat, aujourd’hui je peux beaucoup plus facilement arriver à parler en direct aux conseillers pour les finances ou pour les affaires sociales par exemple.

Votre objectif, c’était aussi de changer l’image des employés de jeux ?
Non. Mais cela s’est fait naturellement. Au début, on n’y a pas pensé. Mais c’est vrai que, désormais, on nous regarde différemment. Dans les années 1960-70, les employés des jeux sortaient beaucoup, faisaient la fête… Ils avaient aussi un fort pouvoir d’achat.
Bref, ils avaient un peu une image de bringueurs. Aujourd’hui, la plupart sont pères de famille, d’autres s’occupent bénévolement d’associations. Et le pouvoir d’achat a baissé.

Dans quelles proportions ?
Ce qu’on gagne aujourd’hui en euros, c’est l’équivalent de ce que gagnaient les employés des jeux il y a 25 ans, mais en francs !

Mais l’image des salariés des jeux n’est pas vraiment bonne !
L’image donnée est celle de gens qui n’ont pas fait d’études, limite incultes, mais qui gagnent beaucoup d’argent. Or, c’est faux. Chez nous, on a des bac +4, des bac +5. D’ailleurs, le directeur des jeux de la Société des bains de mer (SBM), John Galvani, a estimé que le niveau des employés des jeux était sans doute l’un des meilleurs au monde.

Comment êtes-vous organisés chez Renaissance ?
Le bureau de Renaissance compte une douzaine de membres. On fait presque une réunion par semaine devant un café, dans un bar. C’est très décontracté. J’informe mes collègues des sujets qui ont été abordés au conseil national. Ensuite pour travailler sur nos propositions de loi, on se fait aider par un juriste parisien. L’objectif, c’est d’être le plus efficace possible.

14 mois après avoir été élu, vous-vous sentez plus proche d’Horizon Monaco ou d’Union Monégasque ?
Je ne connaissais pas Union Monégasque (UM). Je découvre donc Jean-Louis Grinda et Bernard Pasquier, que je trouve très intéressants. Chez Horizon Monaco (HM), j’apprécie Jacques Rit et Daniel Boeri qui font un travail énorme. Ce sont des personnes de valeur.

Vous préférez HM ou UM ?
Je penche plus vers des personnes que vers un parti politique. Donc, selon les sujets, je peux voter avec HM ou avec UM.

Qui vous a le plus déçu ?
Je ne suis pas convaincu par le président du conseil national, Laurent Nouvion. Il a vendu du rêve aux Monégasques. Or, aujourd’hui, on voit qu’il n’y a pas grand-chose derrière. Il n’est pas allé au bout des choses.

Un exemple ?
Lorsque je suis arrivé au conseil national, j’ai répété que je ne faisais ni partie de la majorité HM, ni de l’opposition UM. Voilà pourquoi je pensais que Laurent Nouvion ferait un geste vers moi. Surtout sur les sujets que je maîtrise, comme la SBM. Or, ça ne s’est jamais produit. En 14 mois, je n’ai jamais pu discuter 1 heure en tête à tête avec lui. Je me sens exclu.

Pour quelles raisons ?
Cela prouve bien qu’ils ont déjà leurs idées et qu’ils veulent rester entre eux. Mais ce n’est pas comme ça que l’on gère un conseil national. Le président du conseil national doit avoir une vision générale.

Mais Laurent Nouvion a répété qu’il serait le président de tous les élus ?
Exactement. Mais ça n’est pas le cas. Un exemple : un groupe de travail s’est réuni avec le gouvernement pour discuter de la future loi électorale. Je n’ai pas pu y participer. Et on nous a justifié ça par une erreur du secrétariat…

UM se plaint d’un « flou » dans la gestion du conseil national (2) ?
Il existe un véritable flou. Impossible de dire l’inverse. Mais ce n’est pas l’absence d’un chef de cabinet qui me dérange le plus. Aujourd’hui, il y a surtout un manque d’information. Et on a l’impression que ce flou est préservé pour faire ce qu’on veut derrière.

Pour clarifier la gestion du conseil national, Laurent Nouvion devrait faire appel à un chef de cabinet ?
Oui. Même le président de Rassemblement & Enjeux (R&E), Jean-Charles Allavena, qui fait partie de la majorité HM, le pense. Et il a raison d’aller dans ce sens-là. Parce que la communication reste la base de tout. Sans communication, on n’arrivera à rien. Ce n’est pas parce qu’on est président du conseil national que l’on peut tout se permettre.

Pourquoi vous intervenez très peu pendant les séances publiques du conseil national ?
Lorsqu’on a étudié le premier budget rectificatif, je me suis retrouvé face à un énorme pavé. Ma femme travaille dans la comptabilité, donc elle a pu m’aider. J’apprends au fur et à mesure.
Du coup, je préfère ne pas prendre la parole si je ne maîtrise pas suffisamment le sujet abordé.

Même sur la SBM, vous êtes resté assez discret en séance publique !
C’est un peu volontaire. Aujourd’hui, certains disent qu’Eric Elena c’est le petit toutou du président délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti. Que c’est son copain, son ami. Or, c’est faux. Jean-Luc Biamonti est quelqu’un de valeur. Il fait partie des Monégasques les plus diplômés. Et il partage le même objectif que moi : relancer cette entreprise. Or, si on se fait la guerre, on n’y arrivera pas.

Mais vous n’êtes pas toujours d’accord avec Jean-Luc Biamonti ?
C’est vrai. Sur le dossier Sporting d’Hiver, on ne partageait pas ses positions. Mais on a toujours des échanges positifs. Parce que l’envie d’avancer est partagée.

Pourtant, vous avez été attaqué en séance publique au sujet de la SBM ?
Au fond, ce qui dérange le plus, c’est qu’avec Jean-Luc Biamonti, un Monégasque nommé par le prince Albert, et moi-même salarié de la SBM et élu au conseil national, il n’y a plus trop d’entrées pour faire pression. Notamment sur des nominations à la SBM. Aujourd’hui, si un conseiller du gouvernement, le président du conseil national ou un élu cherche à imposer quelqu’un, je le dénoncerai. Et je dirai clairement : « C’est scandaleux ! On a encore nommé un incompétent à un poste clé. »

Les attaques dont vous avez fait l’objet vous ont surpris ?
Non. Après, quand on est élu, la priorité c’est de faire avancer Monaco. Et pas de chercher à avancer personnellement. Il ne faut pas oublier que derrière nous, il y a des enfants. Et qu’il faut penser à leur transmettre un outil en bon état de fonctionnement.

En fait, votre présence au conseil national contribue à politiser encore un peu plus la SBM ?
C’est vrai qu’on politise la SBM. Mais pas pour mener une politique de faveurs ou de privilèges. C’est pour mettre les Monégasques sur un même pied d’égalité. D’ailleurs, depuis 14 mois, il n’y a pas eu de nominations à la SBM d’un salarié mal noté ou pour copinage.

Vous croyez vraiment pouvoir faire disparaitre le copinage autour des nominations à la SBM ?
Tout ça commence déjà à se diluer. De toute façon, si on prend conscience que l’urgence consiste à relancer la SBM, il faudra bien laisser le copinage de côté. Parce que nommer un Monégasque incompétent à un poste important, cela freine le développement de l’entreprise.

Quel est la situation à la SBM, secteur par secteur ?
Les jeux vont bien. On a réalisé environ 40 millions d’euros de plus que sur l’exercice précédent sur ce qu’on appelle la masse, c’est-à-dire les jeux américains, le baccarat et les jeux européens. Les machines à sous sont un peu en dessous. Et le Sun Casino reste en avance sur les chiffres de l’an dernier. Donc tous les voyants sont au vert. Mais il faut rester prudent.

Pourquoi ?
Parce que faire une analyse sur un casino en se reposant uniquement sur deux exercices, c’est complètement stupide. En effet, la venue d’un seul gros joueur peut suffire à faire une grosse différence d’une année sur l’autre. Donc il vaut mieux prendre du recul et voir l’évolution sur 5 ou 6 ans.

Et ça donne quoi ?
On a passé trois années très difficiles. Il faut espérer que l’on arrivera à reproduire le même exercice l’an prochain.

Et l’hôtellerie ?
Avec les travaux à l’hôtel de Paris, c’est forcément compliqué. Mais je pense que beaucoup d’hôtels aimeraient entendre le discours social de la direction de la SBM. Car à part quelques cas un peu extrêmes, il n’y a pratiquement pas eu de licenciements. Et la direction reste ouverte à la discussion.

Il faut ouvrir certains casinos 24h/24, comme le propose le directeur des jeux, John Galvani ?
Pour le moment, cela ne concerne que les machines à sous du Café de Paris. Je ne suis pas convaincu. Mais je pense que c’est un essai qu’il faut faire.

Pourquoi ?
A Las Vegas, au dessus des casinos, il y a des hôtels avec des milliers de chambres. Du coup, il y a toujours un client qui ne dort pas et qui descend jouer, même au milieu de la nuit. A Londres, ils bénéficient d’une énorme métropole. A Macao, c’est carrément un autre univers. A Monaco, en semaine, on a une clientèle qui va de Marseille à Gênes. Donc ça reste limité. Voilà pourquoi, ouvrir 24h/24, je n’y crois pas.

Mais beaucoup de salariés craignent que ce test ne soit étendu à tous les jeux !
Ouvrir 24h/24 tous nos casinos n’aurait aucun sens. Après sur certains grands événements comme le Grand Prix de F1, les fêtes de fin d’année ou Pâques, pourquoi pas ?

Ça sera rentable ?
Je ne pense pas. Car ouvrir 24h/24 entraînera des dépenses nouvelles. D’ailleurs, il faudra sans doute embaucher.

La grève à l’hôtel de Paris fin décembre était justifiée ?
On était loin d’être arrivés au bout des négociations. Des réunions devaient avoir lieu début janvier. Derrière tout ça, il y a quelqu’un qui se cache. Je ne sais pas qui c’est. Mais cette personne joue à un jeu très dangereux. Je suis convaincu qu’un accord sera trouvé. La SBM a promis de faire les efforts nécessaires. Qu’est-ce qu’on veut de plus ? Mais une minorité est là pour créer du conflit en permanence.

Qui est cette minorité ?
Je pense à certains salariés par rapport à certains politiques.

Comment doper le chiffre d’affaires de la SBM ?
Il faut remettre des tables de jeux au Café de Paris. Mais pas seulement trois tables derrière les machines à sous. Il faut un vrai casino, avec un véritable projet. Utilisons tout notre potentiel.

Il y aura une école des jeux en 2014 ?
Je n’ai pas entendu John Galvani évoquer cela. Il a seulement parlé d’une école de formation. Mais actuellement, il n’y a pas de besoins pour lancer une école des jeux. Il faut être honnête : on est presque en sur-effectifs.

Pourtant, Laurent Nouvion réclame une école des jeux d’ici fin 2014 ?
Laurent Nouvion ne sait sans doute pas ce qu’est du Black Jack et une table de roulette… Je voudrais aussi que le directeur adjoint du Sun Casino, Christian Barilaro, qui est aussi élu HM, vienne me dire qu’ils ont besoin de salariés supplémentaires. C’est ça que je reproche à Laurent Nouvion. Pourquoi est-ce qu’il ne vient pas me parler sur un sujet comme celui-là ?

Vraiment aucun besoin en 2014 ?
Non. Ou alors il faut ajouter des tables de jeux au Café de Paris. Pour le moment, on peut attendre 2015 pour lancer une école des jeux. Mais il y a d’autres problèmes à régler.

Comme quoi par exemple ?
Depuis 10 ans, je dénonce le manque de formation spécifique aux jeux.

Quelle est la situation aujourd’hui ?
On prend des jeunes monégasques, on leur fait faire une école pendant 3 mois pour leur apprendre le Black Jack. Ensuite, on les lâche. Deux ans après, on leur apprend la roulette. Deux après, le Craps. Or, aujourd’hui, le secteur des jeux doit être encadré au niveau de la formation et de l’évaluation du début jusqu’à la fin de la carrière d’un salarié.

Votre proposition ?
Il faut créer une école des jeux permanente. On a pris beaucoup de retard sur ce sujet. Parce qu’on lance des écoles des jeux au coup par coup. Et souvent avant les élections…

Que devient votre proposition de loi sur la dépénalisation de l’avortement ?
A l’origine, cette proposition de loi faisait partie de notre programme électoral. C’est un programme qui a été construit assez rapidement. Or, c’est peut-être un sujet pour lequel on n’a pas suffisamment pesé le pour et le contre. Mais on trouvait ça intéressant. Depuis, si le nouveau pape François a montré son ouverture, il a dénoncé l’avortement. Or, vu la place occupée par la religion à Monaco, pousser pour cette loi reviendrait à aller se taper la tête contre un mur.

Vous avez donc changé d’avis ?
Personnellement, je reste convaincu que l’on aurait besoin de cette loi. J’ai deux garçons. Mais si j’avais une fille, je souhaiterais qu’elle puisse avorter à Monaco si elle le souhaite. Pourquoi aller à Nice ? C’est de l’hypocrisie à l’état pur. Mais c’est un combat que l’on a pas les moyens de mener.

HM et UM en pensent quoi ?
On n’en a pas discuté avec eux.

Votre proposition de loi sur le travail de nuit en est où ?
Par rapport aux métiers de l’hôtellerie et des jeux, c’est un sujet que l’on connait bien. Ça fait 30 ans que je travaille de nuit. Une étude d’un cabinet hollandais vient de démontrer qu’un travail de nuit avec des horaires de nuit en dent de scie débouchait sur 7 ans de vie en moins. Sans oublier le risque de divorce qui augmente, la santé qui se dégrade…

Vous proposez quoi ?
Que de 22 heures à 6 heures du matin, ces heures soient comptabilisées en double, mais pas payées en double. Ce qui permettrait d’obtenir des repos supplémentaires. Ensuite, tous les 10 ans, on bénéficierait d’un an de retraite en plus. Un salarié qui a travaillé 30 ans pourrait donc partir à la retraite à 57 ans. Cela passerait par la signature de conventions collectives dans les entreprises.

Quoi d’autre ?
Il faut aussi remettre la médecine du travail au cœur de cette problématique. Il y a par exemple de plus en plus de salariés dépressifs. Avec un meilleur suivi de la médecine du travail, on pourrait améliorer cette situation.

Cette proposition de loi a été déposée quand ?
En décembre 2013. On réfléchit aussi à l’idée de lancer une lettre que les salariés concernés pourraient signer, histoire de montrer que ce n’est pas un sujet qui concerne seulement Renaissance. C’est un sujet général qui concerne entre 3 800 et 4 000 salariés en principauté, fonctionnaires compris. Si on obtient 200 ou 300 signatures, cela peut peser.

Vous en avez parlé avec le président de la fédération patronale monégasque, Philippe Ortelli ?
Non. Mais je suis prêt à en débattre avec lui. Un compromis qui satisfera tout le monde peut être trouvé.

HM et UM pensent quoi de votre texte ?
Bernard Pasquier est venu m’en parler. Il juge cette proposition intéressante. Pour le reste, il n’y a pas eu de vrais échanges avec HM et UM.

Vous travaillez sur d’autres texte ?
Oui. On travaille sur une proposition de loi pour qu’il y ait un salarié-délégué élu au conseil administration dans les entreprises à monopole.

Quel intérêt ?
L’Allemagne a été un pays précurseur sur ce sujet. En France, 17 entreprises du CAC 40 fonctionnent ainsi. Cela permet de rapprocher les administrateurs des salariés, et donc de faciliter la communication et les échanges. Parce que lorsqu’on est en haut on ne sait pas ce qu’il se passe en bas, et inversement. Ça redonne aussi un peu de confiance.

Les entreprises concernées ?
Toutes les entreprises à monopoles concédés : Monaco Telecom, la SBM, la Société Monégasque de l’Electricité et du Gaz (SMEG)…

Mais le salarié élu n’a pas le droit de vote !
Non, c’est juste un représentant. Mais c’est tout de même bénéfique, puisque ça suppose davantage de transparence. Peut-être qu’avec un administrateur délégué à la SBM, on aurait évité la grève de décembre à l’hôtel de Paris ?

Vous ne craignez pas que cette proposition de loi soit enterrée ?
Non. En tout cas, ce texte sera déposé fin mai, début juin. En 2008, l’équipe de Laurent Nouvion avait déjà évoqué ce sujet.

Votre vision de l’Europe ?
Le conseil national doit être présent dans les instances européennes. Parce qu’il faut montrer qu’on existe. Et expliquer ce qu’est Monaco. Car les gens ne connaissent que 10 % de ce qu’est la principauté. Mais il ne faut pas perdre de vue que pour les relations extérieures, notre meilleur ambassadeur, c’est le prince Albert. Donc le rôle du conseil national à l’étranger est infime.

Monaco doit avoir peur de l’Europe ?
Non. On ne veut pas forcément se refermer, on veut seulement conserver nos avantages. Notre territoire ne fait que 2 km2. Donc si demain on ouvre tout, on est mort. Mais Monaco n’est pas un pays replié sur lui-même.
_Propos recueillis par Raphaël Brun

(1) En 2012, un plafonnement des dépenses a été fixé par arrêté ministériel à 400 000 euros. Le remboursement des frais de campagne par l’Etat est de 80 000 euros.
(2) Voir l’interview des élus UM publiée dans L’Obs’ n° 130.