Inculpations en série dans l’affaire Bouvier-Rybolovlev

Coup de tonnerre judiciaire à Monaco. Dans la tentaculaire affaire qui oppose depuis trois ans le patron de l’AS Monaco, Dmitri Rybolovlev, au marchand d’art genevois, Yves Bouvier, un nouvel épisode retentissant s’est opéré entre le 6 et le 8 novembre au palais de justice. Quelques heures avant le coup d’envoi du match de Ligue des Champions opposant son club au FC Bruges, le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev a été placé en garde à vue. Le lendemain, il était officiellement inculpé par le juge d’instruction français, détaché en principauté depuis 2013, Edouard Levrault. Le ou les chefs d’inculpation précis le visant n’ont pas été précisés. L’homme est soupçonné de « corruption », « trafic d’influence actif et passif » et complicité de ces délits. Son avocate Tetiana Bersheda a également été inculpée. Le 8 novembre, le parquet faisait savoir que d’autres personnalités de la vie politique ou judiciaire de Monaco avaient subi le même sort. A commencer par Philippe Narmino, ex-directeur des services judiciaires de la Principauté, inculpé pour des faits de « trafic d’influence actif, trafic d’influence passive, violation du secret de l’instruction et/ou du secret professionnel ». Sa femme, Christine, et son fils, Antoine, ont aussi été inculpés. Ce même jour, Paul Masseron, ex-conseiller de gouvernement à l’Intérieur de 2006 à 2015, a été inculpé pour « trafic d’influence passif, corruption passive et violation du secret de l’instruction et/ou secret professionnel ». Tout comme l’ancien patron de la Sûreté publique de 2013 à 2016, Régis Asso, inculpé lui aussi pour les mêmes faits que Paul Masseron. Deux hauts gradés de la police monégasque font également partie de la liste des inculpés. Il s’agit de Christophe Haget, patron de la police judiciaire de la Principauté, et son adjoint Patrick Fusari, pour des faits de « trafic d’influence passif, corruption passive, violation du secret de l’instruction et/ou secret professionnel ». Enfin en France, le magazine l’Express affirmait le 16 novembre que le domicile et les bureaux parisiens de Bernard Squarcini, ancien patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), avaient été perquisitionnés la même semaine par la police française, sur commission rogatoire internationale lancée par la justice monégasque. _A-S.F.

 

écrit par AnneSophie