Meeting-Horizon-Monaco

Horizon Monaco
« Nous voulons le changement »

POLITIQUE / La liste Horizon Monaco conduite par Laurent Nouvion a été présentée le 27 septembre. Une liste d’union avec 24 candidats qui espère s’imposer le 10 février aux élections nationales en misant notamment sur ses différences.

 

« La majorité sortante est usée. Elle est dépassée. Le ressort est cassé. Je suis prêt à donner au conseil national une nouvelle majorité. Je suis prêt parce qu’il est temps. Je suis prêt pour vous dire qu’en février, nous le ferons ! » La tête de liste d’Horizon Monaco (HM), Laurent Nouvion, s’est présenté en dernier le 27 septembre devant environ 500 personnes, salle du Canton. Après plus d’une heure et demie de présentation avec les 23 autres co-listiers, l’ex-président de Rassemblement & Enjeux (R&E) s’est lancé dans un discours offensif.

Ouverture
« Nous voulons le changement de majorité, a repris Nouvion. Pour mettre un terme à la méthode du consensus préalable. Un beau concept sur le papier. Mais vide de sens en pratique. Voilà pourquoi nous installerons un dialogue permanent. Il est temps que le conseil national arrête de naviguer à vue. » Une critique contre la gestion du conseil national par l’Union des Monégasques (UDM) dirigée par Gérard Bertrand.
Face à l’UDM qui organisait le 27 septembre ses primaires, Laurent Nouvion a décidé de présenter une liste de 24 candidats placée sous le signe de l’ouverture politique. Une confirmation de ce qui avait été dit le 11 septembre à l’occasion de l’annonce de l’alliance avec Synergie Monégasque (SM) de Claude Boisson : « Faire une liste de 24, on sait faire. Mais on a préféré s’ouvrir. On n’a pas la volonté d’être hégémonique » avait expliqué Nouvion. R&E s’est aussi ouvert à l’Union pour la principauté (UP) et à quelques indépendants. Pour obtenir une liste de 24 candidats, qui étaient présent sur les trois listes en course pour les précédentes élections de 2008.

Coldplay
Restait donc à expliquer aux militants de R&E et aux autres le pourquoi de cette alliance. Et pourquoi R&E et l’UP pouvaient finalement faire liste commune, après s’être durement combattus pendant près de 10 ans. Notamment avant 2008, alors que R&E s’appelait Valeurs & Enjeux (V&E) et s’alliait alors avec le Rassemblement pour Monaco (RPM). « Il n’y a pas d’incompatibilité fondamentale » ou « finalement, on est complémentaire », sont les petites phrases qui sont le plus souvent revenues à la tribune, lorsque les candidats se sont succédés, portés par des petits clips vidéo et la musique du groupe de rock britannique Coldplay, avec le tube Every Teardrop is a Waterfall. Un show moderne et rythmé, avec écran géant. Objectif : éviter tout risque de temps mort. Voilà pourquoi seulement 16 candidats sur 24 sont montés sur scène pour se présenter brièvement. L’ex-RPM Alain Ficini, le vice-président de R&E Jean-Charles Allavena, tous ont appelé à regarder devant, à ne pas rester bloqué sur le passé, même si « cela peut paraître difficile. »

« Colère »
Moment très attendu : l’ex-président de l’UP, Jean-Michel Cucchi, qui a exprimé sa « souffrance de voir certains élus se perdre dans des dérives parlementaristes » et sa « colère » : « L’UDM a trahi l’UP tout en ayant le toupet de nous donner des leçons de constitution, et en obligeant le prince à sortir deux fois de sa réserve. C’est deux fois de trop. » Allusion à peine voilée aux deux communiqués d’Albert II suite à une prise de position de l’élu UDM Jean-Charles Gardetto sur la direction des services judiciaire (DSJ) et à propos de la réforme des retraites. Et pour répondre aux rumeurs qui disent qu’il chercherait à concurrencer Nouvion, Cucchi a été clair : « Je n’ai aucun intérêt personnel. Je ne brigue aucun poste, aucun honneur. »
Comme un symbole, c’est justement Laurent Nouvion qui a succédé à Jean-Michel Cucchi sur scène. Très offensif, il a milité pour que le conseil national puisse à nouveau « jouer son rôle de contrepoids dans le dialogue institutionnel. » Puis, il a insisté sur quelques grands thèmes : préserver l’emploi pour les Monégasques, aider Monaco Telecom pour en faire « une pépite, un laboratoire des technologies de télécommunications. »
Sans oublier la Société des bains de mer qui va mal. Or « quand la SBM va mal, Monaco ne peut pas aller bien. » Quant aux relations internationales, HM veut les mettre en avant. Notamment avec la France, qui reste un partenaire naturel pour la principauté. Tout en restant indépendant bien sûr : « Parce que si nous devions faire des comptes avec la France, nous serions très largement créditeurs ! » Même chose face à l’Europe : « En 2018, nous aurons préservé Monaco des eurocrates et de cet étau des standards européens qui n’est pas ce que nous voulons. »

« Ruche »
Mais c’est sur le volet économique que Nouvion a le plus dévoilé les plans de sa liste. Finances publiques, modèle économique, financement du système social… D’ici 5 ans, HM vise le retour à un équilibre budgétaire durable. Objectif : atteindre 1 milliard d’euros de recettes d’ici 2015 : « On assurera l’avenir de la principauté en revenant à 3 années de budget liquide en réserve. Et d’ici 5 ans, on proposera de créer notre propre fonds souverain géré depuis Monaco, avec une équipe dédiée. » Ce qui permettrait de financer tout ou partie de la future extension en mer, car « personne ne viendra nous aider. Et nous ne voulons pas de certains investisseurs et de leurs capitaux ! Monaco doit garder le contrôle de cette future extension en mer, comme ç’a été le cas pour Fontvieille. »
Quant aux entreprises, c’est aussi un sujet fort pour HM : « Nous pousserons le gouvernement à moderniser nos lois économiques avec bon sens et sans dogmatisme. Et surtout, sans briser la visibilité qu’ont les investisseurs sur notre régime juridique et fiscal. Je rappelle que nous voulons rester des Monégasques et pas devenir des contribuables ! » Autre idée avancée par Nouvion : « Créer d’ici 2018 une ruche tertiaire et de petites industries de pointe non polluantes dans la zone de Fontvieille à rebâtir. » Alors que pour les commerces, il s’agira de se reposer sur une stratégie pensée quartier par quartier.

Seniors
Pour répondre aux besoins en logements des Monégasques, Nouvion a proposé d’insister sur les 2 pièces et la création d’une bourse d’échange pour gagner en flexibilité. Un effort sur les droits à bâtir sera aussi demandé au gouvernement pour construire des immeubles domaniaux, des bureaux et des locaux commerciaux. Tout en misant aussi sur la construction de 2 pièces domaniaux « pour mixer seniors et plus jeunes et assurer la solidarité entre les générations. » La création d’un fonds spécial pour assurer la dépendance des seniors sera aussi demandée.
Un peu plus de 2 heures de meeting au total, avant que Laurent Nouvion ne conclut : « Je vous invite à voter liste entière. Regardez le panachage, qui est le sport national à Monaco : chez nous, il est déjà fait ! C’est maintenant que tout commence. »
_Raphaël Brun

 

>Les 24 candidats

Laurent Nouvion, Jean-Charles Allavena, Marc Burini, Béatrice Fresko-Rolfo, Christophe Steiner, Caroline Rougaignon-Vernin, Christian Barilaro, Alain Ficini, Thierry Poyet, Valérie Rossi, Dylian Antonioli-Peyronnel, Jean-Michel Cucchi, Anne Poyard-Vatrican, Thierry Crovetto, Christophe Robino, Sophie Lavagna, Yves Chaki, Claude Boisson, Christophe Spiliotis-Saquet, Daniel Boéri, Philippe Clérissi, Pierre Svara, Nathalie Amoratti-Blanc, Jacques Rit._R.B.