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Femmes : stop aux discriminations !

SOCIETE/En 2016, les inégalités demeurent à Monaco entre hommes et femmes. Béatrice Fresko, présidente de la commission des droits des femmes, demande des mesures concrètes pour lutter contre les discriminations.

 

« Combattre les discriminations liées au sexe est l’affaire de tous. » Pour la présidente de la commission parlementaire des droits de la femme qu’est Béatrice Fresko-Rolfo, les mentalités ne changent pas assez vite et les idées reçues restent « tenaces ». Un exemple ? « Le fiasco d’une femme à un poste de direction est bien plus gravement considéré que celui d’un homme. Du coup, la pression sociale sur cette femme qui peut bénéficier de surcroit d’une mesure de discrimination positive, est très forte et fait peur », souligne la parlementaire. L’élue n’affiche pas un amour démesuré pour les quotas. Mais selon elle, « nous allons peut-être être obligés d’en passer par là ». Le dernier rapport de l’IMSEE sur la gouvernance d’entreprise montre bien le fossé actuel. Au 31 décembre 2014, les femmes représentaient 26,7 % des membres de conseil d’administration au sein des entreprises de la Principauté. Tandis que « les entreprises du Top 100 comportent de grandes disparités liées au sexe » dixit l’IMSEE. En effet, les femmes représentent globalement moins de 15 % des dirigeants de ces sociétés, et elles sont absentes des SARL du Top 100.

 

Réformes impératives

« La France a dû mettre en place des mesures coercitives car les démarches incitatives en matière d’égalité ont connu beaucoup de déboires », indique Béatrice Fresko, qui appelle le gouvernement monégasque à l’action. L’élue demande ainsi à l’exécutif de « prendre les mesures nécessaires pour lutter contre les stéréotypes de genre car il s’agit d’une discrimination indirecte ; mais aussi pour trouver un meilleur équilibre, par un dialogue social, entre la vie personnelle et la vie professionnelle. » La présidente de la commission des droits de la femme et de la famille du conseil national rappelle en effet que la plupart du temps, les obligations liées aux enfants ou à la garde des personnes âgées de la famille reposent sur les épaules des femmes. Selon elle, il s’agit en réalité d’éduquer le monde de l’entreprise. Ce qui passe par un véritable travail autour de l’égalité salariale. « La différence de salaire reste encore estimée à 20 % en moyenne. Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes avec les mêmes responsabilités ? » interroge l’élue.

Membre de la délégation monégasque au conseil de l’Europe, Béatrice Fresko a eu l’occasion de confronter les expériences menées au Luxembourg voire à Taïwan. Du Luxembourg, elle a ainsi ramené l’idée d’un délégué à l’égalité et à la médiation qui pourrait être « imposé dans toutes les moyennes et grandes entreprises, avec pour mission de veiller au respect de l’égalité quant aux évolutions de carrière. » Un délégué chargé aussi des problèmes de harcèlement au travail, qu’il soit sexuel ou moral…

L’élue demande aussi « qu’une étude soit menée sur l’évolution de la proportion de jeunes et de femmes dans certaines professions », histoire de mieux apprécier « notre paysage salarial ». La balle est aujourd’hui dans le camp du gouvernement.

_Milena Radoman

écrit par Milena