Hercule-Florence,-Engenho-da-Caxoeira-(cp-Jorge-Bastos)

Evasions culturelles

SORTIR/De Hercule Florence à Picasso, offrez-vous une sortie culturelle printanière dans l’un des musées de Monaco ou de la région. L’Obs’ vous a concocté un petit itinéraire artistique établi parmi les expositions du moment.

NMNM : A la découverte d’un Robinson monégasque

poipoi-Collection-J-&-F-Merino-Andreas-Gursky-Schwimmbad-Ratingen-Collection-privee-Monaco

Andréas Gursky Schwimmbad, Ratingen. © Photo NMNM

Pendant le mois de mars, le Nouveau musée national de Monaco abrite deux nouvelles expositions. La première, Poïpoï, Collection J & F Merino, rend hommage à Francisco et Josiane Merino, un couple de collectionneurs. Dotés d’une curiosité insatiable et d’une passion dévorante pour l’art, le duo commence à collectionner de la porcelaine de Chine “bleu et blanc”, puis s’intéresse à l’art contemporain et à la photographie conceptuelle américaine, avec des artistes comme Richard Prince et Cindy Sherman. Aujourd’hui, leur collection compte plus de 500 œuvres d’artistes de renommée internationale. De Arman à Paul McCarthy… A découvrir jusqu’au 30 avril, dans les espaces de la villa Sauber.

Autre site, autre époque. La Villa Paloma vous plonge au cœur de l’Amérique du XIXème siècle avec Hercule Florence, le nouveau Robinson. Ce projet du NMNM présente pour la première fois au public européen l’inventeur et créateur monégasque du XIXème siècle, Hercule Florence. Pour le NMNM, le but de cette exposition est de « donner à ce personnage illustre sa juste place dans l’histoire de la culture, en particulier dans celle de la photographie ». Elle présentera à partir du 17 mars un ensemble d’environ 300 œuvres de ce dessinateur-photographe parti au Brésil en 1823, chargé d’illustré l’expédition Langsdorff, commanditée par le tsar Alexandre Ier afin d’explorer le Mato Grosso. Plantes, animaux, tribus indiennes inconnues… Florence a dépeint chaque découverte de cette mission pleine de dangers. Avant de s’illustrer plus tard avec l’invention de nouvelles techniques de photographie ou avec son Atlas pittoresque des ciels. Aux côtés des dessins et manuscrits de l’artiste monégasque seront présentées au NMNM des œuvres commandées pour l’exposition à des artistes tels que Lucia Koch, Jochen Lempert, Leticia Ramos et Daniel Steegman Mangrané.

Poïpoï jusqu’au 30 avril. NMNM-Villa Sauber. 17, avenue Princesse Grace. Ouvert tous les jours de 10h à 18h. Renseignements : 98 98 91 26. Hercule Florence, le nouveau Robinson du 17 mars au 11 juin. NMNM – Villa Paloma, 56, boulevard du Jardin exotique. Ouvert tous les jours de 10h à 18h. Renseignements : 98 98 48 60. Adultes : Billet NMNM (Villa Paloma + Villa Sauber) : 6 euros.

 

Exposition-Michel-aubery

Musée océanographique : les tortues d’Aubéry

Avant d’accueillir en mai l’exposition monographique Borderline, de l’artiste Philippe Pasqua, le musée océanographique de Monaco fera découvrir les œuvres de Michel Aubéry, du 9 au 29 mars. C’est la deuxième fois que le Monégasque est invité au temple de la mer. Cette fois-ci, le président de la section amateur de l’ASMonaco football présentera une quarantaine de toiles sur le thème des tortues marines. Une sorte d’hommage à ces animaux qui peuplent nos mers et nos océans… ainsi que le toit du musée océanographique. Michel Aubery a exposé pour la première fois à la Galerie Rauch à Monte-Carlo à 14 ans et demi, parrainé par la princesse Grace. Diplômé des Arts décoratifs à Nice, cet artiste atypique a enseigné l’art dans une école américaine à Monaco avant de faire carrière dans le football… Au musée océanographique, il a invité Matéo Mornar, un sculpteur français d’art contemporain, à présenter trois de ses sculptures. A travers cette exposition, Michel Aubéry souhaite faire passer un message lié à la protection de ces espèces, trop souvent menacées. Le Monégasque a développé un style caractéristique. Ses toiles sont composées d’un alphabet graphique qu’il a créé lui-même depuis son enfance… Son travail s’apparente à l’expressionnisme fantastique.

Musée océanographique de Monaco, avenue Saint-Martin. Ouvert tous les jours de 10h à 18h. Renseignements : +377 93 15 36 00.

 

Vivien-Roubaud-@-Galerie-In-Situ-Fabienne-Leclerc-Paris-9

© Photo Galerie In Situ – Fabienne Leclerc

Nice : entre création et auto-destruction

Le Mamac consacre actuellement une grande exposition à Gustav Metzger. Un artiste au parcours international, dont l’influence n’a cessé de grandir ces dernières années. A l’instar de nombreux artistes de sa génération, il se met à créer des œuvres avec des objets du quotidien et des matériaux industriels amenés à se dégrader. Son implication dans les questions environnementales se fait clairement ressentir dans cette exposition. « L’art auto-destructif démontre la puissance de l’homme à accélérer le processus de désintégration de la nature et à le mettre en œuvre », déclarait-il. Gustav Metzger est connu pour repousser les limites de l’art, que ce soit dans les thèmes abordés ou dans les formes explorées. Il est considéré aujourd’hui comme une figure majeure des avant-gardes. L’exposition invite le visiteur à s’interroger sur les grands enjeux environnementaux contemporains. Autant de problématiques qui demeurent d’une grande actualité cinquante ans après leurs premiers développements… L’exposition permet également d’apporter un éclairage sur les autres collections du Mamac à travers « l’auto-destruction » et d’apporter un regard neuf sur d’autres artistes comme Arman, Niki de Saint-Phalle et Jean Tinguely.

Si Gustav Metzger s’est invité au Mamac, Vivien Roubaud, lui, a investi la Galerie des Ponchettes depuis le 11 février. Se définissant lui-même comme un « bricoleur généraliste », l’artiste niçois possède un style bien à lui. Il se livre en effet à des expérimentations spectaculaires et originales. Imprimantes, lustres, moteurs… Il prélève des produits obsolètes, puis les répare, les combine, les hybride. De façon à obtenir des machines, animées grâce aux protocoles techniques qui ont permis leur création. À la Galerie des Ponchettes, Vivien Roubaud a créé une installation monumentale, surréaliste et immersive. Les visiteurs sont directement plongés dans un environnement évolutif reliant le naturel à l’artificiel, la fragilité au danger, la technicité à l’humanité. Une expérience unique à découvrir jusqu’au 28 mai, en écho à l’exposition de Gustav Metzger présentée au Mamac.

Exposition Remember Nature de Gustav Metzger. Jusqu’au 14 mai 2017, au Mamac, Place Yves Klein, 06 000 Nice. Tous les jours sauf le lundi de 11h à 18h. Renseignements : 04 97 13 42 01.

Exposition de Vivien Roubaud, jusqu’au 28 mai, à la Galerie des Ponchettes, 77 quai des Etats-Unis, 06 300 Nice. Tous les jours sauf le lundi de 11h à 18h. Renseignements : 04 93 62 31 24.

 

Expo-Picasso-sans-cliche-@-Edward-Quinn-Madoura-Vallauris-1953

© Photo Edward Quinn

Antibes : Picasso sans cliché

Le musée Picasso à Antibes proposera Picasso sans cliché à partir du 8 avril. Une exposition de photographies réalisées par Edward Quinn, un photographe irlandais et ami proche de l’artiste. Edward Quinn a vécu et travaillait sur la Côte d’Azur pendant les années 50. C’est à cette époque qu’il a rencontré “le Maître” et s’est lié d’amitié avec lui. Les deux hommes ne se quitteront plus jusqu’à la mort du célèbre artiste. Edward Quinn a photographié Picasso dans son intimité, en train de peintre, de dessiner, de sculpter, avec des amis ou en famille. « Je craignais de le déranger en me déplaçant autour de lui […] Quel soulagement pour moi, et quel encouragement aussi, lorsque je sus, par la suite, qu’il avait dit à l’un de ses amis : “Lui ? Il ne me dérange pas !”… Il m’autorisa, en effet, à venir régulièrement, et je pus le photographier à différentes époques, en différents endroits », expliquait le photographe. L’exposition présentera 125 clichés dont la plupart, en noir en blanc, ont été pris spontanément et sans aucune préparation. Une rétrospective en images de la vie d’un homme talentueux éternellement absorbé par son art, à découvrir jusqu’au 2 juillet.

Musée Picasso, place Mariejol, à Antibes. Du 8 avril au 2 juillet. Ouvert tous les jours sauf le lundi, de 10h à 12h et de 14h au 18h. Plein tarif : 6 euros. Tarif réduit : 3 euros – sur présentation d’un justificatif. Renseignements : 04 92 90 54 20.

écrit par La rédaction