Millepertuis

Et si on vivait MIEUX ?

Aujourd’hui, la mode est à la quête du bien-être. Chacun veut mieux manger et mieux se soigner. D’où l’engouement pour les médecines douces. Certains médecins poussent même un véritable cri d’alarme pour une meilleure alimentation et une agriculture plus saine. Dans ce dossier spécial, le médiatique professeur Charles Sultan, professeur d’endocrinologie pédiatrique à Montpellier, dénonce l’impact des pesticides sur la santé des enfants, sur la base d’une étude récente publiée le 1er juin dans une revue scientifique.

 

Vive les MAC !

 

SANTÉ/Homéopathie, phytothérapie, acupuncture, thérapies manuelles… Les médecines alternatives et complémentaires (MAC) sont plébiscitées par les adeptes des solutions naturelles. Objectif : réguler les énergies, chasser le stress, et soulager les douleurs sans passer par la case médicaments.

« Tu as mauvaise mine ! C’est le printemps. Tu devrais faire une petite cure de radis noir artichaut pour nettoyer ton foie… » « Gratte-toi la langue au réveil, fais une cure ayurvédique et tu te sentiras mieux ! » A Monaco, la récurrence de ces petites phrases anodines, entre le fromage et le dessert, montre bien que les mentalités ont changé. Aujourd’hui, l’objectif est simple. Il s’agit de mieux manger, mieux se soigner et être en harmonie avec son corps et son esprit. La mode est aux médecines alternatives et complémentaires (MAC). On les dit douces, parallèles, traditionnelles, non conventionnelles… Tous ces qualificatifs désignent des pratiques thérapeutiques qui se distinguent de la médecine allopathique et du tout-médicament. Parmi ces 400 MAC répertoriées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on distingue les méthodes fondées sur des produits naturels (phytothérapies, aromathérapies), des techniques axées sur la manipulation (ostéopathie, chiropraxie), de thérapies du corps et de l’esprit (hypnose, méditation, sophrologie…) ou encore de systèmes complets reposant sur des théories (acupuncture, homéopathie…). Mais toutes remportent un succès fou. Selon le rapport du Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP), publié en octobre 2012, 70 % des habitants de l’Union européenne ont fait appel à une thérapie complémentaire au moins une fois dans leur vie et que 25 % y recourent chaque année. C’est dire.

 

Bouche à oreille

Si en principauté, il est impossible de trouver des statistiques sur l’engouement pour ces disciplines, les Monégasques semblent particulièrement friands de médecine douce. A Beausoleil, l’étiopathe Rémy Snyadi en sait quelque chose. Deux tiers de ses patients habitent ou travaillent à Monaco. Et il a dû renoncer à son activité à Mandelieu pour absorber la forte demande à Beausoleil. « J’ai l’impression que les gens sont plus ouverts aux médecines alternatives à Monaco qu’en France. Ils font davantage attention à leur bien-être. Et ce n’est pas seulement une question de fortune personnelle », estime le praticien de 32 ans, qui s’est installé, une fois ses diplômes en étiopathie et en médecine (anatomie et imagerie neuro-vasculaire) en poche. « Le succès vient surtout de l’efficacité des soins. 2 à 5 séances suffisent pour avoir un résultat. Les mutuelles remboursent d’ailleurs désormais une partie des séances car elles voient que c’est plus rentable que les médicaments », ajoute-t-il. Rémy Snyadi a trouvé sa voie quand il a découvert cette technique de thérapie manuelle à l’âge de 20 ans. Après être tombé d’un toboggan de 3 mètres de haut quand il était bambin, il a souffert toute sa jeunesse de douleurs cervicales. « Jusqu’au jour où mon père m’a fait rencontrer un étiopathe. L’effet a alors été immédiat. Et ce, alors que je ressentais des douleurs depuis 17 ans… » confie-t-il. Aujourd’hui, c’est lui qui soulage migraines, troubles ORL ou digestifs, colites à répétition, etc. « Beaucoup de patients viennent car ils ont l’impression d’avoir tout essayé dans la médecine conventionnelle et que rien ne marche… Plus que les manipulations, c’est notre façon de les écouter et de raisonner pour remonter à la cause de la pathologie qu’ils apprécient. » L’étiopathie étant une discipline jeune — elle a été créée par Christian Trédaniel en 1963 —, le bouche à oreille est essentiel. « On a une obligation de résultat car l’étiopathie est encore aujourd’hui peu connue », estime le jeune praticien.

 

Globalité

A Monaco, certains médecins ont aussi sauté le pas, alliant l’allopathique et la médecine chinoise. C’est le cas de Danièle Macchi-Massobrio. Cette gynécologue – qui a également une spécialité de diététique et nutrition – a décidé de synthétiser les connaissances pour appréhender ses patientes dans leur globalité. Après avoir démarré par les Fleurs de Bach (élixirs floraux réalisés à partir de trente-huit essences de fleurs) il y a 15 ans, la gynécologue a effectué des travaux d’ethnobotanique, d’homéopathie avant d’étudier la médecine chinoise pendant 4 ans. Ce docteur connaît même même la numérologie. « On réagit émotionnellement différemment selon la date de notre naissance. La médecine, c’est l’art de la santé et du bien-être. A l’époque d’Hippocrate, les médecins étaient aussi astronomes et chimistes », rappelle-t-elle. Ce médecin spécialiste souhaite traiter le fond et non seulement les symptômes. Avec la médecine chinoise, multimillénaire, elle a appris comment faire circuler les énergies grâce aux « merveilleux vaisseaux », travailler la respiration, et soulager certaines maladies mal soignées comme les fibromyalgies. « L’énergie, c’est la base de tout. C’est le Xi pour les Chinois, prana pour les ayurvédiques, baraka pour les soufis, yesod pour les kabbalistes, Ki pour les japonais… Aujourd’hui, je mets à la disposition de mes patientes un protocole énergétique de réharmonisation, afin d’assurer une optimisation de la prise en charge thérapeutique », souffle la gynécologue qui finalise un livre synthétisant ses recherches (en médecine chinoise, micronutrition, etc).

 

Les plantes ont la cote

Parmi les disciplines en vogue à Monaco, il y a bien évidemment la phytothérapie. Il n’y a sans doute plus une pharmacie en principauté qui ne propose des principes actifs de plantes… Mais au Larvotto, la pharmacie de L’Estoril en a fait une spécialité. Alexandre Troubaiewitch s’est formé à la phytothérapie et l’aromathérapie scientifique à la faculté de médecine de Lyon en 2012. Récemment, il s’est déplacé à Paris pour se perfectionner sur le système nerveux, mais aussi la gestion du stress et des troubles du sommeil. « En pharmacie, on propose énormément de molécules chimiques pour soigner les gens. Mais la chimie ne permet pas de tout résoudre. La chimie est inefficace pour tuer un virus ou stimuler un système immunitaire », analyse le pharmacien qui observe un changement de mentalités : « Avant, les médecins considéraient que c’était du pipi de chat. Aujourd’hui, il y a un vrai mouvement de fond. Médecins, chirurgiens et anesthésistes se forment aussi. »

Si les fondements de la phytothérapie remontent à l’antiquité égyptienne, avec le Papyrus Ebers, un rouleau de 110 pages, long de 20 mètres datant de 3 500 ans, aujourd’hui c’est une science à part entière. « Il existe une vraie encyclopédie, chaque plante a sa composition chimique et l’on connaît les différentes actions sur le système nerveux central. Par exemple, on connaît le curcuma pour ses vertus anti-inflammatoires, digestives, anticancéreuses et anti-Alzheimer ; le millepertuis pour ses qualités antidépressives (des études ont comparé ses effets à des antidépresseurs chimiques…) ; ou encore l’immortelle comme anti-bleu et anti-rides. Pour le sommeil, la valériane est une plante magique, comme l’eschscholtzia », liste Alexandre Troubaiewitch. Avant d’ajouter : « Un patient était venu avec des analyses de foi exécrables. Un peu de chardon marie et de curcuma pour lui détoxifier le foie… Lors de ses dernières analyses, ses transaminases étaient en baisse. » Mais attention : l’efficacité des principes actifs des plantes dépend du dosage – ils ne doivent pas être sous-dosés — et de la méthode d’extraction (distillation, infusion ou macération).

Le succès – commercial — est en tout cas visiblement au rendez-vous. Y compris, vu le quartier du Larvotto, auprès de la clientèle étrangère fortunée. « Beaucoup d’hommes d’affaires, notamment des Russes, nous demandent conseil », explique le pharmacien qui fait profiter de son expérience des populations moins aisées. Parmi les produits fournis à titre bénévole, il donne à l’association Enfants du monde des trousses de secours à base d’huiles essentielles : « Le tea tree par exemple est un désinfectant très bien toléré qui permet d’empêcher les infections cutanées. »

 

Entrée au CHPG

Ce n’est donc pas un hasard si l’aromathérapie (soit l’utilisation médicale des extraits aromatiques de plantes) a fait son entrée au centre hospitalier Princesse Grace (CHPG). Le docteur Robino, chef de service d’urologie, l’avait déjà introduit dans son service il y a quelques années. En tant que président du comité d’établissement du CHPG, il a validé des protocoles avec aromathérapie pour les médecins qui souhaiteraient s’y mettre. « J’ai une vision très pragmatique : l’aromathérapie apporte confort et sérénité aux patients pendant les séances de dialyse. C’est un vrai plus. » Et ce n’est pas la seule MAC à être testée au CHPG. La formation à l’hypnose est validée depuis 3 ans. « L’hypnose peut être utilisée par les anesthésistes pour la prise en charge de la douleur aigue ou dans le cadre de soins palliatifs », rappelle Christophe Robino. Logique à une période où les médecines douces ou complémentaires envahissent les hôpitaux publics français, souvent sous la pression des patients. L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a ainsi signé en 2012 un accord avec le ministère chinois de la Santé pour développer des protocoles de recherche clinique bilatéraux et former des médecins en Chine… Tandis que la Suisse vient de reconnaître le diplôme fédéral de praticien de naturopathe et ses quatre disciplines : la médecine ayurvédique, l’homéopathie, la médecine traditionnelle chinoise (MTC) et la médecine naturelle traditionnelle européenne (MTE).

_Milena Radoman

 

PANCHAKARMA/

L’ayurvédique en vogue

Via une amie naturopathe basée en Suisse, Isabelle, une Monégasque, a suivi en 2011 une formation en aromathérapie et appris les huiles essentielles de base pour soigner les bobos du quotidien. Cette école Usha Veda, proposant des cures ayurvédiques, elle décide alors de faire un panchakarma en Inde. « C’était sur un coup de tête. J’ai senti que j’avais besoin de faire une cassure après la ménopause et un choc émotionnel. Je n’ai pas eu envie de rentrer dans une spirale de médicaments. » Durant ces 15 jours de cure, elle est suivie par un médecin qui détermine quels soins prodiguer et à quel endroit, en plus du yoga et de la méditation. Mais aussi quoi manger. « Ce n’est pas une cure d’esthétique. Tu n’es pas là pour maigrir mais pour te nettoyer. Chaque jour, tu as 2h30 de massages afin de pousser les toxines vers l’estomac avant de les purger. Tous tes maux sortent la première semaine, et tu te sens ensuite tellement mieux », raconte-t-elle. Séduite par la médecine ayurvédique, elle en garde des principes de vie. Par exemple, capturer les toxines en se passant de l’huile végétale sur la peau au réveil, avant la douche. Ou encore passer sur la langue un gratte-langue au réveil pour ne pas ravaler les toxines. « Je ne suis pas très appliquée en méditation mais quand j’en fais à certaines périodes, je me sens beaucoup mieux », confie Isabelle, qui est depuis revenue en Inde pour un stage de marche sur le feu. « Une expérience incroyable. Tu marches sur les braises pour chasser tes peurs. Je l’ai fait 6 fois… » _M.R.

LES RÉACTIONS/

L’avis des médecins

Pour le président de l’ordre des médecins Jean-Michel Cucchi, pas question de « rentrer dans le débat de savoir si la médecine, c’est mieux ou moins bien que les médecines douces. » Convaincu que « la médecine n’est pas la seule à pouvoir apporter du bien aux gens et que cette dernière a encore d’énormes progrès à accomplir », le radiologue reconnaît l’efficacité de certaines techniques : « L’acupuncture, par exemple, est une spécialité reconnue et appliquée par des médecins. » Avant d’ajouter : « A partir du moment où les soins prodigués ne sont pas toxiques et apportent un bien-être, j’y suis favorable. Après, il y a des choses à prendre et à laisser. Autant je suis persuadé de l’efficacité de certains traitements effectués par des chamanes au fin fond de l’Amazonie, autant je crois moins dans celle de la danse de la pluie… » Le président de l’ordre estime surtout qu’il faut « faire attention à la terminologie de médecines alternatives, qui peut créer une confusion chez les patients. Un dentiste, c’est un dentiste et non un médecin. C’est la même chose pour les praticiens qui préconisent l’homéopathie ou la chiropraxie. Je n’ai rien contre mais ce ne sont pas des médecins. » _M.R.

LIVRES/

Info ou intox ?

Dans Médecines douces : info ou intox ? (éditions Cassini), Simon Singh et Edzard Ernst tirent à boulets rouges sur les MAC. « Sur la base des meilleures preuves disponibles, nous pouvons dire que la plupart des formes de médecines alternatives ne procurent, pour la plupart des maladies ou affections, aucun bénéfice thérapeutique prouvé ou bien apparaissent de façon démontrable comme inefficaces ; de plus, un certain nombre de thérapies alternatives peuvent présenter des risques pour les patients [par exemple, en raison de leur « hostilité aux vaccinations »] » racontent ainsi les auteurs, un scientifique et un journaliste. Exemple : « il n’y a aucune preuve de l’existence du Qi ou des méridiens » en acupuncture. Ou encore : « L’exemple le plus achevé de l’escroquerie homéopathique est peut-être celui du remède appelé Oscillococcinum. […] C’est sûrement la forme la plus achevée du charlatanisme médical ». Seule la phytothérapie trouve un peu grâce à leurs yeux… _M.R.

 

BUSINESS/

Des laboratoires monégasques séduits par les plantes

« Jeune médecin, j’ai eu la chance d’être invité au Boston Massachussets Hospital dans un département recherche et nutrition qui ciblait ses processus d’études cliniques sur l’influence des micronutriments et de l’équilibre général du corps et du cerveau. Revenu en France, j’ai voulu éduquer le grand public », raconte Yann Rougier, fondateur de Forte Pharma. C’est à Monaco que le membre fondateur de la NPH Foundation (Nutrition, Prevention and Health) à Monaco, également consultant pour plusieurs équipes sportives comme l’Arsenal Stadium ou l’AS Monaco, créera en 1999 ce laboratoire qui développe près de 50 produits parmi lesquels des compléments alimentaires et des médicaments à base de plantes.Nicolas Frassanito a lui aussi été séduit par la phytothérapie il y a 25 ans. L’homme d’affaires estime « avoir appris beaucoup de choses des phytothérapeutes. Il y a tout dans la nature. » Le dirigeant de l’entreprise monégasque PhytoQuant, dont l’herboriste a développé un procédé d’extraction original des principes actifs des plantes, constate l’engouement pour les produits à base de plantes. « Les études sur le marché des compléments alimentaires estime la croissance de 15 % en 2016-2017. Même s’il y a la crise, les gens ont envie de se sentir bien. Ce succès vient de l’écueil de certains médicaments mais aussi du fait que beaucoup de remèdes sont déremboursés. » _M.R.

Manger autrement !


ALIMENTATION/« Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger » disait Socrate. Pour le cancérologue Henri Joyeux, une bonne alimentation est aussi la première médecine. Dans son livre Changez d’alimentation (1), le professeur à la faculté de Montpellier donne des conseils-clés pour mieux manger.

Comment l’obésité augmente les risques de diabète, de cancers et de maladies auto-immunes ? Pourquoi le végétalisme est une erreur nutritionnelle majeure ? Comment les fruits frais sont-ils les aliments majeurs contre le cancer et le vieillissement ? Dans son livre Changez d’alimentation !, bestseller des librairies, le cancérologue Henri Joyeux répond à toutes ces interrogations. Avec une logique : l’alimentation est la première médecine. C’est bien simple : selon lui, « la prévention nutritionnelle éviterait 100 000 cas de cancers par an en France ». Première règle : s’il faut chasser le fléau de l’obésité, pas question de suivre un régime. « Il ne faut jamais de régime d’X ou Y, précise-t-il souvent en interview. Ça ne marche pas. Ça coûte cher et on retrouve aussi vite le poids qu’on a perdu dans un temps record. » Pour le professeur Joyeux, il s’agit de promouvoir une alimentation saine, manger mieux et meilleur. « Un cancer sur deux est lié à de mauvaises habitudes alimentaires », assure le professeur à la faculté de médecine de Montpellier dans son livre.

 

Règles de vie

Alors changer ses habitudes alimentaires commence par choisir des aliments moins caloriques. « Il faut supprimer ou diminuer de son alimentation courante au plus vite les aliments contenant des sucres à index glycémique élevé que l’on trouve dans les sucres raffinés, le pain blanc, les pizzas et les pâtes et évidemment toutes les pâtisseries, viennoiseries et barres chocolatées ou coupe-faim… On les remplacera par des fruits frais de saison accompagnés de fruits secs en petite quantité », insiste-t-il dans Changez d’alimentation.

Autre conseil : « Il faut sortir du gluten pour aller vers les pains de fleurs, tartine de sarrasin, quinoa, châtaignes, ou figues… » Mais aussi faire cuire les aliments à la vapeur douce qui ne dépasse pas 95°-97 °C afin de conserver leurs qualités nutritionnelles et leur goût. Et attention aux viandes rouges : « Une bonne côtelette une seule fois par semaine… », rappelle-t-il à l’envi. Si un ballon de vin rouge au milieu ou à la fin de chaque repas est toléré voire préconisé par le médecin, évitez les alcools forts : 4 % des cancers du sein seraient liés à l’alcool (surtout l’alcoolisme mondain des alcools forts whiskies, gin, vodka, etc).

 

Bannir le lait de vache

A bannir aussi de notre alimentation : les produits laitiers de vache (sous forme de yaourts, crèmes glacées ou non, fromages, boissons lactées). « Pas plus d’un laitage par jour ! » Garder seulement une petite portion de fromage de chèvre ou de brebis. Car si selon le professeur Joyeux, le lait maternel est l’idéal pour la santé du bébé et de la mère, « les laitages de vache ne sont pas faits pour l’homme. » Selon le médecin, ils contiennent trop de calcium et des facteurs de croissance cellulaire et tissulaire qui augmentent les risques de nombreuses maladies invalidantes (les pathologies ORL des petits enfants, l’inflammation du tube digestif, les rhumatismes, les maladies nerveuses du type dépression, etc).

 

Le secret de la nutrition méditerranéenne

Qu’a-t-on le droit de consommer alors ? On peut opter pour une nutrition méditerranéenne et son huile d’olive, idéale pour la santé, notamment pour la prévention de l’ostéoporose (elle fixe le calcium sur l’os). Avec une règle d’or : « Manger 5 fruits ou légumes par jour est un minimum. Ces produits apportent l’eau, les sucres, les vitamines, les minéraux, les oligo-éléments, les fibres et ont un effet de satiété, évitant ainsi de manger autre chose en excès », rappelle le professeur. Côté protéines animales : Henri Joyeux conseille de manger de bons poissons et fruits de mer (2 à 4 fois par semaine), des volatiles bio de chez nous, des œufs bio assez souvent. « Le poisson gras une fois par semaine réduirait le risque de cancer du rein. La consommation d’aliments riches en acides gras oméga-3 pourrait abaisser le risque de cancer de la prostate chez les sujets génétiquement prédisposés »… Mais attention aux saumons d’élevage : la revue américaine Science faisait état en 2004 de présence de toxiques (dioxine par exemple) en quantité plus élevées chez les saumons d’élevage que chez les saumons pêchés en mer. A privilégier aussi : ce que fabrique les abeilles, en plus du miel, qui « est excellent pour notre santé ». A savoir le pollen et la gelée royale (« Dans la Chine antique, elle assurait longévité et vigueur sexuelle »). Bien évidemment, Henri Joyeux préconise de consommer bio, surtout dans une PACA première région de France, proportionnellement, en termes d’agriculture biologique, avec en 2012 13 % de la surface agricole. « Le bio de proximité, labellisé c’est la sécurité de la qualité nutritionnelle de l’aliment qui garde toutes ses qualités organoleptiques (goûts et odorat). » car il n’est jamais trop tard pour s’y mettre. « Mais il faut s’y mettre et vite », insiste le cancérologue.

_Milena Radoman

(1) Changez d’alimentation, éditions du Rocher, 463 pages, 24 euros.

 

GUIDE PRATIQUE/

Des aliments coupe-faim naturel, antistress…

Dans le livre Antioxydants qui guérissent , la naturopathe Alessandra Moro Buronzo explique comment les antioxydants permettent de lutter contre les radicaux libres, qui accélèrent le vieillissement des cellules et sont considérés comme les responsables du déclenchement ou de l’aggravation de grand nombre de problèmes de santé (flétrissement de la peau, glaucomes, Alzheimer, etc). Au travers de 22 fiches, les propriétés de nombreux aliments sont détaillées, avec des conseils d’utilisation pratique au quotidien. On y découvre, par exemple, que l’abricot séché est utile en cas de constipation ou pour garder la tonicité de la peau ; que l’ail est un bon antiviral et antibiotique ; que l’artichaut possède une action coupe-faim. Les gourmand(e) s seront ravi(e) s de savoir que le cacao et le chocolat sont utiles en cas de fatigue, stress, prévention ou combat de la dépression, hypertension artérielle. Mais attention : une consommation très importante peut provoquer une addiction…

Editions La Martinière. 121 pages. 13,90 euros.


écrit par Milena