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Enfants du pays : « Préserver notre communauté »

ASSOCIATION / Logement, fiscalité, transmission du certificat de domicile, création d’un statut légal… Les enfants du pays ont décidé de se regrouper en association pour faire entendre leurs revendications.

Ils sont Français, Italiens, Allemands ou Anglais… Leur point commun : être nés à Monaco et y avoir toujours vécu. « Ils », ce sont ceux que l’on appelle les enfants du pays… Une communauté qui a décidé de se fédérer.

Fiscalité
Créée le 25 mai, l’association des enfants du pays (Adep) affiche une série d’objectifs précis : « Travailler de concert avec les autorités monégasques pour faire connaître et reconnaître nos spécificités, nos liens affectifs très forts avec Monaco. Et étudier les moyens de préserver notre communauté au sein du pays qui nous a vus naître », explique la présidente Géraldine Motillon. Loyers trop chers, fiscalité jugée trop lourde par la communauté française de la principauté… Beaucoup sont obligés de quitter Monaco. Notamment beaucoup de Français. « D’après l’ambassade française, nous sommes actuellement 7 662 Français inscrits. Nous étions 15 317 immatriculés en 1985. Soit un déclin de 50 % en 27 ans », ajoute Motillon.

Chute
Alors, pour essayer de stopper cette chute libre, l’association des enfants du pays a décidé de se mobiliser. Notamment en réclamant la création d’un statut légal qui leur serait propre. Une idée qui a d’ailleurs été récemment remise sur la table par la majorité Horizon Monaco (HM) du conseil national. « La création de ce statut est porteur d’espoir pour nous tous. Nous reconnaître un statut différent que celui des nouveaux résidents nous semble juste. Beaucoup d’entre nous sommes à Monaco depuis de nombreuses générations. Notre vie est intimement liée à Monaco. Toute attaque contre la principauté nous touche aussi », expliquent les membres de cette association.

Logement
Mais ce n’est pas tout. Car cette association a aussi de grosses attentes en termes de logement. « Le secteur protégé disparaît inexorablement. Pendant ce temps, le secteur intermédiaire peine à voir le jour, alors que le nombre d’appartements de la Villa Ida est faible. Même si cela est déjà un début… », soupire la présidente de l’Adep. Avant de se lancer dans un petit coup de gueule : « Il serait peut-être envisageable que des appartements domaniaux refusés à maintes reprises par des Monégasques puissent être proposés à des enfants du pays. J’ai lu dernièrement que les rez-de-chaussée et les 1er étages d’immeubles étaient considérés comme « impropres à la location » par certains. Je ne suis pas sûre que les enfants du pays contraints au départ suite à la démolition de leur immeuble par exemple ou habitant des appartements particulièrement vétustes, partagent cette opinion… » Avant de se dire personnellement favorable à l’idée de créer un secteur mixte mêlant appartements domaniaux et appartements pour les enfants du pays. « Même avec des loyers à prix différents… »
_Sabrina Bonarrigo