© Archives Palais Princier

Devoir de mémoire

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HISTOIRE/Monaco accomplit son devoir de mémoire. L’Obs’ opère une plongée dans l’Histoire de la principauté durant la seconde guerre mondiale en publiant des extraits de l’ouvrage Monaco sous l’occupation de Pierre Abramovici, préfacé par Albert II.

 

1993 : Première stèle commémorative au carré israélite du cimetière de Monaco, en souvenir des victimes juives. 1996 : Monaco sous les barbelés de Denis Torel, préfacé par Serge Klarsfeld, enclenche une série d’enquêtes et d’ouvrages. 2006 : Dès le début de son règne, le prince Albert accélère le devoir de mémoire à Monaco en créant la commission d’indemnisation des victimes de spoliation, dont le rapport public, cette année, publie le nom des victimes déportées dans les camps nazis. 2015 : Albert II fait des excuses publiques aux victimes de la rafle du 27 août 1942.

Aujourd’hui, 60 ans après la Libération de Monaco, le nouvel ouvrage de Pierre Abramovici Monaco sous l’occupation enrichit les connaissances sur cette période de l’Histoire. Photos inédites, sorties des archives du palais, du fonds régional, de la SBM ou des collections privées, témoignages poignants, anecdotes surprenantes… L’ouvrage sert à « éclairer une réalité qu’il ne convient pas aujourd’hui d’occulter mais au contraire de faire connaître aux générations futures, afin que la mémoire de ces événements reste dans l’esprit de chacun et notamment des plus jeunes », rappelle ainsi le prince Albert II dans sa préface. Les travaux de Pierre Abramovici « montrent notamment, dans les heures sombres de la Seconde Guerre mondiale, une tentative de mainmise économique des nazis sur la Principauté, dans le dessein d’en faire une plate-forme financière à leur dévotion. Mais aussi la grande misère de la population confrontée aux privations, aux rigueurs des différentes occupations et aux difficultés de la Libération », poursuit le chef de l’Etat.

De droite à gauche, Emile Roblot, ministre d’Etat, la princesse Antoinette, en charge du ravitaillement et de l’action sociale, le prince Louis II et Louis Aureglia, maire de Monaco, résistant clandestin à l’occupant. © Detaille Archives Palais Princier

De droite à gauche, Emile Roblot, ministre d’Etat, la princesse Antoinette, en charge du ravitaillement et de l’action sociale, le prince Louis II et Louis Aureglia, maire de Monaco, résistant clandestin à l’occupant. © Detaille Archives Palais Princier

 

Le train blindé allemand Panzerzug assure la surveillance le long de la ligne de chemin de fer qui traverse la Principauté (vers 1943). © DR Archives Palais Princier

Le train blindé allemand Panzerzug assure la surveillance le long
de la ligne de chemin de fer qui traverse la Principauté (vers 1943). © DR Archives Palais Princier

 

Mais ce n’est pas tout. Qui dit occupation dit collaboration mais aussi résistance. On y retrouve « des Monégasques, de diverses convictions politiques, religieuses ou philosophiques, qui se sont levés, et ont rejoint la Résistance. Anonymes ou non, agents de la Sûreté ou carabiniers, commerçants, fonctionnaires ou étudiants, unis, ils ont aidé l’effort des Alliés pour libérer leur patrie et l’Europe occupée. Ils n’ont pas tous été actifs à Monaco, beaucoup l’ont été en France, mais tous participaient d’un même idéal : mettre fin à la barbarie », souligne le prince, avec une pensée particulière pour l’engagement de son père, Rainier III.

Dans cette même logique de devoir de mémoire, L’Obs’ a décidé de publier ce qu’on appelle, dans l’édition, “les bonnes feuilles” de Monaco sous l’occupation (1).

 

(1) Monaco sous l’occupation de Pierre Abramovici. Editions Nouveau monde. 359 pages. 49 euros.

écrit par Milena