Ballet-royal-du-Cambodge

De l’art au printemps

CULTURE / La 29ème édition du printemps des arts se déroulera du 15 mars au 14 avril. Un festival décliné sur 5 week-ends qui mettra à l’honneur les cultures congolaise et cambodgienne.

L’évènement attire chaque année 10 000 spectateurs selon les organisateurs. Pour cette 29ème édition du printemps des arts, le directeur artistique Marc Monnet, aux manettes de ce festival monégasque depuis 2003, a décidé de proposer une « nouvelle traversée musicale » très dense. En misant sur du « surprenant », de « l’inventif », des « découvertes lointaines », mais aussi du « très classique. » Une programmation concoctée avec un budget qui n’a pas bougé depuis 4 ans. « Notre budget s’élève à 1,5 million d’euros. Pour la quatrième année consécutive, nous n’avons bénéficié d’aucune hausse budgétaire. On se retrouve au même niveau financier qu’en 2008 », déplore Monnet. Un véritable handicap. Car si le budget est resté bloqué, l’inflation et les coûts ont forcément augmenté. Heureusement, comme l’an dernier, l’édition 2013 a pu bénéficier du financement privé de la Banque Martin Maurel Sella. Seule ombre au tableau : « Nous n’avons aucune garantie que ce partenariat sera renouvelé en 2014. Or, toute la problématique réside dans le fait que nous travaillons déjà aujourd’hui, sur les programmations de 2015 et 2016. » Le montant de ce sponsoring privé est resté top secret.

Classique
Côté programmation, c’est avec un répertoire classique que la saison débutera (les 15,16 et 17 mars, puis les 13 et 14 avril) à la salle Empire et à la salle Garnier, avec une monographie consacrée au compositeur allemand Ludwig van Beethoven (1770-1827). Au total, 9 concerts seront répartis sur ces deux week-ends. Au programme : des sonates pour violon, des sonates pour violoncelle et des trios avec piano, interprétés par Tedi Papavrami au violon, Xavier Phillips au violoncelle et François-Frédéric Guy au piano. Toujours dans un registre classique, les spectateurs monégasques pourront ensuite découvrir l’univers de Béla Bartók (1881-1945), un compositeur hongrois qui, en s’inspirant des folklores paysans d’Europe centrale, a jeté les bases d’un nouveau langage musical. Au total, 5 concerts (les 22, 23, 28, 30 mars et le 12 avril) ont été programmés. Six quatuors à cordes seront interprétés par 4 formations de référence : le quatuor Arditti, fondé en 1974 à la réputation internationale, ainsi que trois des meilleurs représentants de la jeune génération : le quatuor Parker (fondé à Boston en 2002), le quatuor Ardeo (créé à Paris en 2004) et le quatuor Anima (lancé à Saint-Pétersbourg en 2005). Mais l’évènement classique de cette édition 2013 sera sans aucun doute la venue à Monaco de l’orchestre du Théâtre Mariinsky le 5 avril à l’auditorium Rainier III. Cette compagnie, originaire de Saint-Pétersbourg consacrera un portrait au compositeur russe Igor Stravinsky (1882-1971)

Cambodge
Emmener le spectateur dans des contrées lointaines et faire découvrir des cultures extra-européennes : c’est aussi l’ambition du printemps des arts. Cette année, direction le Cambodge (le 29 mars à la salle Empire) pour partir à la découverte des musiques et des danses traditionnelles khmères… C’est le Ballet royal du Cambodge, composé de 23 danseurs et de 10 musiciens, qui a été invité. Un ballet qui a une histoire tragiquement singulière, puisqu’au moment de la folie meurtrière des Khmers Rouges, qui a secoué le pays à partir de 1970, danseurs et musiciens ont été en grande partie exterminés. C’est la princesse Norodom Buppha Devi, elle-même ancienne danseuse, qui a eu la volonté de faire renaître cette troupe.

Autodidactes
Changement de continent le 6 avril à l’auditorium Rainier III, avec un portrait consacré à la République démocratique du Congo (RDC). Des musiciens traditionnels et des danseurs, pour la plupart originaires de la province de Bandundu, viendront faire une escale en principauté. Tout comme l’orchestre symphonique Kimbanguiste de Kinshasa. Un ensemble musical atypique puisqu’il est composé de musiciens totalement autodidactes, qui ne savaient ni lire la musique, ni la jouer. N’ayant même pas les moyens d’acheter des instruments, tous les ont fabriqués eux-mêmes. « Une entreprise humaine invraisemblable », assure Monnet. Enfin, les plus aventuriers, pourront s’inscrire au fameux « Voyage surprise » programmé le 24 mars. Les spectateurs seront transportés en bus « vers un lieu insolite », pour écouter des « musiques surprenantes », assurent les organisateurs.
_Sabrina Bonarrigo

Tarifs : de 23 à 48 euros selon les spectacles. Tarifs réduits pour les 13 à 25 ans, sur réservation uniquement, à l’atrium du casino de Monte-Carlo. Gratuit pour les enfants jusqu’à 12 ans révolus (sauf pour le « Voyage surprise »). Renseignements : (+377) 98 06 28 28. Toute la programmation sur www.printempsdesarts.mc.