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De la friture sur la ligne

COMMUNICATION/Avec de nouvelles offres à la rentrée, Monaco Telecom veut rassurer des clients qui se sentent “pigeonnés”.

 

“Parce qu’à Monaco, on n’est pas non plus des pigeons”… Le nom, volontairement provocateur, du groupe Facebook créé par des clients de Monaco Telecom a le mérite d’être clair. L’augmentation tarifaire de l’abonnement à la ligne fixe (de 14,05 à 17,90 euros mensuels à compter du 1er septembre) a du mal à passer chez les consommateurs. Surtout chez ceux – et ils sont nombreux – qui pensaient que le rachat de 55 % du capital de Monaco Telecom par le fonds de Xavier Niel serait synonyme de changement de politique tarifaire… à la baisse. Personne n’aurait imaginé que l’opérateur monégasque en situation de monopole, détenu majoritairement par le fondateur de la téléphonie low cost Free, s’alignerait sur les tarifs… d’Orange. C’est pourtant exactement ce qu’a décidé de faire Monaco Telecom dès septembre. En incluant, certes, de nouveaux services à l’abonnement comme la présentation du numéro ou encore le transfert d’appel.

 

Couac

La polémique née au cœur de l’été pourrait prêter à sourire. D’autant plus que la communication devrait être le fort d’un spécialiste des télécoms… Or, il s’agit bien d’un couac d’une communication en deux temps. La hausse de tarifs de ligne fixe va de pair avec un découplage attendu depuis des années par les usagers du téléphone fixe et Internet. « Nous proposerons dès septembre une offre très innovante (qui permet d’avoir Internet sans abonnement) grâce à une nouvelle technologie (le téléphone passera par une nouvelle box, N.D.L.R.). Nous souhaitions communiquer au moment où nous serions prêts mais il est vrai que nous aurions pu envoyer en même temps que la notification de la hausse en juillet une lettre complémentaire aux abonnés », admet Martin Péronnet, directeur général de Monaco Télécom.

 

Promesses

Il est vrai que la direction de l’entreprise en monopole n’imaginait pas que les politiques s’empareraient de la polémique. Rassemblement & Enjeux, tout comme des élus de la majorité, ont en effet immédiatement réclamé des explications. « Aujourd’hui, R & E et son comité politique constate que les promesses (d’innovation) tardent à voir le jour mais qu’en revanche les seules nouveautés qui ont été apportées sont un plan social massif et une augmentation de près de 30 % de l’abonnement par voie de facture interposée. Quelle délicatesse » a fustigé le parti. « Depuis l’arrivée du nouvel actionnaire en mai 2014, plus de 31 millions d’euros ont été investis pour refondre entièrement les services délivrés à la population monégasque. On est passé de 30 à 60 mégas pour l’ADSL (ce qui a causé une hausse de 50 % du trafic Internet), on se concentre pour le mobile sur le développement des débits 4G+, on a inauguré le data center, etc » rétorque Martin Péronnet, qui se dit prêt à rencontrer les conseillers nationaux. Tout en indiquant avoir expliqué la stratégie de l’entreprise aux élus en commission des concessions le 15 avril. Une présentation insatisfaisante, riposte Thierry Poyet, président de cette commission, qui demande des éléments concrets sur l’avenir de l’entreprise. « On nous taxe de populistes. On veut juste connaître le plan de développement de la société tout comme nous le faisons pour d’autres concessions comme le Yacht Club. C’est de l’argent public ! Tant qu’il y aura rétention d’informations, on continuera d’aller au clash », promet-il, inquiet également des licenciements qui continuent après le plan de départ volontaires de décembre. Un clash qui pourrait intervenir dès le budget rectificatif. A moins que…

_Milena Radoman

écrit par Milena