D. O Conseil : la Société Générale en négociation ?

JUDICIAIRE / C’est en tout cas la thèse avancée par Le Figaro le 12 octobre. Selon ce quotidien, l’une des banques de Fabrice Denizet, accusé d’avoir escroqué des centaines de clients dans le Var et à Monaco (voir L’Obs’ n° 113), pourrait accepter de négocier une indemnisation. « Pour le moment, la Société Générale recueille les informations, les analyse et prendra ensuite position. Il est donc prématuré d’envisager des négociations », a expliqué à L’Obs’ Me François Martineau, avocat de la Société Générale. « Lors d’une réunion de l’association des victimes de D. O Conseil samedi 13 octobre, l’ensemble des adhérents présents s’est montré favorable à une négociation. Car pour une victime une indemnisation la plus proche est toujours préférée », souligne Me Olivier Avramo qui défend 170 victimes avec son collègue Me Gérard Mino.

En clair, les avocats des ex-clients de D. O Conseil reprochent aux banques d’avoir réagi trop tardivement alors que les sommes en jeu explosaient. « Les dispositions du code monétaire et financier n’ont pas été respectées. Exemple : une banque doit signaler au Traitement du Renseignement et Action contre les Circuits FINanciers clandestins (Tracfin) toute anomalie. Or, la Société Générale n’a réagi que le 19 janvier 2012 en déclarant que le compte fonctionnait anormalement depuis 2 ans », ont expliqué à L’Obs’ Me Nicolas Lecoq Vallon et Me Hélène Feron-Poloni. « C’est la Société Générale qui a pris l’initiative de prévenir les autorités pénales, se défend Me Martineau. De plus, la Société Générale et sa filiale Société Générale Asset Management (SGAM) ont été victimes de faux et usages de faux et se sont constituées parties civiles. Boursorama, une autre filiale, a aussi porté plainte. » La plus grande discrétion règne autour de ces supposées négociations avec les 7 avocats qui défendent près de 1 000 victimes de Denizet. Selon les estimations, le préjudice se situerait entre 30 et 40 millions d’euros. Une somme que Denizet est bien sûr incapable de rembourser. A noter que le liquidateur de D. O Conseil réclame à la banque 70 millions d’euros. C’est-à-dire la totalité du passif.

_Raphaël Brun.