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Cultures multiples

CULTURE / Par Raphaël Brun

 

photo du coffret

Coffret Eric Rohmer, L’Intégrale

d’Eric Rohmer

Incontournable. L’éditeur Potemkine signe LE coffret à ne pas rater en cette fin d’année ou pour bien commencer la suivante. Trois ans après la disparition d’Eric Rohmer (1920-2010), cette intégrale DVD et blu-ray permet enfin de mieux cerner le talent de ce cinéaste hors du commun dans des versions remasterisées. Les 22 blu-rays offrent une restauration visuelle de haute volée, réalisée avec respect. Ses six Contes moraux (1962-1972), son cycle de six Comédies et Proverbes (1981-1987) ou ses Contes des Quatre Saisons (1990-1998), auxquels il faut ajouter 9 films hors cycles composent une œuvre riche et incontournable.

Coffret Eric Rohmer, L’Intégrale, 30 DVD et 22 blu-rays, 24 long-métrages, 9 courts métrages dont 2 inédits, un livret de 100 pages, coffret en tirage limité et numéroté, 199 euros. 

 

jaquette du film

Conjuring : Les Dossiers Warren

de James Wan

Epouvante. Sur la forme, l’exercice se traduit par un énorme clin d’œil aux classiques des films d’épouvante. James Wan, à qui l’on doit notamment Saw (2004), nous livre cette fois un hommage appuyé à Amityville – La maison du diable (1979). On retrouve donc la famille américaine confrontée à des phénomènes inexpliqués dans une maison inquiétante. Ed et Lorraine Warren, un couple d’enquêteur, va chercher à comprendre. Histoire vraie ou pas, James Wan ne révolutionne donc pas le genre, mais reste très efficace quand il s’agit de faire sursauter son public.

Conjuring : les Dossiers Warren de James Wan, avec Vera Farmiga, Patrick Wilson, Ron Livingston (USA, 2013, 1h50), 19,99 euros (DVD), 24,99 euros (blu-ray). Sortie le 21 décembre.

 

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La Rivière Tumen

de Zhang Lu

Gelé. Entre la Chine et la Corée du Nord, il y a la rivière Tumen. Souvent gelée, elle permet aux Coréens de traverser pour fuir la famine et rejoindre des villages chinois où on parle leur langue. Etonnant et indispensable film, La Rivière Tumen permet de mieux comprendre pourquoi la Chine peut représenter une ouverture vers plus de libertés dans un marché du travail toujours plus globalisé. Pour Zhang Lu, il n’y a aucun espoir. L’amitié grandissante entre le Chinois Chang-ho, 12 ans, et le réfugié coréen Jeong-jin, jeune espoir du foot, n’y changera rien.

La Rivière Tumen de Zhang Lu, avec Jian Cui, Jinglin Li (FRA-CORSUD-CHI, 2010, 1h29), 19,99 euros (DVD). Indisponible en blu-ray. Edition collector limitée à 1900 exemplaires. Sortie le 2 janvier 2014.

 

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Magic Magic

de Sebastián Silva

Folie ? On avait aimé La Nana (2009) et Les Vieux Chats (2010) du réalisateur chilien Sebastián Silva. Alicia, une jeune américaine rejoint des amis au Chili pour les vacances. Peu à peu isolée,  victime de crises d’angoisse, elle semble perdre la raison. Entre folie et surnaturel, Silva verse dans l’horreur en utilisant une série d’arguments psychologiques très efficaces. Le cauchemar s’installe peu à peu, de manière insidieuse. Rien de gore ici, le malaise grandit notamment à travers la cruauté de certains personnages. Un film étrange et dérangeant.

Magic Magic de Sebastián Silva  avec Michael Cera, Juno Temple, Emily Browning(USA, 2013, 1h37), 12,99 euros (DVD), indisponible en blu-ray. Sortie le 15 janvier 2014.

 

couverture du livre

Mankell par Mankell

de Kirsten Jacobsen

Polar. Décrypter l’écrivain suédois Henning Mankell. C’est le pari relevé par Kirsten Jacobsen. Pas simple, dans la mesure où Mankell est connu pour son caractère difficile. En 1963, à 16 ans, il arrête l’école et rejoint la France où il vit de petits boulots. Rentré en Suède, il écrit sa première pièce de théâtre à 19 ans et son premier roman à 23 ans. En 1989, il crée Kurt Wallander. Cet inspecteur, qui est un peu le double de Mankell, a assuré le succès de son auteur en 9 romans. Sjöwall et Wahlöö, les fondateurs du roman policier suédois très social, ont trouvé leur successeur.

Mankell par Mankell de Kirsten Jacobsen, traduction Anna Gibson (Seuil), 304 pages, 19,90 euros.  Un paradis trompeur, Henning Mankell, traduction Rémi Cassaigne (Seuil), 384 pages, 22 euros.

 

couverture du livre

L’Amérique de Philip Roth

de Philip Roth

Histoire. Quatre romans signés Philip Roth réunis dans un seul ouvrage : idéal pour revisiter une certaine histoire de l’Amérique. Pastorale américaine (1997) revient sur la guerre du Vietnam, J’ai épousé un communiste (1998) évoque le maccarthysme, La Tache (2000) fait écho au scandale Clinton-Lewinsky, alors que Le Complot contre l’Amérique (2004) traite de la deuxième guerre mondiale. Un choix idéal pour découvrir ou redécouvrir l’envers du rêve américain.

L’Amérique de Philip Roth, de Philip Roth (Pastorale américaine, J’ai épousé un communiste, La Tache, Le Complot contre l’Amérique), (Quarto-Gallimard), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun, 1 152 pages, 25 euros.

 

couverture du livre

Rap, hip-hop 30 années en 150 albums de Kurtis Blow à Odd Future

de Sylvain Bertot 

Anthologie. Se faire une culture rap à travers 150 albums, voilà ce que propose Sylvain Bertot. Membre historique du magazine en ligne POPnews.com pour lequel il signe les articles consacrés au hip-hop, il anime aussi le blog Fake For Real. Après une introduction sur l’histoire du rap et du hip-hop, 150 albums triés sur le volet sont disséqués. Un livre essentiel pour mieux comprendre le poids social, politique et culturel de ce genre musical venu des Etats-Unis qui a fêté ses 40 ans en 2013. Indispensable au vu de la méconnaissance qui entoure encore trop souvent cette musique.

Rap, hip-hop, 30 années en 150 albums, de Kurtis Blow à Odd Future, de Sylvain Bertot (Editions Le Mot et le Reste), 416 pages, 24 euros.

 

couverture de la BD

L’astragale

d’Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg

Cavale. Paru en 1965, L’Astragale est un roman d’Albertine Sarrazin, en plus d’être un petit os de la cheville. L’histoire est celle d’Anne, une jeune prostituée de 19 ans qui se casse l’astragale en s’évadant de prison. Recueillie par Julien, un petit voyou, elle finit par en tomber amoureuse. S’en suit alors une fuite en avant, faite de passes et de planques, dans une société des années 1950 parfaitement restituée par le talent de Terkel Risbjerg. Le noir et blanc est magnifique pour une histoire qui l’est tout autant.

L’Astragale d’Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg (Sarbacane), 224 pages, 24 euros.

 

couverture de la BD

Nancy, 1943-1945

d’Ernie Bushmiller

Strip. 70 ans après, Actes Sud nous propose de nous replonger dans ce classique signé Ernie Bushmiller (1905-1982). Son «strip» Nancy lancé aux Etats-Unis dans les années 1930 a été publié en France 20 ans après sous le nom d’Arthur et Zoé. C’est souvent le non sens et l’absurde qui prennent le dessus dans ces «strips» efficaces qui se résument le plus souvent en quatre cases. Conçues entre 1943 et 1945, les saynètes permettent aussi de percevoir le contexte économique et politique de l’époque et le ressenti de la classe moyenne.

Nancy, 1943-1945 d’Ernie Bushmiller (Actes Sud BD / L’An 2), 336 pages, 39 euros.

 

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Live from KCRW

Nick Cave & The Bad Seeds

Radiophonique. Après le beau et sombre Push the Sky Away (2013), Nick Cave est de retour. Ce 15ème album studio a donné lieu à une tournée. Et à un enregistrement réalisé le 18 avril pour la radio californienne KCRW. Quatre titres sont issus de Push the Sky Away, avec aussi The Mercy Seat, l’un des morceaux préféré de Cave. La version CD contient 10 titres, contre 12 pour l’édition vinyle, avec Into My Arms et God is in the House en bonus. Higgs Boson Blues et No More Shall We Part sont sublimés par le minimalisme des arrangements.En 2014, Cave jouera dans 20 000 Days on Earth, une fiction qui raconte 24 heures de sa vie d’artiste. Iain Forsyth et Jane Pollard sont à la réalisation.

Live from KCRW, Nick Cave & The Bad Seeds (Pias / Kobalt), 14,99 euros (CD), 19,99 euros (vinyle).

 

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Drone Logic 

Daniel Avery

Futuriste. Premier album pour le DJ anglais Daniel Avery. Originaire de Bournemouth, il cite True Faith de New Order lorsqu’on lui demande quel morceau de musique le rend le plus heureux. En 12 titres, Avery confirme. Sa techno minimale est terriblement prenante. Le rythme infernal de Need Electric ou le très planant Simulrec sont autant d’invitations à céder, à se laisser aller devant ce disque pas comme les autres. These Nights Never End achève de convaincre sur l’exceptionnel travail de Daniel Avery. Knowing We’ll Be Here clôt cet album très futuriste. On en redemande.

Drone Logic, Daniel Avery (Phantasy / Because), 11,99 euros (CD), 19,99 euros (vinyle). www.danielavery.co.uk.

 

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No Ceremony///

No Ceremony ///

Curiosité. Manchester continue d’inonder la sphère musicale avec des groupes de qualité. Cette fois, ils s’appellent No Ceremony /// et ils sont assez mystérieux pour exciter la curiosité des critiques musicaux. Deux garçons et une fille dont on connait à peine les noms et qui se justifient en expliquant que peu importe qui ils sont, que l’important c’est leur musique. Ils n’ont pas tort. Voix douces, beats agressifs, pianos aériens… Leur disque est à la fois dansant (Feelsolow, Holdonme), glacial (Part of Me, Heartbreaker avec Joey Santiago des Pixies à la guitare) ou superbement déprimé (Awayfromhere). Au final, une seule vérité en ressort : tout leur réussi.

No Ceremony ///, No Ceremony /// (NOC/// / Pias), 16 euros (CD), 24 euros (vinyle). www.noceremony.com.