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Cultiver l’esprit d’entreprise

ESPRIT/Que ce soit à la Jeune chambre économique de Monaco ou au Monaco Côte d’Azur Business Hub, l’objectif est le même : stimuler l’entreprenariat.

Créée en 1963, la Jeune chambre économique de Monaco s’est imposée comme un acteur incontournable de l’entreprenariat monégasque. Depuis plus de vingt ans, son concours de création d’entreprise a favorisé l’émergence de jeunes pousses lancées par des jeunes entrepreneurs de moins de 40 ans. Et ce, dans tous les domaines. Les familles connaissent parfaitement le Fun House, ce parc d’attraction indoor conçu par Mélanie Espagnol Crozet ou encore la société A domicile Monaco, qui propose le recours à des auxiliaires de vie mais aussi à des gardes d’enfant. Tandis que les geeks auront entendu parlé de Urban Sim Monaco, « adaptation du jeu vidéo SimCity à la vie réelle » selon sa créatrice Jade Aureglia ; ou de Youdome, capable de fournir une image de la structure du corps des athlètes en 3D, afin d’améliorer leur performance…

Deux jours et deux nuits

Le nouveau président de la Jeune chambre, Olivier Mura, veut « faire le nécessaire pour que Monaco devienne une terre de création d’entreprises ». Et dans cette association où les quadras (et plus) n’ont plus droit de cité, on ne rechigne pas à la tâche. En plus du traditionnel concours, on multiplie les incitations à transformer les idées qui trottent dans la tête de salariés ou cadres dirigeants en vrai projet entreprenarial. De Graine d’entrepreneur, pour les lycéens, à Get in the ring, un combat de pitchs… Au dernier start-up week-end, les équipes participantes ont eu deux jours et deux nuits pour développer une idée et un business model solide. Les lauréats ? “Atletude”, le Airbnb des terrains de tennis, ou encore Share The Mic — une plateforme communautaire destinée aux propriétaires d’établissements de nuit et aux groupes de musique. L’an prochain, la JCEM compte bien faire passer un cap à ce concours innovant. « Nous aimerions mettre en place un partenariat avec MonacoTech, en vue d’une intégration automatique à l’incubateur en guise de prix. Ce serait un véritable passeport pour la réussite », explique Maxime Douce, chargé de cet événement. Et s’agissant de start-up, ce Turbiasque de 23 ans — l’un des plus jeunes membres de l’association — sait de quoi il parle. A 14 ans, avec une vingtaine de lycéens habitant en France ou en Europe rencontrées via le Net, il a monté une radio associative. Juste avant de lancer, à 15 ans et demi, les Teens Party à Monaco puis de créer sa société d’événementiel. Des soirées — sans alcool — réservées aux ados de de 13 à 17 ans qui cartonnent désormais partout en France et en Belgique. Diplômé de l’Edhec, il se lance aujourd’hui dans la création d’une cantine virtuelle…

Passerelle entre Monaco et Sophia

Une passion pour le business que l’on retrouve aussi au Monaco Côte d’Azur Business Hub (MCABH). A la tête de ce Hub de 110 membres, Yannick Quentel veut mettre en relation des entrepreneurs de ces deux pôles, complémentaires, qui ne se connaissent pas. « L’idée est de décloisonner ces deux territoires qui travaillent en silos. On facilite la cartographie des savoir-faire ainsi que l’émergence de coopérations entre la pépite technologique que représente Sophia-Antipolis et la caisse de résonance mondiale qu’est Monaco. »

Depuis la création de l’association en septembre 2013, de nombreux contrats ont vu le jour entre les entrepreneurs de Monaco et de Sophia Antipolis. Et pour Yannick Quentel, ce n’est qu’un début : « Le jour où on sera capable de fédérer l’écosystème Monaco-Côte d’Azur, on sera redoutable. On sera aussi fort que la Californie. » Une comparaison avec “l’Hollywoodienne Los Angeles” pas si anodine. « On peut trouver des liens et des synergies entre Cannes et Monaco sur le segment entertainment media connecté », estime le quadra, qui imagine une passerelle entre le Festival TV de Monaco et Cannes séries, dont la première édition est prévue en avril 2018 dans la capitale du cinéma. D’autant plus que devrait bientôt voir le jour à la Bocca une véritable Cité des Entreprises, orientée vers l’image et le numérique, qui comprendra notamment un hôtel d’entreprises, un fab-lab et un espace de co-working. « Le producteur de Braquo et de Plus Belle la vie, Fabrice Larue, réside à Monaco. Tandis que Mediawan, le fonds d’investissement créé par Xavier Niel — avec Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton —, a racheté le groupe AB, impliqué dans la production et la distribution de séries TV, téléfilms, dessins-animés et documentaires ainsi que dans l’édition de chaines TV. Pourquoi ne pas associer ces talents et imaginer une collaboration ? » lance Yannick Quentel. Un scénario qui n’est pour l’heure qu’une simple hypothèse de travail, mais qui deviendra peut-être un jour réalité…

 

Blockchain/

« Monaco deviendra un aimant »

Au Monaco Côte d’Azur Business Hub, on voit un levier de croissance pour Monaco. « Si la blockchain y est autorisée, la Principauté deviendra un aimant. Cela va faire venir des start-up et entreprises innovantes qui voudront mettre à l’abri des données sensibles. » Yannick Quentel y croit dur comme fer : « C’est une technologie incroyable, ultra-sécurisée. Depuis la création du bitcoin, elle n’a jamais été hackée. »

 

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écrit par Milena