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Cryo-attitude !

BIEN-ETRE/Après un chantier de 8 millions d’euros, les Thermes marins ont rouvert leurs portes fin novembre. Un espace relooké avec une arme de poids : la chambre de cryothérapie.

 

Les habitué(e) s des Thermes marins — qui flirtent pour certains avec les 88 ans ! — commençaient à trouver le temps long… Après 6 mois de travaux — pour un budget de 8 millions d’euros tout de même —, le centre de soins de la Société des bains de mer a rouvert ses portes à ses fidèles fin novembre. Le leitmotiv ? « Retrouver notre place dans le top 3 des leaders mondiaux face aux concurrents forts que représentent les produits américains et asiatiques », annonce tout de go le directeur général Frédéric Darnet. « On a tout revu et repensé. Il s’agissait d’adapter le produit pour se projeter au troisième millénaire, en termes d’espace, de technologie embarquée et de confort. » C’est pourquoi chaque détail a été modernisé pour satisfaire une clientèle internationale exigeante. Exemple : exit les espaces hammam et sauna mixtes, qui n’étaient plus au goût du jour. Deux zones hommes et femmes distinctes séparent désormais le spa. Et chaque client (ou cliente) dispose d’un espace dédié avec son propre scrub, sa table de massage, sa douche, son vestiaire, etc. « Il s’agit de faire vivre une expérience unique », souligne Frédéric Darnet.

 

© Photo SBM/Réalis

A -110 °C

C’est ainsi que l’on retrouve dans les 7 000 m2 des Thermes marins 30 cabines (dont 2 doubles), une piscine d’eau de mer chauffée avec jets, une douche sensorielle (à base de chromathérapie et d’huiles essentielles), suivie d’une fontaine de glace, ou encore « côté fun, un jacuzzi extérieur avec vue sur le palais et la Méditerranée. »

Mais ce qui devrait faire mouche, c’est à coup sûr le complexe de cryothérapie. La technique — la cryothérapie corps entier (CCE) à -110 °C — est utilisée depuis les années 1980 essentiellement dans des pays du nord de l’Europe (Allemagne, Autriche, Finlande, Pologne…). En France, le service médical de l’Institut national du sport (Insep) s’est doté d’une telle chambre en 2009. Objectifs : « la récupération du (de la) sportif (ve) et l’amélioration des performances » ou encore « le traitement de pathologies musculaires et inflammatoires ». A Monaco, l’idée est donc « de faire bénéficier tout le monde de cette prestation réservée habituellement aux sportifs de très haut niveau, grâce à deux chambres placées à -60 et -110 °C. Avec la cryothérapie, on peut travailler sur le jet-lag, l’anti-âge et le stress. C’est une expérience à part, avec des contre-indications limitées (problème cardiaque, insuffisance rénale sévère et hypertension) », précise encore le directeur général. Frédéric Darnet est resté 3 minutes à -110 °C. Verdict : « On pense au départ que jamais l’on ne pourra supporter une telle température et pourtant, c’est très accessible, on garde même les yeux ouverts ! Il faut rester 20 minutes au repos après la séance. Et cela donne une pêche d’enfer… » Coût des 180 secondes : 55 euros.

 

Obligation de résultat

Dans un univers ultra-concurrentiel au plan international, la filiale de la Société des bains de mer espère tirer son épingle du jeu. La preuve ? Le chiffre d’affaires escompté pour 2015 est de 10 millions d’euros avec 7 à 10 % de résultat net. Comment se distinguer ? Pas le choix. Il faut proposer le nec plus ultra. La salle de sport a ainsi été entièrement transformée. « Nous avons choisi la gamme Artis de Technogym, partenaire officiel des JO. Il y a 3 sites dans le monde équipés ainsi », explique Frédéric Darnet qui se défend pourtant de faire « la course à l’armement ». « On entend souvent “J’ai la machine ou la crème révolutionnaire”. Restons cartésiens ! La crème ou la machine magique n’existe pas. Nous offrons une combinaison de traitements et de technologies qui permet d’obtenir des résultats », soutient-il. Le directeur général a avalé des kilomètres pour observer ses concurrents mais selon lui, la clé du succès repose sur « un concept unique » : « Nous adaptons le soin en fonction de la personnalité, des besoins, des objectifs et des antécédents des clients. Nous travaillons avec les instances médicales de Monaco, et cette synergie permet de réaliser une rééducation cardiaque par exemple. » Et de plaisanter : « On n’est pas là pour copier, car de toute façon, c’est bien connu, on copie toujours mal… »

 

 

Frédéric Darnet, 

L’homme de la modernisation

C’est Frédéric Darnet qui a supervisé la modernisation des Thermes marins. A la Société des bains de mer, le quinquagénaire est connu pour assurer les “missions commandos” (les plus casse-gueule), de la reprise de la Rascasse à l’ouverture cet été du Café de Paris 24h/24. Après avoir été formé dans une école hôtelière en Suisse (Guion), et décroché un MBA aux Etats-Unis, il a été officier de réserve. Sportif (une coupe d’Europe en ski, une ceinture noire de judo et toujours aujourd’hui 10 km de course à pied à l’aube, avant d’aller travailler…), cet enfant du pays a assuré différentes fonctions chez Accor, dans l’hôtellerie et la restauration. Il a même failli basculer dans le monde des jeux, après avoir suivi une formation interne. Frédéric Darnet, fils de pharmaciens implantés à Menton, se languit sans doute du Sud et décide de revenir sur la Côte d’Azur monter ses propres affaires. Avant de postuler à la SBM. Un retour aux racines puisque c’est dans ce groupe qu’il a commencé sa carrière (aux exploitations extérieures). En 2006, il devient directeur général des Thermes marins. Il se dit « fier de travailler pour la Principauté, un pays glamour sans être tape-à-l’œil, au luxe intemporel. »

écrit par Milena