Kyle-Eastwood-@-SylvainGripoix

Couleurs jazz

FESTIVAL/2015 marque la 10ème édition du Monte-Carlo Jazz Festival à l’opéra Garnier. Une programmation plus longue pour mettre en valeur une musique ouverte à tous les courants musicaux. Melody Gardot, Paolo Conte, Barbara Hendricks ou encore Gregory Porter en seront les têtes d’affiche.

 

Le plein de couleurs de jazz. Depuis 10 ans, Jean-René Palacio, directeur artistique de la Société des bains de mer, dirige la programmation du Monte-Carlo Jazz Festival. Du 23 novembre au 6 décembre prochain, huit concerts de jazz vont se dérouler dans la prestigieuse salle Garnier. « Un bel endroit qui mérite toutes les musiques » a commenté le maître d’orchestre de ce festival d’automne. La programmation se veut variée et ouverte sur le jazz actuel. James Farm lancera les festivités le lundi 23 novembre. Il s’agit d’un quartet acoustique composé du saxophoniste Joshua Redman, du pianiste Aaron Parks, du bassiste Matt Penman et du batteur Eric Harland. Une myriade d’influences pour ce jazz instrumental et expressionniste. La soirée du 26 novembre sera consacrée à une création ambitieuse : celle de l’alliance entre le prolifique et inclassable Avishai Cohen et l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo. Sa première partie sera assurée par un jeune pianiste virtuose français Thomas Enhco. « On souhaite donner de la place à de jeunes et nouveaux talents venus des quatre coins du monde. Cela montre que le jazz est une musique vivante et d’aujourd’hui », explique Jean-René Palacio.

 

Sonorités audacieuses

Autre gros concert en prévision le vendredi 27 novembre avec la venue de Selah Sue, “headliner” de la soirée. « Elle a sa place ici car elle est proche du blues, a du talent et… ça suffit déjà je pense ! » rigole le directeur artistique. Elle partagera la scène avec un trio originaire de Manchester : les GoGo Penguin. Le programmateur n’hésite pas à parler d’eux comme des étoiles montantes du jazz européen. Avis aux puristes : il faut s’attendre à de nouvelles sonorités audacieuses qui flirtent avec l’électro.

Samedi 28 novembre, les habitués seront ravis de venir écouter Marcus Miller, récurrent au Monte-Carlo Jazz Festival. « Il ne s’agit pas d’un concert de Marcus de plus mais d’une soirée spéciale Marcus », commente Jean-René Palacio. Le New-Yorkais, né à Brooklyn, viendra présenter son dernier album Afrodeezia, sorti en mars 2015. Dans cet opus, il ambitionne de se faire l’ambassadeur et le messager des grandes musiques noires. « Ma volonté principale était de remonter à la source des rythmes qui font la richesse de notre héritage musical, de partir de l’Afrique pour les suivre, comme à la trace, jusqu’aux Etats-Unis », raconte Marcus Miller, nommé artiste de l’Unesco pour la Paix en 2013.

Les concerts marqueront alors une pause pour revenir en deuxième semaine dès le jeudi 3 décembre jusqu’au dimanche 6. Dans la salle de l’opéra Garnier, la soul de l’Italien Mario Biondi côtoiera le gospel de l’Américain Gregory Porter. « Une soirée consacrée à la voix », souligne Palacio. Le premier viendra interpréter les titres de son nouvel album Beyond. Le second, primé en 2013 d’un Grammy Award du meilleur album de jazz vocal, viendra jouer ses airs funk et soul avec justesse.

Le lendemain, le 4 décembre, Hugh Coltman partagera l’affiche avec Paolo Conte. Le Piémontais, âgé de 78 ans, enivrera probablement le public avec sa voix suave au timbre éraillé. « Au-delà de ses morceaux les plus connus comme Via con me, Un gelato al limon, Sotto le stelle del Jazz ou encore Sparring Partner, cet ancien avocat a fait preuve d’une grande créativité tout au long de sa carrière musicale », jugent les programmateurs.

 

Des artistes de cœur

Deux très beaux concerts viendront achever le festival. Le samedi 5 décembre au soir, l’opéra Garnier accueillera le surprenant Kyle Eastwood, fils du réalisateur du même nom, en première partie de la rafraîchissante Melody Gardot. Deux artistes chers au cœur de Jean-René Palacio. « Pour ces 10 ans, on a essayé de faire revenir les gens qu’on a aimé », justifie-t-il. Soul, blues, jazz et funk : les inspirations de Melody Gardot dans son dernier album qu’elle jouera face au public sont multiples. « C’est un personnage ! Un peu comme une diva qui navigue entre jazz et rock avec des arrangements très travaillés. Melody, c’est toujours un plaisir de l’avoir, c’est une femme avec un vrai charisme », s’enthousiasme Palacio. Enfin, pour la date supplémentaire, c’est durant l’après-midi que cela se déroulera. A partir de 16h le dimanche 6 décembre, un moment de divertissement avec les rythmes africanisants du chanteur né en Mauritanie mais qui a grandi au Sénégal : Daby Touré. Il vit désormais à Paris, lieu où il a élaboré son cinquième album. « Un opus aux chansons parfois douces-amères, plus mutines aussi, dans une veine folk soul, afro pop » pense les organisateurs. Pour terminer, le Monte-Carlo Jazz Festival retournera aux sources d’un jazz blues avec la chanteuse américaine, née en Arkansas, Barbara Hendricks. « L’album blues Everywhere I Go nous fait voyager à travers ces plantations de coton du delta du Mississippi et nous fait découvrir la diversité des thèmes porté par le blues. » Un programme pour le moins dépaysant qui amènera le public aux racines du jazz.

 

PROGRAMME/

Hendricks, Miller, Gardot & Co

James Farm avec Joshua Redman, Aaron Parks, Mat Penman et Eric Harland. Première partie : Richard Manetti 5tet.

Le 23 novembre à 20h30, salle Garnier.

 

Avishai Cohen avec l’orchestre philarmonique de Monte-Carlo. Première partie : Thomas Enhco.

Le 26 novembre à 20h30, salle Garnier.

 

Selah Sue. Première partie : GoGo Penguin.

Le 27 novembre à 20h30, salle Garnier.

 

Marcus Miller. Première partie : Cory Henry & The Funk Apostles.

Le 28 novembre à 20h30, salle Garnier.

 

Gregory Porter. Première partie : Mario Biondi.

Le 3 décembre à 20h30, salle Garnier.

 

Paolo Conte. Première partie : Hugh Coltman.

Le 4 décembre à 20h30, salle Garnier.

 

Melody Gardot. Première partie : Kyle Eastwood.

Le 5 décembre à 20h30, salle Garnier.

 

Barbara Hendricks. Première partie : Daby Touré.

Le 6 décembre à 16h, salle Garnier.

 

Tarifs : de 50 à 80 euros.

Réservations www.montecarlolive.com ou + 377 98 06 36 36.

écrit par AnneSophie